Synthèse par périodes

L'Antiquité

La période romaine (du Ier au Ve siècle de notre ère)

La conquête de la Gaule par les troupes romaines de Jules César, entre 58 et 51 avant notre ère, marque la fin de l'époque gauloise et le début de l'Antiquité. Celle-ci dure jusqu'au délitement complet de l'Empire romain, remplacé progressivement par des royaumes barbares au Ve siècle de notre ère

Le Haut-Empire (Ier-IIIe siècle)

Après la conquête romaine, la ville gauloise de Cenabum subit de nombreuses transformations. Dès les dernières décennies du Ier siècle avant notre ère, le bâti se modifie dans le centre de l’agglomération. De nouveaux matériaux (tuiles, briques, puis maçonneries) font leur apparition. La surface des maisons augmente significativement, passant de 30 à 130 m2. Les édifices deviennent plus complexes (voir le site « îlot de la Charpenterie »), atteignant parfois plus de huit pièces, quand ils n’en comptaient qu’une ou deux à la période gauloise. 

En conséquence, l’ancienne division cadastrale devient obsolète et l'on assiste à une refonte de la trame urbaine et de la fonction des espaces. Dans le centre, le bord de Loire est désormais dévolu à l’habitat, tandis qu’un port s’installe en amont (voir le site « îlot du Jeu de Paume » ).

La ville est dominée par un ensemble monumental autour du forum, édifié au croisement des deux principaux axes de la ville, le cardo (nord-sud) et le decumanus (est-ouest). Ces deux axes servent de base à un quadrillage de la ville par des rues qui définissent des îlots carrés de 100 m de côté environ.

Au cours de la première moitié du Ier siècle de notre ère, de nouveaux quartiers d’habitation sont créés à l’est et à l’ouest, sur des espaces autrefois ruraux. L’artisanat est progressivement rejeté à la périphérie, notamment au sud du fleuve. Les constructions se font désormais « à la romaine », en pierre liée au mortier ; elles reçoivent les nouveaux équipements de confort apportés par la civilisation romaine : balnéaires, chauffage par hypocauste, décors d’enduit peint et de mosaïque…

À la fin du siècle, un théâtre complète la parure monumentale de la ville, dont il marque l’entrée depuis l’amont (voir le site « Rue de l’Abreuvoir » ). Il est entouré de grands domaines agricoles appartenant probablement à de riches propriétaires, faisant de ce secteur un lieu de villégiature. Un autre édifice monumental, de fonction incertaine (peut-être un temple) est construit à l’ouest (voir le site « Place du Cheval Rouge »).

Le réseau d’aqueducs est mis en place au début du IIe siècle. Il alimente les différents quartiers depuis les captages situés à 3 km au nord-est de la ville. En ce lieu (voir le site « ZAC du Clos de la Fontaine ») est édifié un sanctuaire dédié notamment à Acionna, une déesse des eaux. Cenabum est alors une agglomération secondaire de la Civitas Carnutum, la Cité des Carnutes, dont Chartres-Autricum est la capitale.

L'Antiquité tardive (IVe-Ve siècle)

Avant la fin du IVe siècle, la ville a accédé au statut de chef-lieu d’une nouvelle Cité, la Civitas Aurelianorum. Elle est désormais signalée sous le nom d’Aurelianis dans la Notitia Galliarum. Ce nouveau nom a parfois laissé penser que c’est l’empereur Aurélien (270-275) qui aurait procédé à la nouvelle partition administrative, ou aurait voulu honorer la ville d’une manière spécifique. 

Dans le dernier quart du IVe siècle, la ville se dote d’une enceinte. Il est possible que cette dernière ait eu une fonction strictement défensive, mais il est plus probable que la ville ait ainsi voulu marquer son nouveau statut de chef-lieu de Cité en se dotant de la caractéristique essentielle d'une ville dans la représentation antique. La fortification, globalement carrée, est centrée autour du forum monumental, toujours présent (voir le site « 191 rue de Bourgogne » ). On ignore ce qui a présidé au choix du tracé, qui ne clôt qu’une superficie de 25 hectares. Rien ne permet de déterminer si les édifices situés sur le parcours du mur (voir le site « Mail Pothier » ) sont systématiquement et volontairement détruits pour laisser place à l’enceinte, ou s’ils étaient déjà hors d’usage avant sa construction.
C’est au cours du IVe siècle qu’est mentionnée la présence d’un évêque, attestant la vitalité d’une communauté chrétienne. On ne sait rien, pour cette période, du ou des édifices religieux chrétiens orléanais. Le quartier cathédral médiéval étant situé dans le quart nord-est de l’enceinte antique, il est probable que l’église primitive soit à rechercher dans ce vaste secteur. 

Parmi les évêques d’Orléans, deux sont particulièrement importants : Euverte, qui, au milieu du IVe siècle, aurait reconstruit la cathédrale après son incendie, et Aignan, qui repousse les armées d’Attila assiégeant la ville en 451. 
Sébastien Jesset, Pascal Joyeux et Thierry Massat