
Vue de la restitution de la tombe 9 datée de 150 à 130 avant notre ère.
Cette restitution est présentée au Musée de Picardie sous la responsabilité de N. Mahéo, d'après les fouilles de 1997.
Le Chemin d'Ignaucourt, Marcelcave (Somme), 1997 et 2013.
© P. Lemaitre, Musée de Picardie.Cette restitution est présentée au Musée de Picardie sous la responsabilité de N. Mahéo, d'après les fouilles de 1997.
Le Chemin d'Ignaucourt, Marcelcave (Somme), 1997 et 2013.
Description
Des incinérations gauloises et une dépendance de villa gallo-romaine
Le lieu-dit du Chemin d'Ignaucourt, sur la commune de Marcelcave, a été fouillé sur une surface d'environ 12 500 m2. Il a été occupé de La Tène moyenne/finale (autour de 150 avant notre ère) à l'Antiquité tardive (fin du IVe siècle - début du Ve siècle de notre ère). Les vestiges les mieux représentés concernent un espace funéraire attenant à une installation agricole.
Résultats
Trois groupes de tombes
Sur l'emprise de la fouille, les archéologues ont découvert trois petits groupes de tombes chronologiquement différents qui appartiennent à un vaste espace funéraire dont les limites n'ont pas été reconnues. Chaque groupe de tombes prend place dans une parcelle délimitée par un fossé et sans doute un talus le bordant.
Une incinération aristocratique
Le cimetière le plus important se rapporte à la seconde moitié du IIe siècle avant notre ère. L'une des tombes se démarque des autres par la qualité et la richesse des offrandes qu'elle renfermait. Au centre de la sépulture, se situaient deux chenets en fer à têtes de taureau, qui symbolisent le foyer. De part et d'autre, se trouvaient une faisselle en terre cuite associée à un chaudron en métal avec sa crémaillère, et un coffret contenant les restes incinérés du défunt. Cette disposition des offrandes, bien connue dans d'autres tombes dites aristocratiques (par exemple à Aubigny, voir notice dans cet Atlas), indique que le défunt était en mesure d'offrir de grands banquets à son entourage. D'autres tombes contemporaines et de cette qualité sont connues en Picardie, en Seine-Maritime et dans le Sud-Est de l'Angleterre, formant ainsi une entité géographique et culturelle. La tombe aristocratique de Marcelcave a été restaurée et reconstituée pour être désormais exposée au Musée de Picardie, à Amiens.
Les autres tombes
Les autres pôles funéraires correspondent à un groupe de trois tombes modestes datées de la fin de la période gauloise et contenant les restes incinérés des défunts et à une sépulture, plus rare, d'époque gallo-romaine, enfermée dans un petit coffre de pierre monolithe. Son contenu était malheureusement pillé.
Un habitat gallo-romain à proximité
Si le site est occupé dès La Tène moyenne/finale par un système d'enclos curvilignes dont la fonction n'est pas déterminée, c'est dans le courant du Ier siècle de notre ère qu'une organisation des terres sous forme de parcelles quadrangulaires est mise en place. Elle persistera jusqu'à l'abandon définitif du site dont la vocation agricole est ainsi bien marquée.
Cette disposition très rationalisée des terres sur la longue durée est à mettre en relation avec une villa romaine (grand établissement agricole) qui se développe au sud, de part et d'autre de l'emprise de fouille.
Un bâtiment rectangulaire, construit sur fondations de craie, a été découvert. Il constitue certainement l'une des dépendances de l'aile nord de la villa durant sa phase de développement, entre la fin du IIe siècle et le IIIe siècle de notre ère. Cet édifice, détruit au IVe siècle, est remplacé par un bâtiment sur poteaux porteurs dans la dernière phase d'occupation du lieu.

