Carte des vestiges romains découverts dans le quartier de la rue Pelloutier. 2 rue Godin / 3-5 rue Fernand-Pelloutier, Nîmes...© Bertrand Houix, InrapCarte des vestiges romains découverts dans le quartier de la rue Pelloutier.
2 rue Godin / 3-5 rue Fernand-Pelloutier, Nîmes (Gard), 2021
Pièce de réception (vue partielle) Le sol est un béton lissé en surface et décoré...© Charlotte Gleize, InrapPièce de réception (vue partielle)
Le sol est un béton lissé en surface et décoré d’hexagones et d’un tapis en marbre.
2 rue Godin / 3-5 rue Fernand-Pelloutier, Nîmes (Gard), 2021
Tapis polychrome constitué de plaquettes de marbre. 2 rue Godin / 3-5 rue Fernand-Pelloutier, Nîmes (Gard), 2021© Bertrand Houix, InrapTapis polychrome constitué de plaquettes de marbre.
2 rue Godin / 3-5 rue Fernand-Pelloutier, Nîmes (Gard), 2021
Variété des marbres du tapis. Identification des marbres : Richard Pellé (Inrap) 1. Fleur de...© Bertrand Houix, Inrap.Variété des marbres du tapis. Identification des marbres : Richard Pellé (Inrap)
1. Fleur de pêcher : Eretria (Eubée, Grèce), 73 plaques.
2. Jaune antique : Chemtou (Tunisie), 2 variétés, 24 pl.
3. Africain : Teos (Turquie), 2 variétés, 46 pl.
4. Brêche jaune : Chemtou (Tunisie), 45 pl.
5. Cipolin : Karystos (Eubée, Grèce), 7 pl.
6. Brêche de Serravezza : Serravezza ou Carrara (Italie), 5 pl.
7. Bardiglio di Carrara : Carrara (Italie), 2 variétés, 39 pl.
8. Albâtre fleuri à yeux : Pamukkale (Turquie), 3 pl.
9. Pavonazzetto : Synnada (Turquie), 3 pl.
10. Portasanta : provenance inconnue, 1 pl.
11. Brêche coralline ou Pavonazzetto : Verzirhen ou Synnada (Turquie), 22 pl.
12. Portasanta : Chios (Grèce), 40 pl.
13. Brêche pavonazza : Ezine (Turquie), 18 pl.
14. Brêche de Settebassi : Skyros (Grèce), 12 pl.
15. Albâtre fleuri : Pamukkale (Turquie), 12 pl.
16. Albâtre fleuri ou cotognino a onde, peut-être Hatnub (Egypte), 1 pl.
17. Bigio antico onice, provenance inconnue, 1 pl.
18. Portasanta, provenance inconnue, 2 pl.
2 rue Godin / 3-5 rue Fernand-Pelloutier, Nîmes (Gard), 2021
Carte de provenance des marbres. 2 rue Godin / 3-5 rue Fernand-Pelloutier, Nîmes (Gard), 2021© Bertrand Houix, Inrap.Carte de provenance des marbres.
2 rue Godin / 3-5 rue Fernand-Pelloutier, Nîmes (Gard), 2021
Un tapis de marbres de l'Empire romain

Variété des marbres du tapis de la rue Pelloutier.
© Betrand Houix, Inrap.
Accueillant le siège du pouvoir municipal, le quartier du forum de Nîmes — bien connu par son temple, la Maison Carrée — a sans doute inciter les élites locales à y placer leurs résidences. Dans ce contexte éminemment urbain, de nombreuses découvertes ont été faites dès le XVIIIe siècle, aux abords de la rue Pelloutier, notamment une statue de Vénus Anadyomène en marbre blanc et des mosaïques qui sont exposées de nos jours au musée de la Romanité. La fouille préventive réalisée en 2021 rue Pelloutier couvre un îlot limité, au sud, par la rue longeant le flanc méridional du forum et, à l’est, par une voie conduisant à une porte de l’enceinte romaine encore en élévation : la porte de France.
