optimised3

Métro Ligne C François Verdier

Description

Situé à l'extérieur des anciens remparts, dans le prolongement d'une grande rue romaine orientée est-ouest (decumanus), le site fouillé se trouve à la sortie de l'une des trois portes de la ville antique. Cette zone est connue pour être riche en vestiges, comme l'atteste la fouille voisine (station François-Verdier, ligne B) réalisée par l'Inrap en 2002. Cette première opération avait révélé un vaste cimetière, utilisé du début de l'Antiquité jusqu'au Moyen Âge, avec des pratiques funéraires variées : inhumations et crémations.

La fouille de 2024 n'a pas permis de retrouver le prolongement exact de cette grande rue romaine (decumanus). Cependant, dans la moitié nord du chantier, quelques aménagements largement attribués à l'Antiquité ont été découverts. Un chemin rudimentaire orienté nord-sud, formé de pierres et de fragments de terre cuite, pourrait indiquer une circulation autour de la ville. Une vaste fosse contenant de nombreux fragments de mobilier brûlé (verre, céramique, métal…) témoigne d'un espace de dépotoir lié à des crémations, sûrement en lien avec celles repérées en 2002. Dans la même zone, un petit bâtiment composé de plusieurs pièces a été mis au jour. Son usage reste incertain, mais il pourrait avoir servi d'habitation ou d'entrepôt, en lien avec la proximité supposée du decumanus.

Concernant les sépultures, six tombes ont été découvertes, datant du IIe au IXe siècle. La mieux conservée est une tombe en bâtière (tombe dont le coffre incliné au-dessus et autour du défunt forme un toit) datant des IVe-Ve siècles. La défunte, une femme âgée, avait été enterrée avec un bijou (collier ou bracelet) dont il reste cinq petites perles en or. Le faible nombre de sépultures trouvées sur ce site, comparé à celui de l'opération de 2002, s'explique sans doute par le fait que la fouille actuelle se situe un peu en marge du cœur de l'ancien cimetière, probablement plus au nord ou à l'est.

À proximité de la limite ouest de la fouille, quelques traces du vaste fossé défensif creusé au début du Moyen Âge devant les fortifications héritées de l'Antiquité ont été repérées. De nombreuses fosses-dépotoirs confirment qu'en dépit de sa proximité avec le système défensif, ce secteur abritait aussi des zones d'habitat durant le Moyen Âge. Le mobilier très varié (céramique, faune, verre, métal, mobilier en bois…) mis au jour dans ces fosses-latrines donnent un aperçu de la vie quotidienne des Toulousains pour la période médiévale. Un four de potier (XIIIe siècle ?) témoigne d'une activité artisanale locale. Une cave, associée à différents niveaux de sols et fragments de murs en briques, confirme la présence d'habitations liées à l'extension des faubourgs près des axes routiers majeurs de la cité toulousaine.

La partie sud de la fouille a révélé la présence d'un aqueduc en briques et de son dispositif de franchissement du fossé particulièrement bien conservé (pont sur arches). Cet aqueduc acheminait l'eau des collines de Guilheméry vers la ville. Représenté sur les plans modernes de la ville, il témoigne de la dépendance de la ville par rapport à ses faubourgs.

Une seconde phase de travaux se déroulera au printemps 2026, à l'est de la première zone de fouille, et permettra de préciser plusieurs problématiques : espaces de circulation antiques et occupations associées, extension de l'aire funéraire, développement des bâtis médiévaux…

Résultats

- Dates Phase 1 : Juin 2024 - février 2025
- Dates (prévisionnelles) Phase 2 : Mars à mai 2026