Les mosaïques de Nîmes
La mosaïque apparaît au Ier siècle avant J.-C. dans l’architecture nîmoise, montrant l’adoption durable d’un mode de vie à la romaine. C’est ce que donne à voir la collection de mosaïques du Musée de la Romanité qui s’est enrichie au fil du temps grâce aux découvertes anciennes et aux fouilles récentes faites à Nîmes.
Un art fonctionnel et illusionniste
Solide sous le pas, lavable à grand eau (notamment après les banquets), la mosaïque prend la place des tapis en tissu. Très vite, les mosaïstes se sont aperçus des possibilités qu’ils avaient d’imiter aussi la grande peinture, au moyen de petits éléments tirés de roches ou autres matériaux de diverses couleurs. « Voilà qu'on se met à vouloir peindre avec de la pierre » écrit l’encyclopédiste Pline l'ancien au Ier siècle après J.-C.
Fixée sur un support faisant appel au mortier de chaux, la mosaïque de sol est partie prenante dans son cadre architectural, c’est-à-dire le plus souvent des pièces d’apparat dans des maisons. Elle était appréciée pour ses qualité de résistance à l’eau comme à l’usure et constitue un précieux document archéologique, notamment par son aptitude à nous faire connaître l’organisation et la hiérarchie des pièces. Son décor révèle de multiples jeux d’influences avec d’autres arts, en particulier la peinture et l’ornementation textile, mais aussi la sculpture et le décor architectonique, l’orfèvrerie, etc.
Au cours des quatre siècles avant J.-C., Syracuse (Sicile) et les royaumes hellénistiques (Macédoine, Pergame et Alexandrie) ont fortement contribué au développement de la mosaïque. Cette période est déterminante, tant par l’avancée technique de cet art que par la mise au point de compositions et de formules iconographiques.
Au Ier siècle avant J.-C., le foyer de créativité s’est déplacé à Rome qui joue désormais un puissant rôle de centralisation et de redistribution des pratiques et des goûts artistiques. Ainsi, l’inspiration italique se confond avec la tradition hellénistique au Ier siècle avant J.-C.. On commence alors à privilégier les compositions qui permettent de couvrir facilement de grandes surfaces en répétant sur un, deux ou trois axes, une ou plusieurs figures géométriques (cases, cercles, hexagones, losanges, etc.) dessinées par des motifs linéaires plus ou moins élaborés et pouvant elles-mêmes recevoir différents ornements.
Fixée sur un support faisant appel au mortier de chaux, la mosaïque de sol est partie prenante dans son cadre architectural, c’est-à-dire le plus souvent des pièces d’apparat dans des maisons. Elle était appréciée pour ses qualité de résistance à l’eau comme à l’usure et constitue un précieux document archéologique, notamment par son aptitude à nous faire connaître l’organisation et la hiérarchie des pièces. Son décor révèle de multiples jeux d’influences avec d’autres arts, en particulier la peinture et l’ornementation textile, mais aussi la sculpture et le décor architectonique, l’orfèvrerie, etc.
Au cours des quatre siècles avant J.-C., Syracuse (Sicile) et les royaumes hellénistiques (Macédoine, Pergame et Alexandrie) ont fortement contribué au développement de la mosaïque. Cette période est déterminante, tant par l’avancée technique de cet art que par la mise au point de compositions et de formules iconographiques.
Au Ier siècle avant J.-C., le foyer de créativité s’est déplacé à Rome qui joue désormais un puissant rôle de centralisation et de redistribution des pratiques et des goûts artistiques. Ainsi, l’inspiration italique se confond avec la tradition hellénistique au Ier siècle avant J.-C.. On commence alors à privilégier les compositions qui permettent de couvrir facilement de grandes surfaces en répétant sur un, deux ou trois axes, une ou plusieurs figures géométriques (cases, cercles, hexagones, losanges, etc.) dessinées par des motifs linéaires plus ou moins élaborés et pouvant elles-mêmes recevoir différents ornements.
