24 rue Emile-Jamais

Vue du puits en cours de fouille. D'une profondeur de plus de 16 m, il a notamment livré des restes d'insectes, dont un pourcentage notable appartenant à la famille des coléoptères aquatiques, ainsi que deux espèces d'insectes indiquant, dans l'environnement du puits, un grenier et un lieu de stabulation couvert (bergerie, écurie, étable ?).  24 rue Emile-Jamais, Nîmes (Gard), 2014  © Olivier Mignot, Inrap
Vue du puits en cours de fouille. D'une profondeur de plus de 16 m, il a notamment livré des restes d'insectes, dont un pourcentage notable appartenant à la famille des coléoptères aquatiques, ainsi que deux espèces d'insectes indiquant, dans l'environnement du puits, un grenier et un lieu de stabulation couvert (bergerie, écurie, étable ?).
24 rue Emile-Jamais, Nîmes (Gard), 2014
© Olivier Mignot, Inrap

Description

À Nîmes, la construction d'un immeuble entre les rues Émile-Jamais et Mareschal a suscité un diagnostic puis une fouille menée du 5 mai au 25 juillet 2014 sur une surface de 548 m².

Cette opération a permis de retracer, sur plus de deux millénaires, l'évolution d'un secteur situé d'abord en marge de l'agglomération gallo-romaine, avant d'être intégré à la ville antique, puis à la campagne proche du faubourg de la Madeleine.

Résultats

Un vignoble ancien   

Les plus anciens vestiges mis au jour sont des tranchées de plantation de ceps de vigne datées du Ier siècle avant J.-C.

L'urbanisation romaine : maisons et artisanat

À la fin du Ier siècle avant J.-C., ce vignoble est arraché pour installer des locaux d'habitation en partie voués à des fins artisanales ainsi que le révèlent des foyers, des fours et des sédimentations de sol en terre rubéfiée, cendreuses et/ou charbonneuses.

Au Ier siècle après J.-C., deux maisons mitoyennes occupent l'ensemble du terrain. La plus au nord comportait une série de pièces réparties sur trois ailes autour d'une cour jardin agrémentée de bassins.
L'un d'eux recouvre un puits condamné précocement dans le courant du Ier siècle, tandis qu'un second puits, profond de 16 mètres, jouxte un bassin-fontaine. Condamné au IIIe siècle, ce puits a livré des restes organiques, ainsi que divers éléments de vie quotidienne, lampes en terre cuite, tabletterie, objets en métal, vaisselle et amphores.
Les analyses des sédiments ont mis en évidence des insectes et des parasites intestinaux humains et animaux, fournissant de précieuses informations sur l'état sanitaire de la population antique : gestion des déchets, pollution de l'eau, risques infectieux.

Thermes et ateliers

La maison méridionale, au plan similaire, est partiellement réaménagée pour intégrer un espace thermal chauffé par hypocauste. Ce secteur est ensuite transformé en atelier, probablement à vocation métallurgique.

Une lente disparition du bâti

Les traces de fréquentation du secteur entre le IIIe siècle et le bas Moyen Âge sont fort discrètes. L'épierrement des murs se poursuit de façon significative à l'époque moderne, accompagnant probablement la construction du proche faubourg de la Madeleine. À cette période se rattachent des fosses éparses, ainsi que la sépulture de deux sujets disposés tête-bêche dans des cercueils en bois.

La reprise urbaine

C'est à la fin du XVIIIe siècle que la dynamique urbaine reprend véritablement sur le site, annonçant la physionomie actuelle du quartier.