Au sein de l’édifice mis au jour en 2021, la pièce qui apparaît comme la plus prestigieuse, par ses dimensions (10,35 x 5,75 m, 59,50 m²) et par son décor, s’ouvrait par une porte axiale. Son pavement en béton soigneusement lissé en surface et décoré d’une série d’hexagones a été embelli d’un tapis en marbre (2,65 m min. x 2,05 m ; panneau conservé au musée de la Romanité), dont manque le côté ouest, détruit par une cave. Ce tapis, daté dans le courant du Ier siècle après J.-C., est placé dans le sens de la longueur et vers le fond de la salle. L’espacement tout autour, large de près de 1,90 m, paraît prévu pour installer des lits de banquet.
À l’intérieur d’une bordure de tesselles blanches et noires et de plaques rectangulaires en marbre de Carrare (larges de 11 cm et longues de 42 à 93 cm), les plaquettes de marbres composent un damier de cases carrées, comprenant un carré disposé à l’oblique, lui-même chargé ou non d’un autre petit carré. On compte au moins neuf rangées de six cases, qui font en moyenne 29 cm de côté. La rareté de ce type de pavement dans le contexte nîmois et la diversité des marbres en provenance de différentes provinces de l'Empire romain font de ce tapis une découverte tout à fait remarquable.
Les dix-huit variétés de marbres identifiées démontrent le désir d’une riche polychromie, primant sur une disposition régulière. Si la répartition des variétés semble en effet aléatoire, on note l’emploi de teintes claires pour les triangles (14 cases) et, à six reprises, celui du marbre de Portasanta de Chios pour les petits carrés. Le Chemtou est opposé à plusieurs reprises au cipolin de Karystos ou au Téos, association assez fréquente par ailleurs. La variété dite fleur de pêcher d’Érétrie (Grèce) est la plus représentée. Si 356 plaques subsistaient en place, leur nombre initial est de l’ordre de 383 à 396. Leur épaisseur varie de 5 à 17,9 mm.
Ce type de tapis en marbre, plus onéreux que la mosaïque, ajoute au prestige de cette pièce où le propriétaire de l’édifice recevait ses proches.
Au sein de l’édifice mis au jour en 2021, la pièce qui apparaît comme la plus prestigieuse, par ses dimensions (10,35 x 5,75 m, 59,50 m²) et par son décor, s’ouvrait par une porte axiale. Son pavement en béton soigneusement lissé en surface et décoré d’une série d’hexagones a été embelli d’un tapis en marbre (2,65 m min. x 2,05 m ; panneau conservé au musée de la Romanité), dont manque le côté ouest, détruit par une cave. Ce tapis, daté dans le courant du Ier siècle après J.-C., est placé dans le sens de la longueur et vers le fond de la salle. L’espacement tout autour, large de près de 1,90 m, paraît prévu pour installer des lits de banquet.
À l’intérieur d’une bordure de tesselles blanches et noires et de plaques rectangulaires en marbre de Carrare (larges de 11 cm et longues de 42 à 93 cm), les plaquettes de marbres composent un damier de cases carrées, comprenant un carré disposé à l’oblique, lui-même chargé ou non d’un autre petit carré. On compte au moins neuf rangées de six cases, qui font en moyenne 29 cm de côté. La rareté de ce type de pavement dans le contexte nîmois et la diversité des marbres en provenance de différentes provinces de l'Empire romain font de ce tapis une découverte tout à fait remarquable.
Les dix-huit variétés de marbres identifiées démontrent le désir d’une riche polychromie, primant sur une disposition régulière. Si la répartition des variétés semble en effet aléatoire, on note l’emploi de teintes claires pour les triangles (14 cases) et, à six reprises, celui du marbre de Portasanta de Chios pour les petits carrés. Le Chemtou est opposé à plusieurs reprises au cipolin de Karystos ou au Téos, association assez fréquente par ailleurs. La variété dite fleur de pêcher d’Érétrie (Grèce) est la plus représentée. Si 356 plaques subsistaient en place, leur nombre initial est de l’ordre de 383 à 396. Leur épaisseur varie de 5 à 17,9 mm.
Ce type de tapis en marbre, plus onéreux que la mosaïque, ajoute au prestige de cette pièce où le propriétaire de l’édifice recevait ses proches.