La diffusion des mosaïques en région nîmoise
De la première moitié du Ier siècle avant J.-C. à la fin du IIe siècle après J.-C., les agglomérations des Volques arécomiques (population dont le territoire couvrait l’actuel département du Gard et la partie est de l’Hérault) ont été parmi les plus précoces lieux de réalisations de mosaïques en Gaule, avec Marseille, Glanum (Saint-Rémy-de-Provence) ou Narbonne.
En région nîmoise, plusieurs décors rattachés à la tradition hellénistique se caractérisent par l’association de motifs formant des bordures multiples, tels que damier de tesselles, dents de scie, postes, méandres de svastikas, chevrons, ligne brisée et rinceaux, tours crénelées. Un bel exemple à Nîmes est celui de la mosaïque trouvée en 1991 au-devant de la Maison-Carrée, mais qui appartenait à une maison qui fut expropriée dans les années 20/10 avant J.-C. pour construire le forum. La pièce avait une large ouverture sur une galerie de péristyle. Cette entrée était marquée par un premier « tapis » oblong. Le tapis central portait en son centre un fleuron aux tons noir, ocre jaune et ocre brun, faisant apparaître en surimposé trois cercles emboîtés. Cette mosaïque est incomplète mais, entre les deux tapis, les silhouettes noires de nageurs et de dauphins, symbolisant la mer, devaient se diriger vers un cratère à vin, lui-même symbolisant Dionysos, dieu des banquets.
En région nîmoise, plusieurs décors rattachés à la tradition hellénistique se caractérisent par l’association de motifs formant des bordures multiples, tels que damier de tesselles, dents de scie, postes, méandres de svastikas, chevrons, ligne brisée et rinceaux, tours crénelées. Un bel exemple à Nîmes est celui de la mosaïque trouvée en 1991 au-devant de la Maison-Carrée, mais qui appartenait à une maison qui fut expropriée dans les années 20/10 avant J.-C. pour construire le forum. La pièce avait une large ouverture sur une galerie de péristyle. Cette entrée était marquée par un premier « tapis » oblong. Le tapis central portait en son centre un fleuron aux tons noir, ocre jaune et ocre brun, faisant apparaître en surimposé trois cercles emboîtés. Cette mosaïque est incomplète mais, entre les deux tapis, les silhouettes noires de nageurs et de dauphins, symbolisant la mer, devaient se diriger vers un cratère à vin, lui-même symbolisant Dionysos, dieu des banquets.
Les différents types de pavements
On trouve à Nîmes différents types de pavements, regroupés sous le terme de mosaïque (au sens large du terme), plus ou moins luxueux. Il faut d’abord aplanir, niveler, égaliser la surface sur laquelle on fonde le sol au moyen d’un niveau de pierres, qui va supporter à son tour une couche faite d’un mélange à base de mortier de chaux et de sable, auquel on ajoute des éclats de terre cuite (le tuileau) et/ou de roche. À l’unique couche pour les sols en béton – dont la surface est soigneusement poncée pour faire disparaître les aspérités et peut recevoir un décor par incrustations de tesselles –, s’en ajoute une seconde plus fine pour les revêtements de sol faits de tesselles (opus tessellatum) ou de carreaux de marbres (opus sectile).
Les sols en béton
Sur la fouille dite de Villa Roma, un sol en béton de tuileau est incrusté de tesselles noires et blanches dessinant des motifs géométriques, végétaux ou figurés traités en silhouette. Ce type de sol, bien connu dès le IIIe siècle avant J.-C., en Italie, en Sicile et en Tunisie, ainsi qu’en Espagne ou même en Gaule du Sud au Ier siècle avant J.-C., est assez rare à Nîmes.
Beaucoup plus fréquents dans cette ville sont les sols en béton fait d’éclats de roche calcaire, décorés à l’aide de tesselles formant divers quadrillages : croisettes, en nid d’abeille, octogones, carrés formés de 4 rectangles, etc. On voit au musée un fac-similé d’un sol de ce type trouvé sur la fouille de Villa Roma et auquel étaient associées de belles peintures murales.
