Saint-Pierre-Lentin

Plan de localisation de la fouille.  Saint-Pierre-Lentin, Orléans (Loiret), 1977-1979.  © Hervé Herment, Inrap
Plan de localisation de la fouille. 
Saint-Pierre-Lentin, Orléans (Loiret), 1977-1979. 
© Hervé Herment, Inrap

Description

À la fin des années 1970, près de la place Sainte-Croix, ont été lancés les travaux de construction des nouveaux locaux du Conseil régional et d’un parc de stationnement souterrain. Le quartier, intégré dans la première enceinte de la ville, était archéologiquement sensible. Deux campagnes de fouilles suivies d’une surveillance de travaux ont permis de mettre en évidence un quartier d’habitat du Ier-VIIIe siècle, auquel succède, au IXe siècle, l’église Saint-Pierre-Lentin.

Résultats

Un quartier résidentiel
Les plus anciennes traces d’occupation consistent en bâtiments légers, fosses et niveaux d’occupation attribués au début de l’époque romaine. 
Vers le milieu du Ier siècle de notre ère, le site est remblayé sur une épaisseur de 0,70 m environ pour asseoir de nouvelles constructions. La fin du Ier siècle est ainsi marquée par la mise en place d’un véritable quartier urbanisé intensivement fréquenté. Les fouilles ont mis au jour un bâtiment sur sablière, un hypocauste, un petit égout et une cave. 

Un établissement thermal 
Le quartier continue d’être occupé jusqu’au IVe siècle, mais les niveaux de cette époque ont été en grande partie détruits. Diverses pièces d’un établissement thermal ont été mises au jour, et pas moins de trois autres salles sur hypocaustes sont disséminées sur l’ensemble du site. Elles signent l’existence de maisons confortables dans le quartier.
À la fin de l’Antiquité, la cave est détruite par un violent incendie, tandis que les thermes continuent d’être utilisés. La structuration de l’espace n’a vraisemblablement pas changé jusqu’au VIIIe siècle.

Place à l’église 
À l’époque carolingienne, dans les années 800, le site est arasé et nivelé afin de permettre la construction d’un édifice dédié à saint Pierre. L’église est bâtie selon un plan en T assez allongé couvrant une surface de
317 m2. Les murs sont en moellons de calcaire de Beauce rythmés par des arases (bandes) de briques. 
L’édifice, qui a revêtu une fonction religieuse jusqu’à la Révolution, a connu plusieurs phases d’aménagement (adjonction d’une salle au XIIe siècle, installations de sépultures au XIIIe-XIVe siècle, construction d’un avant-porche au XVe siècle). 
L’ensemble de la parcelle, incorporée dans le quartier du chapitre de la cathédrale, a été le lieu de divers chantiers liés à la restauration des bâtiments du cloître et des édifices de culte. La construction d’une latrine au XVIIe siècle est à rapprocher de l’un de ces chantiers, de même que les vestiges d’un atelier de tailleur de pierres à la même époque. 
L’église, absorbée dans les bâtiments avoisinants après la Révolution, a été arasée en 1967 lors de la réalisation du parking de la cathédrale.

Pascal Joyeux