Antiquité gallo-romaine

Vue d’ensemble de la porte de Mars (milieu du IIe siècle/IIIe siècle), le plus grand arc connu de tout l’Empire.
© J.-J. Bigot, Inrap.
© J.-J. Bigot, Inrap.
Haut-Empire (Ier - IIIe siècles)
L’agglomération, peut-être assez modeste, de la fin de l’indépendance et de la période immédiatement consécutive à la conquête se transforme rapidement en ville gallo-romaine dynamique. Son nom celtique de Durocorter, qui peut vouloir dire « marché fortifié », est latinisé en Durocortorum. En raison du soutien que les Rèmes ont apporté à César, la ville obtient le statut privilégié de cité fédérée, c’est-à-dire considérée comme alliée et indépendante, et devient chef lieu de civitas (« cité »). C’est probablement Auguste qui, vers la fin du Ier siècle avant notre ère, fait de Reims la capitale de la Gaule belgique et le siège de son gouverneur.
Au même moment, la ville est remodelée selon une nouvelle trame urbaine, qui s’étend sur la surface considérable de près de 600 hectares. Les rues forment un quadrillage régulier, organisé autour de deux axes principaux (le cardo et le decumanus) qui se croisent au forum. L’agglomération est délimitée, au sud-ouest, par le cours de la Vesle et, pour le reste de son périmètre, par une grande enceinte, avec fossé et levée de terre, probablement contemporaine du nouveau carroyage. Son tracé, repéré dans ses grandes lignes depuis le début du XXe siècle, correspond à la limite de l’extension de l’agglomération. Rapidement, des maisons, des ateliers d’artisanat et les premiers monuments occupent une grande partie de l’espace affecté à l’urbanisation ; les découvertes récentes indiquent que les constructions s’étendaient jusqu’à moins de 200 mètres du rempart.
Menées depuis une trentaine d’années sur d’importantes surfaces, les fouilles ont révélé l’existence de différents types de construction : quelques domus (grandes maisons urbaines avec mosaïques, peintures murales, péristyle...), de nombreux habitats plus modestes, ainsi que des ateliers de potiers, de verriers, de tabletiers et de tisserands. Parmi les témoins de la parure monumentale dont la ville s’est alors dotée, les plus connus sont le cryptoportique (galerie semi-enterrée) du forum, l’arc de la porte de Mars (à notre connaissance, le plus grand de tous les arcs de l’Empire), celui de la porte Bazée et les thermes publics, à l’emplacement de la cathédrale actuelle ; enfin, un grand sanctuaire entouré d’une esplanade monumentale a été découvert en 1998 à l’extrémité septentrionale de la ville.
Au même moment, la ville est remodelée selon une nouvelle trame urbaine, qui s’étend sur la surface considérable de près de 600 hectares. Les rues forment un quadrillage régulier, organisé autour de deux axes principaux (le cardo et le decumanus) qui se croisent au forum. L’agglomération est délimitée, au sud-ouest, par le cours de la Vesle et, pour le reste de son périmètre, par une grande enceinte, avec fossé et levée de terre, probablement contemporaine du nouveau carroyage. Son tracé, repéré dans ses grandes lignes depuis le début du XXe siècle, correspond à la limite de l’extension de l’agglomération. Rapidement, des maisons, des ateliers d’artisanat et les premiers monuments occupent une grande partie de l’espace affecté à l’urbanisation ; les découvertes récentes indiquent que les constructions s’étendaient jusqu’à moins de 200 mètres du rempart.
Menées depuis une trentaine d’années sur d’importantes surfaces, les fouilles ont révélé l’existence de différents types de construction : quelques domus (grandes maisons urbaines avec mosaïques, peintures murales, péristyle...), de nombreux habitats plus modestes, ainsi que des ateliers de potiers, de verriers, de tabletiers et de tisserands. Parmi les témoins de la parure monumentale dont la ville s’est alors dotée, les plus connus sont le cryptoportique (galerie semi-enterrée) du forum, l’arc de la porte de Mars (à notre connaissance, le plus grand de tous les arcs de l’Empire), celui de la porte Bazée et les thermes publics, à l’emplacement de la cathédrale actuelle ; enfin, un grand sanctuaire entouré d’une esplanade monumentale a été découvert en 1998 à l’extrémité septentrionale de la ville.
