Butte des Carmes

Fouille des Équipements publics.  Vue d'ensemble de la « case » hellénistique. Au fond à droite, parement du rempart. © SRA, DRAC PACA
Fouille des Équipements publics.
Vue d'ensemble de la « case » hellénistique. Au fond à droite, parement du rempart. © SRA, DRAC PACA

Description

Dans le contexte d’aménagements urbains s’étendant sur 28 000 m2, la butte des Carmes a fait l'objet de quatre interventions archéologiques entre 1981 et 1986 : les Carmelins (1981), les Équipements publics (1981-1985), les Icardins et Roquebarbe (1982) et enfin la rue des Grands-Carmes (1986).

Malgré des travaux affectant 28 000 m2, les fouilles n’ont concerné qu’une surface d’environ 2 000 m2. Les recherches entreprises lors des cinq chantiers se sont essentiellement intéressées aux occupations antiques. Elles ont notamment permis de dégager des habitations grecques et des ateliers de potiers romains.

Résultats


L’Antiquité grecque
Dès l'Antiquité grecque, des terrasses sont aménagées sur la butte des Carmes, et sont plusieurs fois remodelées en fonction des besoins.

Des occupations grecques archaïques et classiques ont été identifiées au sommet du coteau nord (site des Équipements Publics). Leurs niveaux sont datés des VIe-Ve siècles au IVe siècle avant notre ère. La plus élevée des deux terrasses a livré les vestiges d'un habitat comprenant quatre phases de construction successives. En contrebas, les sols mis au jour constituaient peut-être une cour.

Des déchets de cuisson de céramiques en pâte claire ainsi que des débris de fours découverts dans les remblais ont attesté la proximité d'ateliers de potiers, confirmé par l’existence, en contrebas, de deux vastes fosses d'extraction d'argile.

Dans le courant du IIIe siècle avant notre ère, ces fosses sont progressivement comblées et plusieurs bâtiments, vraisemblablement à usage d'habitation, sont construits. L'un d’eux, au sommet de la pente, comprend plusieurs pièces et a été occupé jusque dans les années 50 avant notre ère. En bas du site, une autre construction hellénistique, qualifiée de « case » par les fouilleurs, a été érigée sur le comblement de l'une des fosses d'extraction d'argile. L’orientation commune qui se dégage des vestiges de murs de toutes ces maisons suggère une trame urbaine dont l'organisation reste inconnue.

Un tronçon du rempart hellénistique a été dégagé en contrebas de la « case ». Cet ouvrage, construit en gros blocs de calcaire rose, a été implanté en limite de rupture de pente. Un autre tronçon de fortification, de même facture, a été repéré rue des Grands Carmes. Implanté perpendiculairement par rapport au précédent, il pourrait correspondre au flanc d'une tour.

Côté Carmelins, seul un ensemble d'équipements hydrauliques suggère une urbanisation d’époque hellénistique. Dans un premier temps, avant le IIe siècle avant notre ère, les eaux de source étaient captées à flanc de coteau et acheminées par un canal dans un bassin de décantation qui alimentait un puits (ou citerne). Ce puits était construit avec de blocs de remploi. Plus tard, les eaux ont été recueillies et décantées en amont dans un bassin qui se déversait dans un autre, protégé par une toiture.

L’époque romaine
Au début de l'époque romaine, entre 50 avant notre ère et 50 de notre ère, la butte est occupée par des ateliers de potiers. Leur activité a remodelé la zone : au niveau de la pente, une carrière d'argile a entamé profondément les couches géologiques.

Plus bas, deux ateliers ont été repérés et semblent avoir fonctionné simultanément. Ils produisaient des poteries à usage culinaire et des amphores.

Sur le plateau (Icardins et Roquebarbe) l’urbanisation semble avoir commencé dans le courant du Ier siècle. Un puissant mur de terrasse en limitait les contours au nord (Équipements publics), condamnant la carrière d'argile des potiers. Le versant où étaient installés les fours a quant à lui été laissé en partie à l'abandon. Entre la fin du Ier siècle et le IVe siècle, l’occupation humaine ne paraît pas avoir été importante.

L’Antiquité tardive
Dans le courant des VIe-VIIe siècles, un petit habitat prend place aux Équipements publics, sur une plateforme délimitée par un muret antérieur. Il comportait au moins deux pièces contigües, pourvues de sols en terre battue et, pour l'une, d'un foyer adossé à l'un des murs.