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GLOSSAIRE

Alandier
Canal d’un four situé dans le prolongement du foyer et qui permet aux flammes de circuler sous la sole.

Apodyterium
Vestiaire dans lequel on se déshabillait avant d’accéder au tepidarium.

Niveau d’arase
Dernière assise d’un mur (qui le met à niveau).

Caldarium
Salle des thermes où la température était la plus élevée. On y accédait après être passé dans le tepidarium.

Civitas
Durant la période gallo-romaine, la Gaule était divisée en circonscriptions administratives, appelées civitas (cité). Chaque civitas disposait d’une ville, qui était sa capitale. Taden était ainsi rattaché à la civitas des Coriosolites, dont le chef- lieu était l’actuelle agglomération de Corseul.

Coriosolites
Peuplade gauloise qui occupait une partie de la Bretagne avant la conquête de la Gaule. Ce nom fut conservé après le découpage de la Gaule en circonscriptions administratives et désigna le territoire ainsi que le peuple qui s’y rattachait.

Four de tuilier
Four destiné à la cuisson des tuiles des toitures.

Frigidarium
Salle des thermes dans laquelle l’eau et l’air n’étaient pas chauffés. Elle comprenait généralement une piscine froide.

Parementé
Revêtu d’un parement. Se dit d’un mur revêtu de pierres régulièrement appareillées et bien dressées.

Pars agraria
L’ensemble des terres dépendant d’une villa.

Pars rustica
L’expression renvoie aux bâtiments annexes de la villa, nécessaires notamment aux activités domestiques et agricoles (écuries, étables, granges, etc.), et qui peuvent aussi s’organiser autour d’une cour.

Pars urbana
L’expression désigne la partie résidentielle de la villa, qui comprend aussi une cour.

Portique
Espace couvert et rythmé régulièrement par des colonnes, qui longe les trois ailes de la villa et permet le passage entre la cour résidentielle et les pièces d’habitat.

Praefurnium
Pièce dans laquelle était installé le foyer permettant de chauffer les hypocaustes, autrement dit le système de chauffage par le sol. Le praefurnium peut aussi désigner le foyer.

Prospection aérienne
Technique de détection des sites archéologiques qui se pratique en avion en fonction des saisons et de la couverture végétale.

Quart de colonne
Éléments en brique formant un quart de cercle et qui sont empilés les uns sur les autres afin de réaliser des colonnes à moindres frais.

Radier
Couche de pierres servant de fondation à un sol bétonné.

Refend
Mur de refend : mur opérant une partition à l’intérieur d’un bâtiment.

Sole
Partie du four sur laquelle reposent les éléments à cuire.

Suspensura
Sol suspendu maintenu grâce aux pilettes des hypocaustes (système de chauffage par le sol).

Tepidarium
Partie des bains romains dans laquelle on maintenait une température modérée et qui pouvait servir de transition entre le caldarium et le frigidarium.

Thermes
Ensemble de salles d’eau chaudes et froides organisées selon un circuit précis et dans lesquelles on se nettoyait le corps.

Triclinium
Salle de réception. Le mot signifie « trois lits, trois banquettes », car il était de coutume de manger allongé chez les Romains.

Villa
Comme toutes les villae du monde romain, celle de Taden était une exploitation agricole, qui procurait à son propriétaire des revenus substantiels. C’était aussi un lieu de résidence, qui témoigne, par l’existence de thermes, de portiques, etc., de l’acculturation du maître des lieux aux usages romains.


En savoir plus (version texte)


Principe général des thermes
Situés à proximité du triclinium, les thermes étaient réservés au maître des lieux et à ses convives. Le principe, introduit en Gaule par les Romains, impliquait un parcours précis à travers une succession de pièces utilisant de l’eau froide ou chauffée et de l’air chaud. Après s’être déshabillé dans le vestiaire (apodyterium) et frotté d’huile, on pénétrait dans une première salle chaude (tepidarium) où l’on se nettoyait le corps à l’aide d’une spatule métallique appelée strigile. Puis on gagnait le caldarium, où étaient concentrés les bains et l’air les plus chauds. Après avoir éliminé le corps de ses impuretés, on faisait le cheminement inverse pour s’arrêter dans le frigidarium et s’immerger dans un bain froid revigorant, avant de regagner le vestiaire. Ces différentes salles étaient décorées de fresques colorées et de plinthes de schiste dont plusieurs éléments ont été retrouvés lors de la fouille.

