20-24 rue de Clocheville

Localisation de la fouille du site 10. © LAT
Localisation de la fouille du site 10. © LAT

Description

Réalisée sur une période de trois mois en 1983 par une quinzaine d'archéologues, la fouille de sauvetage a porté sur 200 m2. Les structures bâties antiques, mal conservées et ayant fait l'objet de nombreuses récupérations, sont difficiles à interpréter.

Résultats

Une domus
Un premier bâtiment du Ier siècle fut édifié en charpente posée sur un solin étroit (0,20 m), dont les élévations sont constituées de torchis recouverts d'enduits.
Après qu'il ait été partiellement détruit par un incendie, un bâtiment plus vaste prit sa succession ; elle connut des réaménagements ou agrandissements au cours du IIe siècle. Une occupation finale est marquée par un réagencement de la partie centrale et par l'adjonction de deux pièces au moyen de matériaux de récupération. La totalité de l'occupation de ce deuxième bâtiment n'excède pas un siècle, entre 95-120 et le début du IIIe siècle.

Un cimetière
Le site ne présente aucune trace d'occupation identifiable jusqu'à son utilisation funéraire, à partir, semble-t-il, du VIIIe ou du IXe siècle. La première mention indiscutable du toponyme Saint-Pierre-du-Cimetière (sanctus Petrus ad cemeterium) se trouve dans un acte daté de 938. L'église dépendait alors du monastère de Saint-Martin. Il est possible qu'à l'origine, le cimetière et une chapelle aient été établis pour recevoir les dépouilles de serviteurs attachés au service du monastère, à l'occasion d'une réorganisation qui repoussait ces laïcs hors des limites monastiques, comme on l'observe sur le site 7 (cloître Saint-Martin).
Devenu paroissial au Moyen Âge, le cimetière de Saint-Pierre-du-Chardonnet, déformation de cemeterium, se distingue, sur le site fouillé, par l'absence de coffrages de pierres médiévaux que l'on trouve partout ailleurs.
Les 227 sépultures découvertes couvrent plusieurs siècles, des VIIIe-IXe aux XVe-XVIe, réparties dans trois phases principales. Dans la première phase, toutes les inhumations (140) s'effectuent en pleine terre, dans des fosses très étroites. Après une longue interruption, une quarantaine d'inhumations sont pratiquées, sans changement notable des pratiques. Enfin la troisième phase, attribuable aux XIVe-XVIe siècles, présente des sépultures en cercueils cloués.