L’opus tessellatum
Ce terme latin désigne la mosaïque proprement dite, constituée de petits cubes de l’ordre de 1 cm mais plus fins dans le cas de décors raffinés (tessera ou tessella, par analogie avec la forme du dé à jouer). Les décors, en opposition de couleurs (noir et blanc ou en polychromie), sont géométriques, avec souvent éléments figurés.
Le prestige du marbre
Connus en Italie dès le Ier siècle avant J.-C., les dallages faits d’un assemblage de plaques de roches marbrières découpées (d’où le terme latin sectila) suivant différentes formes (triangulaires, quadrangulaires, losanges ou hexagonales, etc.), sont plus rares que les autres types de sols, en raison du coût très onéreux dû à l’acheminement des marbres et à la découpe à la scie, mais aussi parce qu’ils étaient faciles à récupérer. À Nîmes, ils semblent apparaître dans le dernier quart du Ier siècle avant J.-C. dans des édifices publics (temple de Diane et forum). Des exemples sont signalés lors de découvertes anciennes mais il n’est pas certain qu’ils couvraient la totalité des pièces.
Les pavements mixtes
Nîmes donne de nombreux exemples de ces sols, qui sont le plus souvent en béton avec un panneau axial, en opus tessellatum ou en opus sectile. Ce procédé semble résulter d’un choix financier consistant à employer avec parcimonie des matériaux prestigieux, mais le contraste entre deux types de revêtement accentue l’illusion d’un tapis sous lequel continuerait le sol.
Des pavements en béton ou en opus tessellatum sont décorés de petites plaques de marbres appelées crustae.
Les sols en béton avec panneau en opus sectile sont plus rares, sans doute parce qu’ils sont plus onéreux du fait de l’emploi de marbres. Toutefois, deux exemples de panneau de ce type sont connus par des fouilles récentes, l’un rue Clérisseau en 2008, formant un damier de carrés de divers marbres plus simple que l’autre qui comportait une plus grande variété de marbres venus de prestigieuses carrières d’Afrique, d’Asie mineure, de Grèce et d’Italie.
Les sols en béton
Sur la fouille dite de Villa Roma, un sol en béton de tuileau est incrusté de tesselles noires et blanches dessinant des motifs géométriques, végétaux ou figurés traités en silhouette. Ce type de sol, bien connu dès le IIIe siècle avant J.-C., en Italie, en Sicile et en Tunisie, ainsi qu’en Espagne ou même en Gaule du Sud au Ier siècle avant J.-C., est assez rare à Nîmes.
Beaucoup plus fréquents dans cette ville sont les sols en béton fait d’éclats de roche calcaire, décorés à l’aide de tesselles formant divers quadrillages : croisettes, en nid d’abeille, octogones, carrés formés de 4 rectangles, etc. On voit au musée un fac-similé d’un sol de ce type trouvé sur la fouille de Villa Roma et auquel étaient associées de belles peintures murales.
L’opus tessellatum
Ce terme latin désigne la mosaïque proprement dite, constituée de petits cubes de l’ordre de 1 cm mais plus fins dans le cas de décors raffinés (tessera ou tessella, par analogie avec la forme du dé à jouer). Les décors, en opposition de couleurs (noir et blanc ou en polychromie), sont géométriques, avec souvent éléments figurés.
Le prestige du marbre
Connus en Italie dès le Ier siècle avant J.-C., les dallages faits d’un assemblage de plaques de roches marbrières découpées (d’où le terme latin sectila) suivant différentes formes (triangulaires, quadrangulaires, losanges ou hexagonales, etc.), sont plus rares que les autres types de sols, en raison du coût très onéreux dû à l’acheminement des marbres et à la découpe à la scie, mais aussi parce qu’ils étaient faciles à récupérer. À Nîmes, ils semblent apparaître dans le dernier quart du Ier siècle avant J.-C. dans des édifices publics (temple de Diane et forum). Des exemples sont signalés lors de découvertes anciennes mais il n’est pas certain qu’ils couvraient la totalité des pièces.
