
Four en cours de fouille, Ier siècle.
3e ligne de métro - secteur 10 - Saint-Aubin, Toulouse (Haute-Garonne), 2025. © Didier Paya, Inrap
3e ligne de métro - secteur 10 - Saint-Aubin, Toulouse (Haute-Garonne), 2025. © Didier Paya, Inrap
Description
La fouille occupait une superficie de 127 m², à l'emplacement d'un futur puits d'évacuation de la ligne C du métro toulousain, en cours d'aménagement. L'opération se situait rue Pierre-Paul-Riquet dans le quartier Saint-Aubin. Elle a permis les découvertes d'une rue avec mur et piliers la bordant ainsi que de deux fossés datant de l'époque moderne. Par ailleurs à plus de deux mètres de profondeur sont apparus trois fosses, un four et quatorze tombes antiques.Résultats
Au début de l'AntiquitéLa plus ancienne structure découverte est un four destiné à la cuisson de céramiques (fig. 1). Ce dernier a été en partie détruit, dans sa partie nord, par le creusement d'une tombe durant l'Antiquité tardive. Il s'est auparavant effondré durant la cuisson d'un chargement (fig. 2). Selon P. Marty, céramologue à l'Inrap, les pièces mises au jour, souvent complètes, datent du Ier siècle de notre ère. D'un diamètre interne de 1.35 m, la mise en œuvre est de facture gauloise. Il semble que ce soit le plus ancien four antique découvert dans l'actuelle agglomération toulousaine. La structure était accompagnée d'une fosse de travail dont le comblement contenait un important mobilier céramique (fig. 3).
Pour l'instant, il est difficile de dater précisément la plupart des fosses découvertes. Il semble qu'elles appartiennent majoritairement à cette séquence de la période antique.
L'Antiquité tardive
Les structures les plus nombreuses sont les tombes. La plus ancienne (la sépulture 1) est datable du IIIe ou IVe siècle de notre ère. Le défunt était accompagné d'un balsamaire (fig. 4). Les autres tombes semblent plus tardives. Elles sont organisées selon deux axes presque nord-sud. Ce sont majoritairement des sépultures d'adultes. Aucun vestige de signalisation n'a été découvert. Le bois semble avoir été le matériau principalement utilisé pour l'élaboration des structures funéraires. Dans des fosses pouvant atteindre 2 m de long pour 75 cm de large, des coffrages furent constitués de planches solidarisées par quelques clous et calés par des fragments de briques ou de tegulae. D'autres fois, ce sont des cercueils présentant des clous plus longs et plus nombreux qui ont été déposés dans les fosses sépulcrales (fig. 5). Aucun mobilier n'a été découvert en accompagnement des défunts. Avant une datation par le radiocarbone, nous datons ces tombes, par proximité typologique, du IVe ou du Ve siècle.
Petite anecdote, une tombe semble avoir été victime de pillage. Une fosse a été creusée pour atteindre le crâne d'un défunt qui a été prélevé. La découverte d'une agrafe « à double crochet » dans le comblement de l'excavation peut dater le geste, au plus tôt, de la fin du VIe siècle (fig. 6). La céramique collectée permettra peut-être une meilleure datation. Notons que les structures antiques ont toutes été identifiées à 2,50 m sous le niveau actuel de la rue.
La période moderne
Les découvertes les plus récentes sont constituées des vestiges d'une rue (Fig. 7). Il s'agit d'une portion de l'ancienne rue Pierre-Paul-Riquet avant sa translation vers l'ouest. L'étude du mobilier du remblai qui la soutenait permettra peut-être de dater ce tracé. Nous savons toutefois que cette ancienne version de la rue est présente sur le cadastre de 1830 (fig. 8). La rue fut découverte à encore 80 cm de profondeur. Elle était bordée d'un mur complètement épierré au moment de la fouille. Il était régulièrement relayé par des piliers dont nous avons trouvé les bases de fondations. A l'ouest de la zone fouillée, un fossé moderne semble avoir précédé la construction de la rue. Tardivement, à une époque inconnue, un mur (mur 1) a été installé sur l'axe de l'ancien mur alors que la rue n'existait plus.







