L’aqueduc antique de Nîmes
L'aqueduc antique de Nîmes, construit au milieu du Ier siècle pour alimenter la ville en eau, parcourt environ 50 km à travers 12 communes du Gard, depuis les sources d’Eure à Uzès jusqu’au castellum divisorium à Nîmes.
Dans les années 1980-1990, d’importantes recherches ont été menées, traitant de l’implantation du tracé et du géosystème, de l’alimentation en eau et du fonctionnement du système d’adduction, de l’évolution et du devenir du monument aux périodes post-antiques.
Dès le début du XXIe siècle, l’archéologie préventive est devenue un nouveau moteur de recherches en raison de la protection de l’aqueduc au titre des Monuments Historiques. Celui-ci fait ainsi l’objet d’un suivi archéologique systématique avant tout aménagement du territoire susceptible d’affecter ses vestiges.
Depuis une vingtaine d’années, les opérations d’archéologie préventive menées par l’Inrap dans les communes traversées par l’aqueduc ont considérablement enrichi nos connaissances sur cet ouvrage antique, permettant parfois de revisiter des interprétations anciennes.
Dans les années 1980-1990, d’importantes recherches ont été menées, traitant de l’implantation du tracé et du géosystème, de l’alimentation en eau et du fonctionnement du système d’adduction, de l’évolution et du devenir du monument aux périodes post-antiques.
Dès le début du XXIe siècle, l’archéologie préventive est devenue un nouveau moteur de recherches en raison de la protection de l’aqueduc au titre des Monuments Historiques. Celui-ci fait ainsi l’objet d’un suivi archéologique systématique avant tout aménagement du territoire susceptible d’affecter ses vestiges.
Depuis une vingtaine d’années, les opérations d’archéologie préventive menées par l’Inrap dans les communes traversées par l’aqueduc ont considérablement enrichi nos connaissances sur cet ouvrage antique, permettant parfois de revisiter des interprétations anciennes.
Une datation révisitée
Une avancée majeure concerne la datation. Alors que l’édification de l’aqueduc a longtemps été située entre les années 40 et 80 après J.-C., sa période de fonctionnement était supposée s’étendre jusqu’au début du VIe siècle.
Cependant, un diagnostic d’archéologie préventive réalisé à Uzès en 2016 a révélé, grâce à l’étude du mobilier retrouvé dans les remblais du canal, une fin d’utilisation plus précoce : entre la fin du IVe siècle et le début du Ve siècle. L’aqueduc aurait donc fonctionné moins de quatre siècles.
Après son abandon, il a fait l’objet d’une longue phase de spoliation sur l’ensemble de son tracé, entamée dès l’Antiquité tardive et poursuivie jusqu’au Moyen Âge. Les matériaux (moellons, concrétions calcaires) sont récupérés pour être réemployés dans d’autres constructions.
Cependant, un diagnostic d’archéologie préventive réalisé à Uzès en 2016 a révélé, grâce à l’étude du mobilier retrouvé dans les remblais du canal, une fin d’utilisation plus précoce : entre la fin du IVe siècle et le début du Ve siècle. L’aqueduc aurait donc fonctionné moins de quatre siècles.
Après son abandon, il a fait l’objet d’une longue phase de spoliation sur l’ensemble de son tracé, entamée dès l’Antiquité tardive et poursuivie jusqu’au Moyen Âge. Les matériaux (moellons, concrétions calcaires) sont récupérés pour être réemployés dans d’autres constructions.
Architecture et construction
Bien étudié dans les années 1980-1990, le mode constructif de l’aqueduc combine des tronçons souterrains ou partiellement enterrés, ainsi que plusieurs ouvrages d’art remarquables, des ponts qui se distinguent par leur grande unité architecturale. Le Pont du Gard est le premier à être classé au titre des Monuments Historiques, en 1840.
Les ponts majeurs sont bâtis en grand appareil tandis que les plus modestes adoptent une technique mixte ou exclusivement en petit appareil. Les tronçons souterrains se composent ordinairement de piédroits et d’une voûte en plein cintre maçonnés, mais des variantes existent : un simple béton banché remplaçant les piédroits (commune de Nîmes) ; des dalles de pierre à la place de la voûte (Pont du Gard et ponceau du vallon de Coste Belle) ; ou encore, l’absence totale de couverture (deux tunnels du vallon des Escaunes).
La canalisation présente, en moyenne, une hauteur d’1,80 m et une largeur d’1,20 m. Dès sa mise en eau, des défauts de conception sont rapidement apparus. Entre Vers-Pont-du-Gard et Saint-Bonnet-du-Gard, un pendage insuffisant a favorisé le dépôt des concrétions calcaires sur les parois et le fond du conduit, entraînant son rétrécissement progressif et, de fait, un risque accru de débordements. Pour y remédier, l’aqueduc a été rehaussé sur toute cette section, impliquant également l’épaississement des maçonneries de certains ponts ainsi que le comblement des arches des ponts à arcades continues pour renforcer leur structure.