Place du forum ; une partie des cryptoportiques est encore accessible.Place du forum ; une partie des cryptoportiques est encore accessible. Vue de l’intérieur. © SRA Champagne-Ardenne.Place du forum ; une partie des cryptoportiques est encore accessible.
Vue de l’intérieur.
© SRA Champagne-Ardenne.
Place du forum ; une partie des cryptoportiques est encore accessible.Place du forum ; une partie des cryptoportiques est encore accessible. Vue de l’extérieur. © SRA Champagne-Ardenne.Place du forum ; une partie des cryptoportiques est encore accessible.
Vue de l’extérieur.
© SRA Champagne-Ardenne.
Entrepôt construit au Ier siècleEntrepôt construit au Ier siècle, dont les élévations étaient conservées sur plus de...Entrepôt construit au Ier siècle, dont les élévations étaient conservées sur plus de 1,60 mètre de haut.
opération Fuseliers-Chanzy-Rockefeller, 2000)
© A. Balmelle, Inrap.
Dégagement de la porte de Mars, vers 1845-1850.Dégagement de la porte de Mars, vers 1845-1850. Gravure d'Adrien Dauzats, éditée par Lemercier (Paris). L'arc est...Dégagement de la porte de Mars, vers 1845-1850.
Gravure d'Adrien Dauzats, éditée par Lemercier (Paris).
L'arc est encore pris dans le rempart médiéval (BM Reims 22-060).
Détail de la mosaïque dite des GladiateursDétail de la mosaïque dite des Gladiateurs, découverte en novembre 1860 dans les Hautes Promenades. La mosaïque...Détail de la mosaïque dite des Gladiateurs, découverte en novembre 1860 dans les Hautes Promenades.
La mosaïque comprenait 45 panneaux, contenant chacun un gladiateur ou un animal, et couvrait un rectangle de onze mètres sur huit.
Transportée au Musée Saint-Remi en 1885, elle fut détruite en 1917 lors de bombardements.
Lithographie mise en couleur (signée E.D.P.) ; 19e siècle, après 1860 (BM Reims 21-192 et 193).
"Chronique de Champagne, Vieux Reims - Restes du Mont-d'Arène"."Chronique de Champagne, Vieux Reims - Restes du Mont-d'Arène". Vue romantique - et fantaisiste - des vestiges des arènes..."Chronique de Champagne, Vieux Reims - Restes du Mont-d'Arène".
Vue romantique - et fantaisiste - des vestiges des arènes gallo-romaines.
Lithographie Jean-Baptiste Arnout d'après les croquis de Maquart, édité par Benard et Frey, vers 1850 (BM Reims, 21-009).
Relief gallo-romain "trouvé à la Porte Mars dans les fondations du mur d'enceinte"Relief gallo-romain "trouvé à la Porte Mars dans les fondations du mur d'enceinte". Photographie anonyme, vers 1855 (BM...Relief gallo-romain "trouvé à la Porte Mars dans les fondations du mur d'enceinte".
Photographie anonyme, vers 1855 (BM Reims 21-148).
Arc de Triomphe antique de Reims : intrados de la voûte avec Romulus et Remus (arcade est).Arc de Triomphe antique de Reims : intrados de la voûte avec Romulus et Remus (arcade est). Dessin de Narcisse Brunette,...Arc de Triomphe antique de Reims : intrados de la voûte avec Romulus et Remus (arcade est).
Dessin de Narcisse Brunette, lithographié par Pellé, et publié par Any & Cie, rue de l'Echauderie à Reims ; vers 1850 (BM Reims 22-038).
Antiquité tardive (IVe - Ve siècles)
Après les crises qu’a traversé l’Empire au IIIe siècle – crise économique, troubles politiques et militaires, difficultés pour contrôler un immense territoire –, Dioclétien restaure le pouvoir central et réorganise les provinces. Il augmente leur nombre en réduisant l’étendue de chacune, mais en développant leurs structures administratives. Reims devient ainsi la capitale de la toute nouvelle Belgique seconde.
