La ville

Reims au cœur de la Champagne… Site fortifié des Rèmes, capitale de la Gaule Belgique, ville du sacre des rois de France, Reims ville gothique, Reims pilonnée par les bombes de la Grande Guerre, Reims laboratoire de l’Art déco à la reconstruction… 2 500 ans d’histoire dorment dans le sous-sol de l’actuelle agglomération.  

Depuis 1977, la centaine d’interventions archéologiques qui a précédé les travaux d’aménagement a permis d’exhumer ce passé, d’améliorer la connaissance qu’on en avait déjà en croisant les données recueillies ou en les confrontant avec les textes. Les plus anciens vestiges découverts ont été datés du ve siècle avant notre ère.  

Une équipe permanente de 20 archéologues, aidée de nombreux collaborateurs, a fouillé 15 hectares, soit environ 5 % de la ville. Sa superficie est passée successivement de 100 hectares pour l’oppidum gaulois à 600 hectares pour la ville augustéenne (alors plus grande que Lyon, Trèves ou Lutèce), s’est réduite à 55 hectares dans l’Antiquité tardive (IVe siècle), puis étendue à 220 hectares au Moyen Âge, pour atteindre aujourd’hui 4 700 hectares.  

30 000 journées de travail réparties sur vingt ans ont permis de préciser les contours mouvants des remparts au gré de leurs reconstructions, situant leurs ouvertures, révélant leurs systèmes défensifs. Plusieurs axes de circulation, qui structurent la ville depuis l’époque romaine, ont été identifiés. L’architecture, les matériaux de construction utilisés, le niveau de confort des habitats, racontent la vie de Reims à différentes périodes. Le mode d’urbanisation, la relation entre la ville et son environnement rural renseignent sur ses périodes de prospérité ou de récession. La localisation des cimetières et les modes d’inhumation fournissent de précieuses informations sur le traitement des morts à travers le temps. Potiers, verriers, tabletiers et tisserands ont laissé les traces de leurs activités artisanales, souvent périphériques, tandis que des parures ou des vestiges de vaisselle indiquent l’existence précoce de relations commerciales avec d’autres régions, parfois lointaines. La transition des temples antiques aux églises et aux cathédrales accompagne la christianisation.  

Ainsi la mise en œuvre de projets urbains, comme la réalisation d’une ligne de tramway, en suscitant des fouilles préventives menées notamment par les archéologues de l’Inrap, contribue à restituer à la métropole contemporaine sa dimension historique.
Restitution 3D de la transformation de la ville, du Ier au IVe siècle de notre ère

Durée : 4'10''
Réalisation : Xavier Briand
© Inrap, 2006