Habitat
Âge du Fer
Les plus anciennes structures d’habitat fouillées dans le méandre du Doubs (Saint-Paul) datent du premier âge du Fer (Hallstatt ancien) et se présentent sous la forme d’une petite construction de plan circulaire, d’un foyer, d’empierrements et de fosses. Lors de la phase suivante, un bâtiment, toujours en bois, est édifié non plus sur poteaux porteurs mais fondé sur des poutres sablières.
Dans l’oppidum gaulois (sites de l’Îlot Paris), l’habitat est caractérisé par la présence de fosses, de silos et de caves en pierres sèches. De plan quadrangulaire, les habitations sont constituées de matériaux périssables ; des poteaux plantés ou reposant sur une poutre sablière enchâssée dans le sol forment leur ossature en bois. Les murs sont montés en torchis sur clayonnage bois. Les besoins en argile pour les constructions expliquent la profusion des fosses creusées durant cette période.
Dans l’oppidum gaulois (sites de l’Îlot Paris), l’habitat est caractérisé par la présence de fosses, de silos et de caves en pierres sèches. De plan quadrangulaire, les habitations sont constituées de matériaux périssables ; des poteaux plantés ou reposant sur une poutre sablière enchâssée dans le sol forment leur ossature en bois. Les murs sont montés en torchis sur clayonnage bois. Les besoins en argile pour les constructions expliquent la profusion des fosses creusées durant cette période.
Plan de répartition chronologique des structures d’habitat de La Tène finale sur le site du Palais de JusticePlan de répartition chronologique des structures d’habitat de La Tène finale sur le site du Palais de Justice. Les plages...Plan de répartition chronologique des structures d’habitat de La Tène finale sur le site du Palais de Justice.
Les plages colorées de 1 à 10 restituent l’emprise au sol des maisons à ossature bois sur poteaux plantés ou poutres sablières ; les taches colorées oranges représentent les foyers ; les lettres a à d désignent des fonds de cabane excavés dans le sol et destinés à un usage artisanal, comme en témoignent les rejets associés (scories, battitures…).
Fouille L. Vaxelaire, Afan. Plan L. Vaxelaire et D. Watts.
© Inrap
Proposition de restitution de deux maisons gauloises de la phase I (120 à 40 avant notre ère)Proposition de restitution de deux maisons gauloises de la phase I (120 à 40 avant notre ère), dont les vestiges ont...Proposition de restitution de deux maisons gauloises de la phase I (120 à 40 avant notre ère), dont les vestiges ont été mis au jour en 1989 au parking de la Mairie.
Fouille J.-O. Guilhot, SRA de Franche-Comté. Maquette Jean Parreaux et Gilles Mauguin.
© J.-O. Guilhot, SRA de Franche-Comté
Cave d’une maison de La Tène finaleCave d’une maison de La Tène finale sur le site du Collège Lumière. La présence de trous poteaux atteste la...Cave d’une maison de La Tène finale sur le site du Collège Lumière. La présence de trous poteaux atteste la présence d’un parement en bois, en clayonnage ou en planches.
Fouille C. Munier, Inrap.
© Ph. Haut, Inrap
Antiquité
Les techniques de construction évoluent lentement après la conquête romaine. Les maisons, en torchis à La Tène finale, sont plutôt faites en briques d’adobe sous Auguste. De plan carré ou rectangulaire, elles mesurent de 30 à 50 m2 ; certaines sont agrémentées de caves, maçonnées pour les plus luxueuses avec enduit « romain ». Si quelques indices d’emploi des techniques romaines apparaissent alors (mortier protégeant les cloisons), le tournant se fait essentiellement à partir de l’époque tibérienne (14-37).
À partir de l’an 15, on passe, plus ou moins rapidement selon les quartiers, à des constructions en dur permettant d’augmenter la superficie et la hauteur des bâtiments. Les maçonneries remplacent en totalité ou en partie les élévations en terre et bois, les sols en béton ou en mosaïques succèdent aux sols en terre battue et les tuiles sont utilisées sur les toitures. Les peintures murales se démocratisent et suivent la mode romaine. L’habitat couvre progressivement l’ensemble de la boucle, hormis l’actuel quartier de Chamars, marécageux et insalubre, séparé de la ville par un chenal.
De riches résidences semblent apparaître dès le milieu du Ier siècle (parking de la Mairie, n° 13), mais la plupart sont édifiées, entre 69 et 96, durant la période flavienne (sites du Palais de Justice et du Collège Lumière) et surtout au IIe siècle, période de plus grande stabilité. La grande domus aux mosaïques fouillée sur le site du Collège Lumière, construite dans la seconde moitié du IIe siècle sur une domus déjà luxueuse du début du même siècle, appartenait vraisemblablement à une personnalité dont la charge, le pouvoir et la richesse étaient parmi les plus importants de la ville. Les dimensions restituées de la propriété (6 000 m2 dont 3 000 à 3 500 m2 de surface bâtie), les techniques de construction issues de modèles romains et la décoration des nombreux espaces de réception attestent l’incontestable puissance politique et/ou commerciale de son propriétaire. À l’échelle de la ville, cette maison semi-publique reflète l’intégration au monde romain de tout le pays à travers son élite.
