Synthèse par thèmes

Fleuve / Trait de rive…

Restitution du pont du Ier siècle.
© Restitution Jacques Seigne et Thierry Morin, LAT
La relation entre la ville de Tours et la Loire est marquée par trois phénomènes : la nécessité du franchissement pour relier les deux rives, le gain de terrains pris dans le lit du fleuve pour étendre la ville vers l’axe majeur de circulation, enfin la nécessité de se défendre contre les inondations.

Les ponts

Trois ponts, tous en bois, ont été identifiés pour l’Antiquité et le Moyen Âge :
  • le pont du Ier siècle, au centre de la ville ouverte, démantelé au IVe siècle ;
  • •le pont du IVe siècle, au centre de la ville close, la Cité, dont on ignore jusqu’à quand il resta en usage ;
  • le pont du XIe siècle, dans l’angle nord-ouest de la Cité, resté en usage jusqu’au XVIIIe siècle.

Les terrains gagnés sur le fleuve

Le gain dans le lit du fleuve résulte de la volonté des habitants de se rapprocher de la rive pour y exercer leurs activités. Cette avancée a pu être observée sur plusieurs fouilles.

Elle est de 250 m, à l’ouest, sur le site 8 (rue de la Victoire/rue de Chanteloup ; de 150 m seulement, dans le centre, sur le site 16 (square Prosper Mérimée).

Dans l’Antiquité, le site 69 (parking Anatole France) se trouvait dans le lit de la Loire, ce qui signifie que la rive se trouvait alors plus au sud.
Modifications du trait de rive du Ier siècle à nos jours.
© LAT

Les inondations

Sur la coupe stratigraphique du site 8, on observe, tout en bas, le remblai de sable apporté pour élever le niveau du sol et former une berge. Les habitants avaient gagné de l’espace dans le lit du fleuve, la grève était devenue berge. Un mur (M10), large de 1 m à sa base, de 60 cm dans sa partie supérieure et comportant des rangs de tuiles, marquait la frontière entre le domaine fluvial et le domaine terrestre.

En haut de la coupe, les apports de terre et d’argile correspondent à un remblayage des XVe-XVIe siècles, destiné à mettre le site à l’abri des inondations et des remontées d’humidité.

Entre le Ier et le XVIe siècle, soit en 1 500 ans, le niveau du sol a été rehaussé de plus de 5 m. À notre connaissance, même si l’humidité a constitué une préoccupation dès l’origine, les inondations ne commencèrent à poser de réels problèmes qu’à partir du XIIe siècle, ce dont témoigne la construction des premières digues, appelées localement turcies ou levées. À partir des XIVe-XVe siècles, la création d’un lit endigué ainsi qu’une détérioration climatique rendirent la question cruciale.
voir le média:
Coupe stratigraphique de la partie du nord du site « Rue de la Victoire / rue de Chateloup » (Site 8).
© LAT