Pont 1, dit «de l'île Saint-Jacques»

Les pieux de la dernière palée conservée au sud dans le lit de la Loire, vus du sud-est.  © Inrap/LAT
Les pieux de la dernière palée conservée au sud dans le lit de la Loire, vus du sud-est.

© Inrap/LAT

Description

En 2003 et 2005, 110 pieux de chêne de forte section ont pu être relevés et cartographiés dans le lit de la Loire. Certains d'entre eux s'organisent en ensembles (palées) très cohérents de 7,50 x 7,25 m, formés de trois fois deux rangs de poteaux verticaux, encadrés, en amont et en aval, par des groupes de pieux inclinés. 

Résultats

Un pont de bois du Haut-Empire
Malgré leur petit nombre et leur répartition hétérogène, tous les pieux observés s'alignent selon une même direction, perpendiculaire à la Loire. Leur appartenance à un ancien ouvrage de franchissement ne fait pas de doute. Au nord, le pont débouchait face à un vallon permettant d'accéder facilement sur le plateau. Au sud, la rive antique de la Loire a été découverte en 2003 dans l'emprise du site 16 (square Prosper Mérimée), soit à 160 m environ au sud de la berge actuelle. La longueur du pont 1 peut ainsi être estimée au moins à 560 m.
Par ailleurs, la fouille du site 16 a permis de découvrir, sur l'axe de l'alignement des pieux, immédiatement en bordure de l'ancienne berge de la Loire, une puissante fondation maçonnée, plusieurs fois remaniée, correspondant à la culée méridionale du pont.
La datation de l'ouvrage repose sur divers éléments. Sur le site 16, la céramique en relation avec la mise en place de la culée du pont indique une date entre 40 et 60 de notre ère. Les autres dates proviennent d'analyses dendrochronologiques. L'une a porté sur l'un des pieux trouvés associés à la culée maçonnée du site 16 ; la date fournie, vers 80, pourrait correspondre à une phase d'entretien ou de confortement de cette dernière. Quatre autres analyses ont été réalisées sur différents poteaux de l'une des palées : les arbres utilisés auraient été abattus entre 114 et 120.
Il apparaît ainsi que, construit au milieu du Ier siècle, le pont de la ville ouverte, aurait été régulièrement entretenu, voire reconstruit partiellement dès la première moitié du IIe siècle. Les données recueillies sur le site 16 indiquent 300-350 pour sa destruction.
  • Le pont et la noria du Ier siècle.
    © Restitution et animation Thierry Morin, LAT et Archea