À partir de l’an 15, on passe, plus ou moins rapidement selon les quartiers, à des constructions en dur permettant d’augmenter la superficie et la hauteur des bâtiments. Les maçonneries remplacent en totalité ou en partie les élévations en terre et bois, les sols en béton ou en mosaïques succèdent aux sols en terre battue et les tuiles sont utilisées sur les toitures. Les peintures murales se démocratisent et suivent la mode romaine. L’habitat couvre progressivement l’ensemble de la boucle, hormis l’actuel quartier de Chamars, marécageux et insalubre, séparé de la ville par un chenal.
De riches résidences semblent apparaître dès le milieu du Ier siècle (parking de la Mairie, n° 13), mais la plupart sont édifiées, entre 69 et 96, durant la période flavienne (sites du Palais de Justice et du Collège Lumière) et surtout au IIe siècle, période de plus grande stabilité. La grande domus aux mosaïques fouillée sur le site du Collège Lumière, construite dans la seconde moitié du IIe siècle sur une domus déjà luxueuse du début du même siècle, appartenait vraisemblablement à une personnalité dont la charge, le pouvoir et la richesse étaient parmi les plus importants de la ville. Les dimensions restituées de la propriété (6 000 m2 dont 3 000 à 3 500 m2 de surface bâtie), les techniques de construction issues de modèles romains et la décoration des nombreux espaces de réception attestent l’incontestable puissance politique et/ou commerciale de son propriétaire. À l’échelle de la ville, cette maison semi-publique reflète l’intégration au monde romain de tout le pays à travers son élite.
Vue en coupe de la restitution de la domus du Collège LumièreVue en coupe de la restitution de la domus du Collège Lumière présentant, de gauche à droite, la galerie...Vue en coupe de la restitution de la domus du Collège Lumière présentant, de gauche à droite, la galerie sur jardin, la salle de réception principale et le péristyle.
Fouille C. Munier, Inrap. Restitution C. Gaston.
© Inrap- Maquette de la domus du Collège Lumière.Maquette de la domus du Collège Lumière. Au premier plan, la galerie avec avant-corps sur jardin desservant...Maquette de la domus du Collège Lumière.
Au premier plan, la galerie avec avant-corps sur jardin desservant l’œcus (salle de réception) principal.
Fouille C. Munier, Inrap. Maquette J. Parreaux d’après C. Gaston.
© Inrap
Plan de la domus du Collège Lumière.Plan de la domus du Collège Lumière. Fouille C. Munier, Inrap. Plan C. Gaston. © InrapPlan de la domus du Collège Lumière.
Fouille C. Munier, Inrap. Plan C. Gaston.
© Inrap
Proposition de restitution de la domus du Palais de Justice à la fin du IIe siècle-début IIIe siècleProposition de restitution de la domus du Palais de Justice à la fin du IIe siècle-début...Proposition de restitution de la domus du Palais de Justice à la fin du IIe siècle-début IIIe siècle.
On observe un parti de « monumentalisation » du jardin, avec la construction d’un bassin dont les dimensions sont plus courantes en contexte public. La domus pouvait occuper une parcelle d’une surface totale de plus de 4600 m².
Fouille L. Vaxelaire, Afan. Restitution C. Gaston.
© Inrap
Mosaïque de Neptune.Mosaïque de Neptune. Médaillon central représentant Neptune en quadrige, entouré d’animaux marins,...Mosaïque de Neptune. Médaillon central représentant Neptune en quadrige, entouré d’animaux marins, découvert en 1973 lors de la fouille du parking EDF à l’emplacement de l’ancienne abbaye Saint-Paul (1969-1972). La mosaïque ornait l’oecus (salle de réception) principal de la domus, dont la fouille à l’occasion de la construction du collège Lumière a permis de compléter le plan.
Fouille J.-L. Odouze, Drah.
© Ph. Haut, Inrap
Plinthe décorant la galerie de la domus du Collège LumièrePlinthe constituée de dalles en calcaire ornées de motifs peints géométriques décorant la galerie de la...Plinthe constituée de dalles en calcaire ornées de motifs peints géométriques décorant la galerie de la domus du Collège Lumière.
Fouille C. Munier, Inrap.