Les pavements mixtes
Nîmes donne de nombreux exemples de ces sols, qui sont le plus souvent en béton avec un panneau axial, en opus tessellatum ou en opus sectile. Ce procédé semble résulter d’un choix financier consistant à employer avec parcimonie des matériaux prestigieux, mais le contraste entre deux types de revêtement accentue l’illusion d’un tapis sous lequel continuerait le sol.
Des pavements en béton ou en opus tessellatum sont décorés de petites plaques de marbres appelées crustae.
Les sols en béton avec panneau en opus sectile sont plus rares, sans doute parce qu’ils sont plus onéreux du fait de l’emploi de marbres. Toutefois, deux exemples de panneau de ce type sont connus par des fouilles récentes, l’un rue Clérisseau en 2008, formant un damier de carrés de divers marbres plus simple que l’autre qui comportait une plus grande variété de marbres venus de prestigieuses carrières d’Afrique, d’Asie mineure, de Grèce et d’Italie.
Répertoire ornemental et iconographie des mosaïques nîmoises
Le schéma de base du décor de la mosaïque de sol est caractérisé par un tapis presque toujours quadrangulaire, placé dans l’axe principal de la pièce, fait d’une ou plusieurs bordures entourant une composition le plus souvent caractérisée par une trame géométrique plus ou moins élaborée. Cette trame enserre parfois un ou plusieurs panneaux historiés. La mosaïque, qui a l’avantage d’avoir résisté au temps, nous permet d’entrevoir un riche vocabulaire ornemental et le monde d’images qui ornait le cadre de vie antique.
Le répertoire des trames géométriques est à Nîmes d’une grande diversité. La trame dite en nids d’abeilles en est un exemple. On la trouve sur des pavements assez modestes en béton à base calcaire. Elle est richement employée sur la mosaïque au gorgonéion.
Parmi les motifs végétaux les plus fréquents, les rinceaux (tiges sinusoïdales se développant en bandeau et dont se détachent des volutes chargées de fleurs et parfois aussi de fruits) bordent ou encadrent un tapis ou un panneau. À Nîmes, un des premiers exemples se trouve sur le tapis central de la mosaïque au nageur noir.
Plusieurs grandes mosaïques comportent un « tapis de seuil » ou « rallonge de seuil », long panneau marquant l’entrée de la pièce. Celui de la mosaïque d’Achille à Skyros, découverte lors de la fouille du parking de l’avenue Jean-Jaurès, est décoré d’un rinceau de vigne en noir et blanc. À l’entrée de la pièce voisine, sur la mosaïque de Penthée, la rallonge est ornée d’un rinceau dont les volutes naissent d’un cratère à vin. La mosaïque d’Admète présente l’un des plus beaux rinceaux des mosaïques de la Gaule, il est traité en riche polychromie et peuplé d’animaux, oiseaux à l’affut d’insectes et fauves chassant des cervidés.
Les fleurons sont également empruntés au décor architectonique ; on peut voir à Nîmes des exemples de fleurons sculptés dans le Temple de Diane ou dans le pronaos restauré au XIXe siècle de la Maison-Carré. Ces rosaces s'inspirent d'éléments végétaux réels (pétales, sépales, feuilles), qui sont très stylisés dans la mosaïque, avec souvent un jeu de dégradé de couleurs raffiné. Ils peuvent comporter une ou deux corolles. Les pétales en fuseau, faciles à réaliser au compas, sont fréquents. On les trouve au centre d’un tapis, comme sur la mosaïque au nageur noir, ou bien répartis au sein de la trame, comme c’est le cas de la mosaïque au gorgonéion.
Divinités et héros
Les images présentes sur les mosaïques nîmoises sont majoritairement des thèmes issus de la mythologie grecque, l'imaginaire des anciens romains étant en effet profondément imprégné par le modèle grec. Par contre, on ne trouve pas de thème en rapport avec des croyances locales, par exemple à Nemausus (divinité topique donnant son nom à la ville) ou aux Proxumes (déesses-mères vénérées à Nîmes). Certaines images avaient sans doute une fonction apotropaïque (protection contre les maléfices), comme le Gorgoneion ou le Bellérophon. Un autre thème très apprécié à l’époque romaine est celui des unions entre divinité et mortel(le), par exemple Léda surprise par Zeus-cygne qui figurait sur une mosaïque trouvée rue Pasteur et conservée au musée de la Romanité. On suppose généralement que ces tableaux en mosaïque étaient plus ou moins directement inspirés de chefs-d’œuvre de la grande peinture malheureusement disparus.