Le tepidarium et le caldarium
Ces deux pièces furent en fonction au moment de l’extension maximale des thermes. Il s’agissait de salles chauffées grâce au principe de l’hypocauste, ou chauffage par le sol. Le caldarium, la plus chaude est deux, est situé à proximité directe de la chaufferie (praefurnium). Le sol sur lequel reposent ses pilettes est exhaussé par rapport à celui du tepidarium, ce qui avait pour but de concentrer le maximum de chaleur tout en facilitant la circulation de l’air chaud. On y trouvait donc une température assez élevée, qui provoquait une intense sudation. Une baignoire permettait aussi de se plonger dans une eau très chaude, le tout dans un environnement de vapeur. Un domestique pouvait également effectuer des massages. Le tepidarium est plus éloigné de la chaufferie, si bien que la température y était plus clémente. On s’enduisait le corps d’huiles avant de pénétrer dans le caldarium.

Les chaufferies
La fouille a mis en évidence deux chaufferies successives, qui témoignent de réaménagements importants de la zone des bains. Le premier praefurnium, abandonné à l’époque gallo-romaine, était maçonné et circulaire, et son plan évoque un four. Le second, de forme sensiblement différente, est constitué de deux dalles en brique formant un canal de chauffe allongé et rectiligne couvert par une voûte en brique. Cette chaufferie est précédée d’une fosse de travail rectangulaire dans laquelle étaient stockées les cendres de combustion du bois. Les vestiges d’un escalier de pierre et de tuile laissent penser que ce second praefurnium servait aussi à chauffer un ballon d’eau chaude situé juste au-dessus.

La salle de réception
La salle de réception est accolée à la partie thermale de la villa. L’accès se faisait depuis le portique à colonnade grâce à une porte de 3 m de long. D’une superficie au sol de 35 m2, elle correspond à l’espace où le maître des lieux recevait ses convives afin, par exemple, de conclure des affaires. Sa dénomination de triclinium ou « trois lits » découle de l’usage de l’époque qui voulait que l’on mange allongé sur des banquettes disposées généralement le long des murs. À l’arrivée des archéologues, cette salle était recouverte d’un important remblai d’argile jaunâtre, qui correspond à la dégradation, au fil des siècles, de l’élévation des murs en torchis. Le mur sud du triclinium a en effet basculé vers l’intérieur, emportant avec lui les vestiges d’une fenêtre. Il a aussi préservé des pillages ou de l’érosion le sol de la pièce ainsi que le seuil de sa porte d’entrée.

La salle de service
Cette pièce, dans laquelle s’activaient les domestiques chargés de l’entretien des thermes, occupe un espace de 25 m2. Tous les éléments indispensables au fonctionnement et à l’entretien des différentes salles de bains y étaient stockés, notamment le bois destiné à l’alimentation de la chaufferie. Cette salle englobait en effet le praefurnium, qui chauffait le caldarium et le tepidarium. Après l’abandon des thermes, des activités difficiles à identifier y ont été maintenues, ainsi qu’en témoigne la découverte de deux meules en pierre.

La cuisine
La cuisine est contiguë au triclinium. C’est là en effet qu’étaient concoctées les préparations culinaires servies ensuite dans la salle de réception. Pour autant, la communication ne se faisait pas directement, comme c’est le cas aujourd’hui. Les domestiques étaient obligés de cheminer par la galerie portique avant de pénétrer ensuite dans le triclinium par sa porte monumentale. Outre son sol, la cuisine disposait encore dans l’angle sud-ouest de la base d’une table de cuisson. Un plat à cuire, destiné à aller au four, a d’ailleurs été retrouvé à proximité. À l’opposé, quatre trous de poteaux insérés dans le sol attestent l’existence d’un aménagement ou d’un meuble en bois.

La réserve
Située immédiatement en retrait de la cuisine, la réserve était dévolue au stockage des ustensiles nécessaires à la réalisation des plats. Divers pots, assiettes, marmites ou cruches en céramique, servant à la préparation et à la cuisson des aliments ainsi qu’au stockage, devaient y être entreposés, de même que des denrées. Le passage d’une pièce à l’autre était assuré par une porte centrale dont l’emplacement est figuré par un seuil au niveau du sol de la cuisine. Les sols successifs de la réserve, parfaitement adaptés à sa fonction, ont été réalisés en terre battue.

Les galeries portiques à colonnade
Les trois portiques se présentent sous la forme de longs couloirs d’une largeur de 2,50 m. Espaces couverts et ouverts, ils assuraient la communication entre la cour de la pars urbana et les différentes pièces de la villa. Des colonnes, hautes de près de 3 mètres, les rythment régulièrement. Celles-ci pouvaient être réalisées en granit. Deux morceaux de fût ainsi qu’une base et un chapiteau ont été découverts dans l’aile nord de l’établissement. La fouille a également livré de nombreux quarts de colonne en brique. Mises bout à bout et empilées, ces sections maçonnées étaient recouvertes d’enduit et de stuc qui donnait l’illusion du marbre. Ce procédé, classique dans le monde romain, autorisait une mise en œuvre beaucoup plus facile, tant du point de vue du transport que de la réalisation, et économique.