
Vase ossuaire en plomb dans un contenant en pierre, milieu Ier siècle après J.-C.
Une cruche et un gobelet en céramique ont été déposés sur les restes osseux brûlés du défunt (un adulte de sexe indéterminé).
78 avenue Jean-Jaurès, Nîmes (Gard), 2003.
© Valérie Bel, Inrap
Une cruche et un gobelet en céramique ont été déposés sur les restes osseux brûlés du défunt (un adulte de sexe indéterminé).
78 avenue Jean-Jaurès, Nîmes (Gard), 2003.
© Valérie Bel, Inrap
Description
La fouille réalisée en 2003 sur une surface de 240 m2 au 78 avenue Jean-Jaurès fait suite à la découverte de sépultures d'époque romaine dans le cadre d'un diagnostic préalable à la construction d'un immeuble d'habitation. L'étude des vestiges mis au jour a été menée conjointement avec celle de l'enclos funéraire découvert lors d'une fouille conduite en 1996 à proximité, au 59 avenue Jean-Jaurès. Ces recherches ont ainsi permis de caractériser un quartier funéraire du Haut-Empire situé au sud-est de la ville et dont l'existence avait été révélée lors du percement du Cours-Neuf, l'actuelle avenue Jean-Jaurès, à la fin du XIXe s.Résultats
Un espace funéraire structuré par des enclos et des cheminsImplantée dans un environnement de campagne cultivée, cette zone funéraire périurbaine s'organise le long d'un chemin de 4 m de largeur dont le tracé parait avoir été déterminé par un affluent du Vistre appelé cadereau d'Alès-Camplanier. Vers le nord-ouest, cette voie rejoint la branche méridionale de la voie Domitienne qui donne accès à la porte du cadereau, distante d'environ 300 m de la fouille. Initialement constituée d'une grande parcelle, l'aire sépulcrale a été progressivement divisée par des murs, des haies et des bornes. Au nord, une porte s'ouvre sur un chemin de desserte qui rejoint la voie principale vers l'est.
Des parcelles familiales
Au sein de l'emprise étudiée, la fouille a mis au jour 43 structures funéraires datées de la seconde moitié du Ier et du IIe siècle après J.-C. Les enclos ont accueilli conjointement des structures à crémation (bûchers et tombes), majoritaires, et des inhumations, d'adultes et d'enfants. Deux sépultures de chien ont également été retrouvées parmi les tombes humaines. Les tombes étaient signalées en surface par des tertres de pierre, des poteaux ou des dalles dressées.
L'étude anthropologique montre un recrutement de type familial, assez comparable à un profil de mortalité naturelle, avec notamment une proportion importante d'enfants âgés de moins d'un an.
Du bûcher à la tombe
Les bûchers étaient aménagés dans des fosses. L'une d'elle, doté d'un coffrage de dalles, a été utilisée pour au moins deux crémations successives. Les résidus charbonneux conservés dans les bûchers ou déversés dans les tombes ont livré des balsamaires et des lampes ainsi que de nombreux restes de vaisselle de table associés à des offrandes végétales et animales très variées. Brûlés avec le défunt, ils témoignent de l'importance du repas dans le rituel des funérailles.
Les tombes, aménagées dans le bûcher ou dans une fosse distincte, étaient constituées d'un vase ossuaire en céramique, en verre, en plomb, en calcaire ou en albâtre, accompagné de vases pour les libations de liquide ou de parfum et d'objets personnels. L'un des dépôts funéraires les mieux dotés (avec notamment un miroir et une petite lampe sur lampadaire tripode en bronze) était protégé par un coffre monolithe au couvercle fixé par des crampons scellés au plomb.
Des inhumations
Les individus inhumés étaient placés dans des cercueils ou dans des fosses fermées par des couvertures en bois. Rares dans les sépultures d'adultes, les vases (pour les liquides) et surtout les objets étaient en revanche bien représentés dans les tombes des enfants. Les individus décédés au cours de la première année étaient accompagnés de monnaies et de lots d'amulettes de natures variées (perles, dents de bovin ou de requin, petits pendentifs ou figurines en ambre, clochettes en bronze).














