Château de Tours

Localisation de la fouille du site 3. © LAT
Localisation de la fouille du site 3. © LAT

Description

Jusqu'aux environs de 400, le site fut occupé par des thermes, d'abord dans la ville ouverte puis dans l'angle nord-ouest de la ville fortifiée du Bas-Empire. Ensuite, des habitats sans doute aristocratiques s'y installèrent jusqu'au XIe siècle. Entre 1044-1060, le comte d'Anjou y édifia une résidence, transformée au XIIIe siècle en château royal. Très abîmé dès le XVIIe siècle, le château fut en grande partie détruit au siècle suivant.
De 1974 à 1978, plus de 500 bénévoles britanniques et français ont participé à la fouille du Château, qui a représenté une sorte de chantier-école pour bon nombre d'entre eux, devenus depuis des archéologues chevronnés. L'énorme masse d'information recueillie continue d'être étudiée de nos jours. Entre 1998 et 2006, les données stratigraphiques, spatiales, photographiques et mobilières de la fouille ont fait l'objet d'un traitement informatique.

Résultats

Les thermes de l'Est
Des thermes primitifs, la fouille a mis au jour les vestiges très mal conservés de deux ailes situées autour d'une palestre (gymnase) pouvant s'ouvrir sur fleuve, qui aurait alors servi de lieu de baignade. L'aile sud, dans les limites de la fouille, est constituée par une grande salle sur hypocauste desservie par un couloir. De l'aile est, localisée hors des limites de la fouille, n'est connu que le mur ouest, long d'une vingtaine de mètres.
L'utilisation des thermes fut interrompue pendant plusieurs décennies entre 300 et 350 pour permettre la construction du mur de l'enceinte du Bas-Empire, qui détruisit une grande partie des thermes primitifs.
La fouille a livré des témoignages indéniables du rétablissement de la fonction thermale dans les ailes est et sud, ainsi que de l'accès particulier aux thermes par une poterne donnant accès à la palestre maintenue dans l'angle nord-ouest du castrum. Néanmoins, l'activité thermale dans la cité nouvellement construite ne fut pas maintenue au-delà des environs de 400.

L'élite et les princes dans la Cité
De 400 à 1050, des habitations se succédèrent à un rythme irrégulier. Les mobiliers, plus souvent que les constructions, attestent l'appartenance à l'élite des habitants d'alors. La fouille a révélé la succession de quatre organisations de l'espace, au cours de ces siècles, autour de bâtiments d'habitation si mal conservés qu'il est impossible d'en restituer l'architecture et les dispositions.
Au XIe siècle, lors de l'annexion de la Touraine au comté d'Anjou, un vaste ensemble monumental fut édifié. Composé (dans les limites de la fouille) d'une grande salle et d'une tour d'angle, il présente une fonction résidentielle et non défensive. La construction réutilise, au nord et à l'ouest, le mur de fortification de la ville close. Lors de l'annexion de la Touraine au royaume de France en 1204 par Philippe Auguste, la résidence fut incluse dans le château édifié au XIIIe siècle.
  • La résidence des comtes d’Anjou au XIe siècle.

    © Restitution et animation Henri Galinié et Thierry Morin, LAT