
Vue générale du chantier.
Seules les façades des immeubles construits au XVIIIe siècle ont été conservées dans le projet de construction. Encadrant l'emprise de la fouille, elles apparaissent ici contrefortées de bois en attendant la construction du nouveau marché couvert. © Ph. Haut, Inrap
Seules les façades des immeubles construits au XVIIIe siècle ont été conservées dans le projet de construction. Encadrant l'emprise de la fouille, elles apparaissent ici contrefortées de bois en attendant la construction du nouveau marché couvert. © Ph. Haut, Inrap
Description
L'opération réalisée à l'occasion du projet « MarchéBeaux-Arts » représente une surface de 2 000 m2 et une accumulation de 4,30 m de sédiments liés à l'activité humaine. Le secteur avait été reconnu archéologiquement depuis les années 1960, à l'occasion de l'aménagement du Musée, puis du Parking des Remparts dérasés en 1972, et enfin lors de la construction de la Résidence du Centre.
Résultats
Les traces d'occupation les plus anciennes remontent au Néolithique Moyen (4300-3700 avant notre ère). Elles ont été passablement démantelées par les débordements de la rivière et fortement perturbées par les aménagements postérieurs.Des habitations gauloises au quartier gallo-romain
Le premier horizon d'habitat extensif correspond à la fin de la période gauloise (La Tène finale, 130 à 75 avant notre ère). Il est représenté par un ensemble de fosses, trous de poteaux et négatifs de sablières ; les niveaux de sols n'étaient pas conservés, mais il est possible de restituer le plan de plusieurs bâtiments. Outre l'habitat proprement dit, des traces d'artisanat ont été repérées, sous forme d'un dépotoir de bronzier et des restes d'un four de potier.
Après la conquête romaine (vers 30 avant notre ère), le secteur est semble-t-il très rapidement structuré par une première voie orientée nord-ouest/sud-est, suivant le cardo maximus. Le terrain est assaini par le dépôt d'un remblai de graviers roulés et de très nombreux fragments d'amphores. Un premier quartier est implanté dans cette trame urbaine. L'habitat coexiste avec les ateliers, de forge cette fois, rendant sans doute précaire, au vu des nombreuses traces d'incendie repérées, la sécurité de ces maisons de terre et bois.
À la fin du règne de Tibère (30 à 37 de notre ère), une vaste campagne d'aménagements est entreprise. Des bâtiments maçonnés remplacent les anciennes maisons ; des boutiques sont réalisées en façade, alors que les ateliers, toujours liés à la forge, sont installés à l'arrière. La chaussée perd de sa largeur au profit de portiques à colonnades. De plus, la puissance des fondations laisse supposer la présence d'étages. Les bâtiments, réaménagés à plusieurs reprises, sont occupés ainsi jusqu'à la fin du IIe siècle de notre ère, date à laquelle le quartier, sous cette forme tout du moins, semble abandonné.
Après un millénaire d'abandon, le site est réoccupé à partir du XIIIe siècle
Comme sur les autres sites bisontins, aucune trace d'occupation n'a été détectée entre le IIIe et le XIIIe siècle de notre ère. Les occupations du Moyen Âge semblent avoir été victimes de destructions importantes, dans la mesure où ne nous apparaissent plus que les structures en creux. Sur le quart nord-ouest de l'emprise du projet, elles sont représentées par le cimetière de l'hôpital du Saint-Esprit, qui a « fonctionné » entre le XIIIe et la fin du XVIIe siècle. Les sépultures individuelles sont relativement marginales par rapport aux fosses communes. Le reste de la surface paraît, quant à lui, avoir été occupé de manière assez dense au vu des nombreuses latrines mises en évidence et qui remontent, pour les plus anciennes, au XIIIe siècle.
L'îlot bâti, encore partiellement conservé au moment du projet, date du début du XVIIIe siècle, le secteur du cimetière étant transformé pour partie en jardin. Bordant l'actuelle rue Goudimel, des bâtiments servant d'écuries à l'armée sont réalisés, remplacés par une halle de type Baltard achevée en 1880.