Les parois de la canalisation, formées par les piédroits maçonnés, sont recouvertes d’un béton de tuileau de quelques centimètres d’épaisseur, lui-même revêtu d’un badigeon rouge appelé maltha destiné à réduire la rugosité et à faciliter l’écoulement de l’eau. Au contact du radier, qui forme le fond du conduit, deux boudins en quart-de-rond sont généralement présents afin d’assurer l’étanchéité. Le radier, fait d’un concassé de calcaire froid lié au mortier de chaux, présente parfois à sa surface le même badigeon rouge. Cette caractéristique est attestée à plusieurs reprises et a dernièrement été revue lors de diagnostics menés par l’Inrap en 2006 et 2023 à Saint-Bonnet-du-Gard.
Les ponts majeurs sont bâtis en grand appareil tandis que les plus modestes adoptent une technique mixte ou exclusivement en petit appareil. Les tronçons souterrains se composent ordinairement de piédroits et d’une voûte en plein cintre maçonnés, mais des variantes existent : un simple béton banché remplaçant les piédroits (commune de Nîmes) ; des dalles de pierre à la place de la voûte (Pont du Gard et ponceau du vallon de Coste Belle) ; ou encore, l’absence totale de couverture (deux tunnels du vallon des Escaunes).
La canalisation présente, en moyenne, une hauteur d’1,80 m et une largeur d’1,20 m. Dès sa mise en eau, des défauts de conception sont rapidement apparus. Entre Vers-Pont-du-Gard et Saint-Bonnet-du-Gard, un pendage insuffisant a favorisé le dépôt des concrétions calcaires sur les parois et le fond du conduit, entraînant son rétrécissement progressif et, de fait, un risque accru de débordements. Pour y remédier, l’aqueduc a été rehaussé sur toute cette section, impliquant également l’épaississement des maçonneries de certains ponts ainsi que le comblement des arches des ponts à arcades continues pour renforcer leur structure.
Les parois de la canalisation, formées par les piédroits maçonnés, sont recouvertes d’un béton de tuileau de quelques centimètres d’épaisseur, lui-même revêtu d’un badigeon rouge appelé maltha destiné à réduire la rugosité et à faciliter l’écoulement de l’eau. Au contact du radier, qui forme le fond du conduit, deux boudins en quart-de-rond sont généralement présents afin d’assurer l’étanchéité. Le radier, fait d’un concassé de calcaire froid lié au mortier de chaux, présente parfois à sa surface le même badigeon rouge. Cette caractéristique est attestée à plusieurs reprises et a dernièrement été revue lors de diagnostics menés par l’Inrap en 2006 et 2023 à Saint-Bonnet-du-Gard.
Une topographie complexe
L’altitude mesurée au radier en mètres NGF indique le pendage pour l’écoulement des eaux. Logiquement, cette altitude diminue progressivement de l’amont vers l’aval mais des irrégularités ont été observées. Pour certains tronçons, la pente s’adoucit considérablement et, dans de rares cas, elle s’inverse pour former une contrepente. Ce phénomène est principalement documenté au niveau des Bois de Remoulins mais un diagnostic conduit par l’Inrap en 2023 l’a confirmé à Saint-Bonnet-du-Gard.
Objectifs des opérations archéologiques
Les opérations d’archéologie préventive menées par l’Inrap sur le tracé de l’aqueduc antique de Nîmes visent à confirmer ou infirmer sa présence. Même en cas d’absence, ces résultats, dits « négatifs », restent précieux : ils permettent de réviser les hypothèses de restitution proposées antérieurement en croisant les données archéologiques environnantes et l’analyse topographique du terrain. Ces ajustements facilitent la définition d’un tracé inédit et supposé plus précis, ainsi que l’identification de nouvelles parcelles susceptibles de faire l’objet, en cas de futurs projets d’aménagement, d’investigations par l’Inrap. Cette démarche est d’autant plus essentielle que la protection de l’aqueduc, classé Monument Historique, impose une surveillance permanente.
Vers-Pont-du-Gard. Propriété Dessaint. Vue depuis l’est de la portion de l’aqueduc ayant conservé sa...Vers-Pont-du-Gard. Propriété Dessaint. Vue depuis l’est de la portion de l’aqueduc ayant conservé sa voûte© Micheline Moreau
Saint-Bonnet-du-Gard. Chemin de Saint-Bonnet à Sernhac. Détail du béton detuileau appliqué en couche...Saint-Bonnet-du-Gard. Chemin de Saint-Bonnet à Sernhac. Détail du béton detuileau appliqué en couche épaisse sur le piédroit maçonné de la canalisation
© Caroline Lefebvre, Inrap
Saint-Bonnet-du-Gard. Chemin de Saint-Bonnet à Sernhac. Vue aérienne des vestiges de l’aqueduc mis au jour par...Saint-Bonnet-du-Gard. Chemin de Saint-Bonnet à Sernhac. Vue aérienne des vestiges de l’aqueduc mis au jour par l'Inrap© Antoine Farge, Inrap