54-56 rue Notre Dame et rue de Beaucaire

Mobilier céramique d'une tombe à crémation (vers 100 avant J.-C.) Il comprend un service en céramique campanienne (coupes, assiettes, bol à anses en boucle), des pots, un couvercle et une coupe en céramique non tournée, des cruches en céramique à pâte claire, un petit gobelet ansé en céramique de la côte catalane et, à l'arrière-plan, un vase en céramique ibérique peinte qui présente un point d'impact réalisé avec un outil pointu, peut-être pour laisser s'écouler un liquide.  54-56 rue Notre Dame et rue de Beaucaire, Nîmes (Gard), 2011   © Valérie Bel, Inrap
Mobilier céramique d'une tombe à crémation (vers 100 avant J.-C.) Il comprend un service en céramique campanienne (coupes, assiettes, bol à anses en boucle), des pots, un couvercle et une coupe en céramique non tournée, des cruches en céramique à pâte claire, un petit gobelet ansé en céramique de la côte catalane et, à l'arrière-plan, un vase en céramique ibérique peinte qui présente un point d'impact réalisé avec un outil pointu, peut-être pour laisser s'écouler un liquide.
54-56 rue Notre Dame et rue de Beaucaire, Nîmes (Gard), 2011
© Valérie Bel, Inrap

Description

Localisée à la jonction de la rue de Beaucaire et de la rue Notre Dame, à 500 m à l'est de l'enceinte antique, la fouille a été réalisée en 2011, sur une surface de 761 m2, en préalable à la construction d'une résidence de logements avec parking souterrain. Elle a livré douze sépultures datées de la fin de l'époque gauloise et de l'époque romaine ainsi que deux puits dont un a livré des fragments de blocs inscrits ou sculptés antiques rejetés dans son comblement à la fin de l'Antiquité ou au début du Moyen Age. Cet espace funéraire a été implanté en bordure de la voie Domitienne qui reliait Nîmes à Beaucaire.

Résultats

Les vestiges de la voie Domitienne

Un ensemble de structures pouvant correspondre au bas-côté de la voie a été repéré le long de la rue de Beaucaire, en limite nord de la fouille. Il s'agit d'un fossé bordier, comblé au plus tôt dans le courant du dernier tiers du Ier siècle avant J.-C., et d'une surface de circulation damée. Un mur en pierres sèches a été construit le long de la paroi sud du fossé.

Une occupation funéraire des IIe et Ier siècle avant J.-C.

Au sein de l'emprise, elle est représentée par au moins quatre tombes à crémation qui se répartissent en deux groupes. A l'ouest, la tombe la plus ancienne (175-125. avant J.-C.) implantée sur le bord de la voie, forme un alignement avec deux autres sépultures datées de manière imprécise (Ier siècle avant ou Ier siècle après J.-C.). A l'est, trois tombes ont été établies entre 5 et 10 m du fossé bordier, entre 150 et 50 avant J.-C.

Les dépôts funéraires sont installés dans des fosses de plan circulaire ou quadrangulaire. Deux d'entre elles sont équipées d'un coffrage de dalles de calcaire ou de bois. C'est le cas de la tombe la plus ancienne qui fournit l'exemplaire de coffrage de dalles le plus précoce connu à Nîmes. Il abrite un vase balustre contenant quelques ossements brûlés du défunt. Dans les autres tombes, les ossements humains dispersés sont accompagnés d'au moins un vase ou de restes fauniques. 

La tombe la plus riche, datée de la fin du IIe siècle. et du début du Ier siècle avant J.-C., comporte quatorze récipients, une monnaie et des offrandes de porc, de bœuf, de mouton/chèvre, de poulet et d'oiseaux, disposées sur le fond de fosse, sur une étagère et sur une couverture en bois. Une tombe datée de la première moitié du Ier siècle avant J.-C. a livré cinq vases en céramique dont un balsamaire.

Le site au Haut-Empire

Le secteur conserve sa vocation funéraire comme l'atteste la découverte d'un dépôt secondaire de crémation et de quatre inhumations en cercueil dont deux se superposent aux restes d'un bûcher en fosse. Ces sépultures sont disposées le long du fossé bordier de la voie, au voisinage des tombes antérieures. 

Une petite série de fosses, un fossé et deux puits retrouvés à distance de la voie, témoignent du développement d'autres activités en marge de l'espace funéraire.

Débris de monuments funéraires rejetés dans un puits

Un des puits a livré de nombreux fragments de décor d'édicules, d'autels, de stèles ou de plaques portant des inscriptions qui témoignent du démantèlement de monuments funéraires à la fin de l'Antiquité ou au haut Moyen Age.

Parmi les pièces les plus remarquables, on distingue une plaque en marbre en réemploi ornée d'une représentation de scène de banquet en moyen relief, ainsi que les vestiges d'un autel portant l'inscription Memoriae Neptuno associée à un trident.