La thématique dionysiaque est la mieux représentée sur les mosaïques, ce qui n’a rien d’étonnant puisque très souvent elles accompagnaient le décor des salles de réception, placées sous le patronage de Dionysos. Ce dieu n’est pas représenté sur la mosaïque de Penthée, mais toute l’iconographie se rapporte à lui : le cratère à vin, les masques de théâtre, les Ménades et, au centre, le châtiment de Penthée, roi de Thèbes qui avait méprisé Dionysos.
Le thème des Saisons, très répandu dans l’art romain, apparaît sur plusieurs mosaïques nîmoises, notamment celles de Penthée et de Bellérophon. Parmi les figurations animales, les plus courantes sont le dauphin (qui dans la religion grecque est une manifestation de l’élément liquide fécondant, mais aussi un animal associé à Apollon et à Dionysos et devient à l’époque romaine un thème décoratif omniprésent), mais aussi les oiseaux (certains figurés pour leur caractère exotique ou comme évocation de la chasse), qui eux aussi sont présents sur la mosaïque de Penthée.
Avant l’apparition de l’archéologie préventive à Nîmes, c’est souvent la découverte fortuite de mosaïques qui révélait l’existence d’édifices très mal connus pour le reste. Si certaines ont été détruites aussitôt après avoir été mises au jour lors d’aménagements divers, d’autres ont heureusement pu être conservées, mais quasiment aucune n’est visible dans son contexte architectural. En 1883, le percement de la rue des Halles a entraîné la découverte de la grande mosaïque des noces d’Admète (8,89 x 5,93 m, soit 52,77 m²) qui témoigne d’une somptueuse maison, proche du forum. Cette mosaïque, que l’on peut admirer dans le musée des Beaux-Arts, comporte un tableau figurant Admète parvenu à atteler un lion et un sanglier ensemble, condition imposée par le roi d’Iolcos pour pouvoir épouser sa fille Alceste.
Le répertoire des trames géométriques est à Nîmes d’une grande diversité. La trame dite en nids d’abeilles en est un exemple. On la trouve sur des pavements assez modestes en béton à base calcaire. Elle est richement employée sur la mosaïque au gorgonéion.
Parmi les motifs végétaux les plus fréquents, les rinceaux (tiges sinusoïdales se développant en bandeau et dont se détachent des volutes chargées de fleurs et parfois aussi de fruits) bordent ou encadrent un tapis ou un panneau. À Nîmes, un des premiers exemples se trouve sur le tapis central de la mosaïque au nageur noir.
Plusieurs grandes mosaïques comportent un « tapis de seuil » ou « rallonge de seuil », long panneau marquant l’entrée de la pièce. Celui de la mosaïque d’Achille à Skyros, découverte lors de la fouille du parking de l’avenue Jean-Jaurès, est décoré d’un rinceau de vigne en noir et blanc. À l’entrée de la pièce voisine, sur la mosaïque de Penthée, la rallonge est ornée d’un rinceau dont les volutes naissent d’un cratère à vin. La mosaïque d’Admète présente l’un des plus beaux rinceaux des mosaïques de la Gaule, il est traité en riche polychromie et peuplé d’animaux, oiseaux à l’affut d’insectes et fauves chassant des cervidés.
Les fleurons sont également empruntés au décor architectonique ; on peut voir à Nîmes des exemples de fleurons sculptés dans le Temple de Diane ou dans le pronaos restauré au XIXe siècle de la Maison-Carré. Ces rosaces s'inspirent d'éléments végétaux réels (pétales, sépales, feuilles), qui sont très stylisés dans la mosaïque, avec souvent un jeu de dégradé de couleurs raffiné. Ils peuvent comporter une ou deux corolles. Les pétales en fuseau, faciles à réaliser au compas, sont fréquents. On les trouve au centre d’un tapis, comme sur la mosaïque au nageur noir, ou bien répartis au sein de la trame, comme c’est le cas de la mosaïque au gorgonéion.
