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Rue Saint-Symphorien

Vue d'ensemble du cloître médiéval de la rue Saint-Symphorien en cours de fouille. © S. Sindonino, Inrap
Vue d'ensemble du cloître médiéval de la rue Saint-Symphorien en cours de fouille. © S. Sindonino, Inrap

Description

L'emprise du chantier archéologique s'étend sur une superficie de 500 m2, où l'accumulation des couches archéologiques atteint plus de 5 m d'épaisseur.
Située au centre de l'agglomération rémoise, la parcelle se trouve à l'angle sud-est du forum de la ville gallo-romaine.

Résultats

Les constructions du Haut-Empire
Si seules quelques constructions en bois sur sablières et poteaux datant du début du règne d'Auguste (de 27 à 5 avant notre ère) ont été mises au jour, à partir du Ier siècle les premières constructions en pierre apparaissent. C'est le cas d'un grand édifice d'au moins 500 m2, avec une pièce de réception de près de 60 m2, dont le sol était décoré d'une mosaïque noire et blanche à motif géométrique. Des enduits peints étaient encore visibles sur le bas des murs, certains conservés sur près de 2 mètres d'élévation. Le statut de ce bâtiment reste à définir : domus luxueuse ou schola ?

L'incendie qui le ravagea du début du IIIe siècle apporte des éléments de réponse. Le sinistre a en effet fossilisé tout ce qui se trouvait dans la cave. Celle-ci, au sud du bâtiment, servait de lieu de stockage domestique. C'est là qu'ont été mis au jour un plateau en bois sur lequel reposaient plusieurs petits pains, ainsi que trois amphores, dont une était recyclée pour stocker du froment. Par ailleurs, une pièce de monnaie en or a également été découverte sur le sol de la cave.

Après cet incendie, une reconstruction eut lieu comprenant une cave au nord, ainsi qu'un hypocauste à l'emplacement de la cave sud. Cette nouvelle cave, de construction plus soignée, ne semblait pas avoir été destinée au stockage. Un petit vase déposé dans une fosse semblait témoigner d'une pratique cultuelle.

Un autre incendie remodela profondément la physionomie de cette demeure au IIIe siècle, puisque les espaces libérés par le remblaiement des caves étaient aménagés : des thermes y ont été construits ; la taille des pièces diminua, alors que les espaces extérieurs gagnaient en superficie.
 
De l'Antiquité tardive à l'époque moderne
Au début de la période paléochrétienne, le lieu semble passer du monde profane au monde religieux. Dès le IVe siècle, les ecclésiastiques rémois avaient acquis ces terrains mitoyens au sud et y avaient édifié une église, première cathédrale de Reims. Plus tard (XIe, XIIe ou XIIIe siècle), sur la parcelle fouillée, les chanoines du chapitre de Saint-Symphorien érigèrent leur cloître.

De l'église Saint-Symphorien, seul le mur nord de la nef a été mis au jour ; il servait encore de fondation au mur de parcelle actuelle. Lors de la destruction de l'église et du cloître en 1795, le mur de clôture a été reconstruit avec des fragments architecturaux provenant de ces édifices. Lors de la fouille, de nombreux éléments de statuaire des XIIIe et XVIe siècles, dont deux très belles têtes ayant conservé leur polychromie, ont été mis au jour.

Du cloître des chanoines, en forme de U tourné vers l'église, seuls les couloirs ouest et nord ont été découverts. La galerie, dont le mur externe était conservé sur plus d'un mètre de haut, entourait un jardin. Dans le couloir du cloître, plusieurs dizaines de sépultures de chanoines et de paroissiens ont été fouillées. Les vestiges d'un très grand four à chaux marquent une période de reconstruction et d'amélioration des bâtiments ecclésiastiques.
Des maisons, appartenant aux chanoines, ont été mises au jour entre la rue Saint-Symphorien et le cloître.
  • 2000 ans d'histoire d'un quartier rémois : les fouilles de la rue Saint-Symphorien

    Visite du site avec Stéphane Sindonino, archéologue responsable d'opération.

    Durée : 4'33''
    Réalisation : Jérôme Palteau
    Production : © Inrap / Vic Prod - Avril 2007