Fleuve / Trait de rive…

Restitution du pont du Ier siècle.
© Restitution Jacques Seigne et Thierry Morin, LAT
© Restitution Jacques Seigne et Thierry Morin, LAT
La relation entre la ville de Tours et la Loire est marquée par trois phénomènes : la nécessité du franchissement pour relier les deux rives, le gain de terrains pris dans le lit du fleuve pour étendre la ville vers l’axe majeur de circulation, enfin la nécessité de se défendre contre les inondations.
Les ponts
Trois ponts, tous en bois, ont été identifiés pour l’Antiquité et le Moyen Âge :
- le pont du Ier siècle, au centre de la ville ouverte, démantelé au IVe siècle ;
- •le pont du IVe siècle, au centre de la ville close, la Cité, dont on ignore jusqu’à quand il resta en usage ;
- le pont du XIe siècle, dans l’angle nord-ouest de la Cité, resté en usage jusqu’au XVIIIe siècle.
La ville ouverte de Caesarodunum vers 150 : pont 1.La ville ouverte de Caesarodunum vers 150 Chef-lieu des Turons, la ville du IIe siècle couvrait...La ville ouverte de Caesarodunum vers 150
Chef-lieu des Turons, la ville du IIe siècle couvrait une centaine d’hectares, dont une soixantaine densément bâtie. Le principal axe est-ouest (axe A) correspondait à l’accès à l’amphithéâtre situé en limite de la ville. Le centre monumental bordait le principal axe nord-sud (axe B), du pont à des thermes publics en passant par un grand sanctuaire. Le centre civique (forum) devait aussi se trouver à son contact.
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La ville close, la Cité vers 400 : pont 2.La ville close, la Cité vers 400 La ville est enclose dans une enceinte de 9 ha édifiée entre 300 et 350. La...La ville close, la Cité vers 400
La ville est enclose dans une enceinte de 9 ha édifiée entre 300 et 350. La muraille intègre l’ancien amphithéâtre fortifié au IIIe siècle comme porte monumentale. Un nouveau pont, face à la Cité, remplace celui de la ville ouverte. De nouvelles voies sont créées intra muros. Un plan d’urbanisme est ainsi décelable dans la réorganisation urbaine du IVe siècle.
Les autorités civile et religieuses résident intra muros, alors que l’occupation hors les murs demeure mal connue pendant plusieurs siècles.
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La cité de Tours et Châteauneuf vers 1050 : pont 3.La cité de Tours et Châteauneuf La ville double est maintenant une réalité indéniable. Le centre...La cité de Tours et Châteauneuf
La ville double est maintenant une réalité indéniable. Le centre de gravité de la Cité semble s’être déplacé vers l’ouest, avec la construction d’un nouveau pont face à l’angle nord-ouest de l’enceinte, et de la résidence des ducs d’Anjou. Les habitations se densifient au pied des remparts, en direction de Châteauneuf. Une nouvelle bande de terre a été gagnée sur les grèves de la Loire. Les occupations domestiques et artisanales s’étendent en direction du fleuve, au-delà de l’ancien castrum de Saint-Martin. D’anciens édifices chrétiens se transformant en églises avec des cimetières à proximité, les paroisses peuvent se mettre en place.
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Les terrains gagnés sur le fleuve
Le gain dans le lit du fleuve résulte de la volonté des habitants de se rapprocher de la rive pour y exercer leurs activités. Cette avancée a pu être observée sur plusieurs fouilles.
Elle est de 250 m, à l’ouest, sur le site 8 (rue de la Victoire/rue de Chanteloup ; de 150 m seulement, dans le centre, sur le site 16 (square Prosper Mérimée).
Dans l’Antiquité, le site 69 (parking Anatole France) se trouvait dans le lit de la Loire, ce qui signifie que la rive se trouvait alors plus au sud.
Elle est de 250 m, à l’ouest, sur le site 8 (rue de la Victoire/rue de Chanteloup ; de 150 m seulement, dans le centre, sur le site 16 (square Prosper Mérimée).
Dans l’Antiquité, le site 69 (parking Anatole France) se trouvait dans le lit de la Loire, ce qui signifie que la rive se trouvait alors plus au sud.

Modifications du trait de rive du Ier siècle à nos jours.
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Les inondations
Sur la coupe stratigraphique du site 8, on observe, tout en bas, le remblai de sable apporté pour élever le niveau du sol et former une berge. Les habitants avaient gagné de l’espace dans le lit du fleuve, la grève était devenue berge. Un mur (M10), large de 1 m à sa base, de 60 cm dans sa partie supérieure et comportant des rangs de tuiles, marquait la frontière entre le domaine fluvial et le domaine terrestre.
En haut de la coupe, les apports de terre et d’argile correspondent à un remblayage des XVe-XVIe siècles, destiné à mettre le site à l’abri des inondations et des remontées d’humidité.
Entre le Ier et le XVIe siècle, soit en 1 500 ans, le niveau du sol a été rehaussé de plus de 5 m. À notre connaissance, même si l’humidité a constitué une préoccupation dès l’origine, les inondations ne commencèrent à poser de réels problèmes qu’à partir du XIIe siècle, ce dont témoigne la construction des premières digues, appelées localement turcies ou levées. À partir des XIVe-XVe siècles, la création d’un lit endigué ainsi qu’une détérioration climatique rendirent la question cruciale.
En haut de la coupe, les apports de terre et d’argile correspondent à un remblayage des XVe-XVIe siècles, destiné à mettre le site à l’abri des inondations et des remontées d’humidité.
Entre le Ier et le XVIe siècle, soit en 1 500 ans, le niveau du sol a été rehaussé de plus de 5 m. À notre connaissance, même si l’humidité a constitué une préoccupation dès l’origine, les inondations ne commencèrent à poser de réels problèmes qu’à partir du XIIe siècle, ce dont témoigne la construction des premières digues, appelées localement turcies ou levées. À partir des XIVe-XVe siècles, la création d’un lit endigué ainsi qu’une détérioration climatique rendirent la question cruciale.