Divinités et héros
Les images présentes sur les mosaïques nîmoises sont majoritairement des thèmes issus de la mythologie grecque, l'imaginaire des anciens romains étant en effet profondément imprégné par le modèle grec. Par contre, on ne trouve pas de thème en rapport avec des croyances locales, par exemple à Nemausus (divinité topique donnant son nom à la ville) ou aux Proxumes (déesses-mères vénérées à Nîmes). Certaines images avaient sans doute une fonction apotropaïque (protection contre les maléfices), comme le Gorgoneion ou le Bellérophon. Un autre thème très apprécié à l’époque romaine est celui des unions entre divinité et mortel(le), par exemple Léda surprise par Zeus-cygne qui figurait sur une mosaïque trouvée rue Pasteur et conservée au musée de la Romanité. On suppose généralement que ces tableaux en mosaïque étaient plus ou moins directement inspirés de chefs-d’œuvre de la grande peinture malheureusement disparus.
La thématique dionysiaque est la mieux représentée sur les mosaïques, ce qui n’a rien d’étonnant puisque très souvent elles accompagnaient le décor des salles de réception, placées sous le patronage de Dionysos. Ce dieu n’est pas représenté sur la mosaïque de Penthée, mais toute l’iconographie se rapporte à lui : le cratère à vin, les masques de théâtre, les Ménades et, au centre, le châtiment de Penthée, roi de Thèbes qui avait méprisé Dionysos.
Le thème des Saisons, très répandu dans l’art romain, apparaît sur plusieurs mosaïques nîmoises, notamment celles de Penthée et de Bellérophon. Parmi les figurations animales, les plus courantes sont le dauphin (qui dans la religion grecque est une manifestation de l’élément liquide fécondant, mais aussi un animal associé à Apollon et à Dionysos et devient à l’époque romaine un thème décoratif omniprésent), mais aussi les oiseaux (certains figurés pour leur caractère exotique ou comme évocation de la chasse), qui eux aussi sont présents sur la mosaïque de Penthée.
Avant l’apparition de l’archéologie préventive à Nîmes, c’est souvent la découverte fortuite de mosaïques qui révélait l’existence d’édifices très mal connus pour le reste. Si certaines ont été détruites aussitôt après avoir été mises au jour lors d’aménagements divers, d’autres ont heureusement pu être conservées, mais quasiment aucune n’est visible dans son contexte architectural. En 1883, le percement de la rue des Halles a entraîné la découverte de la grande mosaïque des noces d’Admète (8,89 x 5,93 m, soit 52,77 m²) qui témoigne d’une somptueuse maison, proche du forum. Cette mosaïque, que l’on peut admirer dans le musée des Beaux-Arts, comporte un tableau figurant Admète parvenu à atteler un lion et un sanglier ensemble, condition imposée par le roi d’Iolcos pour pouvoir épouser sa fille Alceste.
La mosaïque à Nîmes à la fin de l’Antiquité et au-delà
La mosaïque, bien représentée à Nîmes jusqu’à la fin du IIe siècle après J.-C., devient ensuite très rare. Il en existait dans les domaines ruraux antiques repérés autour de la ville, mais quasiment aucune ne nous est parvenue en bon état de conservation.
Pour la période médiévale, un érudit nîmois, Jean Poldo d’Albenas, a signalé en 1560 une mosaïque décorée « d’oiseaux, animaux, arbres et plusieurs autres figures » dans la cathédrale Notre-Dame de Nîmes, construite au XIe siècle et détruite en 1567.
Au XIXe siècle, de même que certains architectes se sont inspirés des façades des monuments romains nîmois, des décorateurs ont réalisé de nombreux pavements « à l’antique » au sein de bâtiments publics et d’immeubles nîmois. On peut en voir des exemples dans l’église Saint-Paul construite entre 1838 et 1849.
