Synthèse thématique

Les pratiques funéraires

À la fin de la période gauloise et au début de l’époque romaine (IIIe-Ier siècle avant J.-C.)

Les tombes étaient établies à l’extérieur et à plus de 500 m de l’agglomération et constituaient de petits groupes dispersés dans la campagne le long des voies : comme par exemple la route qui reliait Nîmes au comptoir d’Espeyran, celle qui menait à Beaucaire, ou encore la voie de contournement de l’oppidum.

Les sépultures mises au jour à Nîmes sont des crémations, comme la plupart des tombes de cette époque. Après la crémation, de rares fragments d’os brûlés étaient recueillis sur le bûcher et placés dans une amphore, dans un vase, ou dispersés dans la tombe.

Les fosses sépulcrales étaient fermées par des couvertures en bois. Certaines étaient dotées de coffrages faits de bois ou de dalles de calcaire, parfois équipées d’étagères sur lesquelles reposaient une partie du mobilier accompagnant le dépôt des restes du défunt.

Les tombes renfermaient presque toujours au moins un vase. Certaines sépultures du début du Ier siècle avant J.-C. en ont livré jusqu’à 14. Ces récipients étaient associés à des ossements d'animaux, reliefs de repas ou offrandes de pièces de viande d’espèces variées (porc, mouton/chèvre, bœuf, lapin, poulet, oiseaux, poissons) parmi lesquelles domine le porc. Des objets ayant appartenu au défunt, notamment des éléments de parure ou des armes, étaient parfois déposés dans la tombe. Le dépôt de monnaie et de vase à parfum apparaît de manière exceptionnelle.

Les pratiques funéraires à l’époque romaine (Ier-IIIe siècle après J.-C.)

Plusieurs espaces funéraires créés au cours de la période précédente étaient encore fréquentés au Ier siècle après J.-C. Comme auparavant, les tombes étaient implantées à l’extérieur de l’enceinte, à proximité des voies. C’est le cas notamment des monuments funéraires qui signalaient les sépultures des notables. Apparaissent des zones funéraires plus densément occupées, parfois structurées par des chemins secondaires. Les parcelles étaient souvent délimitées par des enclos maçonnés. Ils abritaient souvent des puits, utilisés pour les besoins des repas partagés par la famille lors des funérailles ou lors des fêtes commémoratives. Certaines parcelles accueillaient des enfants, mais une partie des tout-petits était inhumée dans des lieux particuliers, au pied de l’enceinte augustéenne, ou peut-être comme au 1 bis rue de l'abattoir  , dans des puits. Ces lieux accueillaient également quelques inhumations d’adultes.

La période est marquée par une grande diversité des usages funéraires. A partir de la fin du Ier siècle aprrès J.-C., l’inhumation, auparavant réservée aux très jeunes enfants, est adoptée pour les adultes parallèlement à la crémation. La place de l’inhumation varie selon les groupes. Ceux qui ont fréquenté le site du 1 rue Guynemer ont choisi de recourir exclusivement à l’inhumation, ce qui est exceptionnel. Les individus inhumés étaient souvent protégés par des cercueils en bois ou en plomb, plus rarement disposés sur un lit (1bis rue de l’Abattoir). Les bûchers pouvaient être aménagés dans des fosses dans lesquelles on retrouve des restes de vases, de fruits, de pain ou de graines, des ossements animaux et des objets personnels brûlés avec le défunt. Les ossements brûlés recueillis sur le bûcher étaient placés dans un sac, un coffret ou un vase en céramique, en verre, en pierre ou en plomb.

Les sépultures à inhumation ou à crémation étaient installées dans des fosses fermées par des couvertures ou protégées par des coffrages faits de bois, de pierres ou de tuiles. Des dispositifs plus exceptionnels (fosses à niches latérales, chambres maçonnées) ont été adoptés pour les inhumations du 1 rue Guynemer.

Les tombes comportaient le plus souvent des vases (à parfum ou à boire), des lampes, des monnaies ou des objets personnels.

Les pratiques funéraires à la fin de l’Antiquité (IVe-VIe siècle après J.-C.)

Les parcelles funéraires ont été abandonnées pour la plupart à la fin du IIe siècle ou dans le courant du IIIe siècle après J.-C. Cet abandon s’est accompagné du démantèlement des monuments et des stèles funéraires dont on retrouve des vestiges dans les puits. Sur le site du 1 rue Guynemer, l’occupation funéraire s’est poursuivie cependant sans rupture au-delà du IIIe siècle. Dans la seconde moitié du IVe siècle, une église a été bâtie à l’emplacement d’une des parcelles peut-être autour d’une tombe particulière située au centre d’un groupe de sépultures. L’édifice de culte chrétien constitue un pôle d’attractivité pour les tombes dorénavant orientées et organisées en rangées à l’intérieur et à l’extérieur du bâtiment.

Un autre cimetière en rangées s’est développé au cours des IVe-VIIe siècle au 12 rue de Saint-Gilles après un abandon apparent du secteur. Certaines de ces sépultures ont livré des éléments de parure ou des accessoires vestimentaires caractéristiques de la sphère culturelle wisigothique. A côté de ces regroupements apparaissent encore à cette époque quelques tombes isolées comme sur le site de la Zac du forum des Carmes .

Tous les individus étaient inhumés, la crémation étant abandonnée dans le courant du IIIe siècle. Ils étaient protégés par des coffrages de tuiles ou de dalles, des sarcophages en pierre ou pour les jeunes enfants, par des amphores. Jusqu’au début du Ve siècle, les défunts étaient encore assez souvent accompagnés de vases ou même d’offrandes animales. La disparition de ces dépôts marque l’abandon des rituels alimentaires qui caractérisaient les pratiques funéraires antiques, peut-être en lien avec le développement du christianisme.