© Ph. Haut, Inrap
Moyen Âge
Comme pour la plupart des villes de France, l’habitat médiéval bisontin est essentiellement construit en bois. Rue de Vignier a été retrouvée une maison des XIIIe-XIVe siècles, détruite par incendie. Elle comportait une cave, une maçonnerie centrale élevée en pierre sèche tandis que les murs extérieurs étaient constitués de pans de bois et torchis.
Les maisons de pierres, qui apparaissent rarement dans la documentation écrite aux XIe et XIIe siècles, semblent se multiplier à partir du XVe siècle. Une étude archéologique du bâti actuellement en cours (ZAC Pasteur), depuis avril 2011, met néanmoins en évidence le potentiel du patrimoine architectural de la ville. La quasi intégralité de la façade d’une maison du XIIIe siècle est conservée dans un hôtel particulier de la fin du XVIIe siècle et du XVIIIe siècle. Elle est englobée dans la nouvelle construction ; son mur pignon est orienté sur la rue et quelques traces d’un décor peint sont préservées à l’intérieur.
Les bâtiments en bois sont interdits à partir de 1588, suite aux nombreux incendies qui ont dévasté des quartiers entiers de la ville. Si quelques caves médiévales seulement ont fait l’objet de fouilles (sites du LEP Condé, de l’Hospice de Bellevaux, place Bacchus, du Palais Granvelle, du 4, rue de la Convention et de la Rue de Vignier), d’autres sont encore accessibles sous le bâti actuel du centre-ville, souvent reconstruit durant la période moderne sur la cave de la période antérieure.
Les maisons de pierres, qui apparaissent rarement dans la documentation écrite aux XIe et XIIe siècles, semblent se multiplier à partir du XVe siècle. Une étude archéologique du bâti actuellement en cours (ZAC Pasteur), depuis avril 2011, met néanmoins en évidence le potentiel du patrimoine architectural de la ville. La quasi intégralité de la façade d’une maison du XIIIe siècle est conservée dans un hôtel particulier de la fin du XVIIe siècle et du XVIIIe siècle. Elle est englobée dans la nouvelle construction ; son mur pignon est orienté sur la rue et quelques traces d’un décor peint sont préservées à l’intérieur.
Les bâtiments en bois sont interdits à partir de 1588, suite aux nombreux incendies qui ont dévasté des quartiers entiers de la ville. Si quelques caves médiévales seulement ont fait l’objet de fouilles (sites du LEP Condé, de l’Hospice de Bellevaux, place Bacchus, du Palais Granvelle, du 4, rue de la Convention et de la Rue de Vignier), d’autres sont encore accessibles sous le bâti actuel du centre-ville, souvent reconstruit durant la période moderne sur la cave de la période antérieure.
Caves modernes aménagées contre l’entrée de l’amphithéâtre antiquCaves modernes aménagées contre l’entrée de l’amphithéâtre antique sur le site du lycée...Caves modernes aménagées contre l’entrée de l’amphithéâtre antique sur le site du lycée Condé.
Fouille C. Goy, Afan.
© Ph. Haut, Inrap- Sol en pierres d’une cave moderne du XVIIe ou XVIIIe siècleSol en pierres d’une cave moderne du XVIIe ou XVIIIe siècle fouillée à l’emplacement du...Sol en pierres d’une cave moderne du XVIIe ou XVIIIe siècle fouillée à l’emplacement du lycée Condé.
Fouille C. Goy, Afan.
© Ph. Haut, Inrap
Façade d’une maison construite au début du XIVe siècle rue du Loup et par la suite englobée dans un édifice du XVIIe siècleFaçade d’une maison construite au début du XIVe siècle rue du Loup et par la suite englobée dans un...Façade d’une maison construite au début du XIVe siècle rue du Loup et par la suite englobée dans un édifice du XVIIe siècle, avec proposition de phasage.
L’édifice médiéval, avec pignon sur rue, est éclairé grâce à deux jours rectangulaires au rez-de-chaussée et trois baies en tiers-point à l’étage.
Fouille et étude de bâti V. Viscusi Simonin, Inrap.
Relevé et DAO M.-L. Bassi.
© Smap, Besançon- Rue du Loup, baie médiévale couronnée par un arc en tiers-point (c’est-à-dire s’inscrivant dans un triangle équilatéral)Rue du Loup, baie médiévale couronnée par un arc en tiers-point (c’est-à-dire s’inscrivant dans un triangle...Rue du Loup, baie médiévale couronnée par un arc en tiers-point (c’est-à-dire s’inscrivant dans un triangle équilatéral).
Dégagée de la maçonnerie qui la murait à l’occasion de l’étude de bâti, l’embrasure a livré des peintures à motif de faux appareil en losange et de fleurs.
Fouille et étude de bâti V. Viscusi Simonin, Inrap.
© G. Mélot, Smap, Besançon