Pour la période médiévale, un érudit nîmois, Jean Poldo d’Albenas, a signalé en 1560 une mosaïque décorée « d’oiseaux, animaux, arbres et plusieurs autres figures » dans la cathédrale Notre-Dame de Nîmes, construite au XIe siècle et détruite en 1567.
Au XIXe siècle, de même que certains architectes se sont inspirés des façades des monuments romains nîmois, des décorateurs ont réalisé de nombreux pavements « à l’antique » au sein de bâtiments publics et d’immeubles nîmois. On peut en voir des exemples dans l’église Saint-Paul construite entre 1838 et 1849.
Mosaïque aux nageurs noirs, datée de la seconde moitié du Ier siècle avant J.-C., Collection du...© B. HouixMosaïque aux nageurs noirs, datée de la seconde moitié du Ier siècle avant J.-C.,
Collection du musée de la Romanité
Fragment d’un sol en béton de tuileau avec décor figuré de dauphins et rinceau de vigne, daté du courant...© B. HouixFragment d’un sol en béton de tuileau avec décor figuré de dauphins et rinceau de vigne, daté du courant du Ier siècle avant J.-C. (panneau de 3,14 x 1,50 m),
Collection du musée de la Romanité
Fac-similé d’un sol en béton calcaire de la fouille de Villa Roma, avec l’enduit mural de la même pièce, ...© B. HouixFac-similé d’un sol en béton calcaire de la fouille de Villa Roma, avec l’enduit mural de la même pièce,
Collection du musée de la Romanité
Mosaïque de la fouille place Questel, datée de la seconde moitié du Ier siècle après J.-C.,...© B. HouixMosaïque de la fouille place Questel, datée de la seconde moitié du Ier siècle après J.-C., Collection du musée de la Romanité
Panneau en opus sectile réalisé du courant du Ier siècle après J.-C. et mis au jour sur la...© B. HouixPanneau en opus sectile réalisé du courant du Ier siècle après J.-C. et mis au jour sur la fouille rue Fernand-Pelloutier en 2021,
Collection du musée de la Romanité
Quadrillage d’hexagones ou trame dite en nids d’abeilles, mis au jour sur la fouille rue Fernand-Pelloutier en 2021, Collection du...© B. HouixQuadrillage d’hexagones ou trame dite en nids d’abeilles, mis au jour sur la fouille rue Fernand-Pelloutier en 2021,
Collection du musée de la Romanité
Mosaïque au gorgonéion, datée du courant du IIe siècle avant J.-C. et trouvée en 1924 rue...© B. HouixMosaïque au gorgonéion, datée du courant du IIe siècle avant J.-C. et trouvée en 1924 rue Léopold-Morice,
Collection du musée de la Romanité
Détail du rinceau de vigne de la mosaïque d’Achille à Skyros, Collection du musée de la Romanité© B. HouixDétail du rinceau de vigne de la mosaïque d’Achille à Skyros,
Collection du musée de la Romanité
Mosaïque de Penthée, datée de la première moitié du IIe siècle après J.-C., ...© B. HouixMosaïque de Penthée, datée de la première moitié du IIe siècle après J.-C.,
Collection du musée de la Romanité
Détail du rinceau peuplé de la mosaïque d’Admète, trouvée en 1883 rue des Halles, Collection du...© B. HouixDétail du rinceau peuplé de la mosaïque d’Admète, trouvée en 1883 rue des Halles,
Collection du musée des Beaux-Arts
Bellérophon chevauchant Pégase et terrassant la Chimère, panneau central d’une mosaïque datée de la...© J. PeyBellérophon chevauchant Pégase et terrassant la Chimère, panneau central d’une mosaïque datée de la première moitié du IIe siècle après J.-C et trouvée en 1950 boulevard Gambetta,
Collection du musée de la Romanité
Les noces d’Admète, panneau encadré d’un guillochis, au centre d’une mosaïque datée de la seconde moitié...© B. HouixLes noces d’Admète, panneau encadré d’un guillochis, au centre d’une mosaïque datée de la seconde moitié du IIe siècle après J.-C.,
Collection du musée des Beaux-Arts