Au IVe siècle, la ville est appelée Remi, puis Remorum urbs. En grande partie restaurée, elle s’enrichit de nouveaux édifices, en particulier d’un rempart monumental qui enclot une surface d’environ 55 ha. Comme toutes les villes de l’époque, Reims est désormais moins étendue qu’auparavant. Mais la densité de l’habitat, bien plus élevée que naguère, contribue également à donner à l’agglomération une allure qui préfigure déjà la ville médiévale, enfermée dans son enceinte mais certainement pas démunie de faubourgs, dont l’importance est encore difficile à apprécier.
Dès la fin du IIIe siècle et le début IVe, une communauté chrétienne s’est développée dans la ville, probablement parmi les nombreux agents, civils et militaires, de l’administration impériale. Une première église, située à l’est de la cathédrale actuelle est mentionnée par les textes. Depuis Constantin, en effet, la nouvelle religion bénéficiait des faveurs impériales et s’est rapidement répandue dans les milieux de l’aristocratie romaine. Jovin, général, maître de la milice, est le plus illustre de ces convertis qui ont doté la ville de ses premiers sanctuaires chrétiens. Il fonda l’église Saint-Agricole dans la grande nécropole méridionale qui occupe le futur quartier Saint-Remi.
Au IVe siècle, la ville est appelée Remi, puis Remorum urbs. En grande partie restaurée, elle s’enrichit de nouveaux édifices, en particulier d’un rempart monumental qui enclot une surface d’environ 55 ha. Comme toutes les villes de l’époque, Reims est désormais moins étendue qu’auparavant. Mais la densité de l’habitat, bien plus élevée que naguère, contribue également à donner à l’agglomération une allure qui préfigure déjà la ville médiévale, enfermée dans son enceinte mais certainement pas démunie de faubourgs, dont l’importance est encore difficile à apprécier.
Dès la fin du IIIe siècle et le début IVe, une communauté chrétienne s’est développée dans la ville, probablement parmi les nombreux agents, civils et militaires, de l’administration impériale. Une première église, située à l’est de la cathédrale actuelle est mentionnée par les textes. Depuis Constantin, en effet, la nouvelle religion bénéficiait des faveurs impériales et s’est rapidement répandue dans les milieux de l’aristocratie romaine. Jovin, général, maître de la milice, est le plus illustre de ces convertis qui ont doté la ville de ses premiers sanctuaires chrétiens. Il fonda l’église Saint-Agricole dans la grande nécropole méridionale qui occupe le futur quartier Saint-Remi.
Blocs de pierre en réemploi dans la partie inférieure de la fondation du rempart du IVe siècle.Blocs de pierre en réemploi dans la partie inférieure de la fondation du rempart du IVe siècle. ...Blocs de pierre en réemploi dans la partie inférieure de la fondation du rempart du IVe siècle.
© A. Balmelle, Inrap. (opération Fuseliers-Chanzy-Rockfeller, 2000)
Un démontage exhaustif des fondations a permis d’étudier leur mode de construction.Un démontage exhaustif des fondations a permis d’étudier leur mode de construction. (opération...Un démontage exhaustif des fondations a permis d’étudier leur mode de construction. (opération Fuseliers-Chanzy-Rockfeller, 2000)
© A. Balmelle, Inrap.- Tessons de céramique décorés à la molette (production d’Argonne).Tessons de céramique décorés à la molette (production d’Argonne). (opération...Tessons de céramique décorés à la molette (production d’Argonne). (opération Fuseliers-Chanzy-Rockfeller, 2000)
© Inrap.
Le « Tombeau de Jovin »Le « Tombeau de Jovin » est un Sarcophage en marbre de Carrare, apporté à Reims par Flavius Jovinus,...Le « Tombeau de Jovin » est un Sarcophage en marbre de Carrare, apporté à Reims par Flavius Jovinus, général de l'armée romaine en Gaule, puis consul, mort à Reims en 370 de notre ère.
Convertit au christianisme, il aurait acheté à Rome ce sarcophage sculpté un siècle plus tôt et il aurait fait retailler la tête du cavalier à son effigie.
La face principale possède un très haut relief. Le thème en est la chasse au lion, allégorie souvent représentée dans l’art funéraire romain, l’affrontement de l’homme et du lion étant interprétée comme l’épreuve du défunt face à la Mort.
© Musée Saint Remi Reims.