
Mobilier funéraire de la tombe SP1004, 510/450 avant J.-C.
Complément : Le mobilier funéraire de cette tombe se compose d'un ossuaire en céramique grise monochrome, d'un couteau en fer et d'une fibule en bronze.
8 rue de Verdun / rue Henri Revoil, Nîmes (Gard), 2020.
© Antoine Ratsimba, Inrap
Complément : Le mobilier funéraire de cette tombe se compose d'un ossuaire en céramique grise monochrome, d'un couteau en fer et d'une fibule en bronze.
8 rue de Verdun / rue Henri Revoil, Nîmes (Gard), 2020.
© Antoine Ratsimba, Inrap
Description
La fouille archéologique menée 8 rue de Verdun / rue Henri Revoil, en limite ouest du centre-ville actuel de Nîmes, s'inscrit à environ un kilomètre au sud de la source de la Fontaine, berceau de l'agglomération protohistorique. Sur une surface de 1 200 m², Cette intervention archéologique a livré un ensemble de vestiges dont la chronologie s'étale sur 2500 ans, de l'âge du Fer jusqu'aux périodes moderne et contemporaine.La découverte majeure de cette opération est un ensemble funéraire daté entre la fin du VIᵉ et le Ve siècle avant J.-C. Bien conservé, ce gisement a permis des observations inédites sur l'environnement naturel, les pratiques funéraires, l'architecture des tombes et l'organisation sociale de cette communauté ancienne.
Résultats
La nécropole protohistoriqueLa première occupation du site, datée entre 510/475 et 425/400 avant J.-C., correspond à une petite nécropole à incinération. Elle se compose de quatre sépultures réparties dans un ensemble rigoureusement structuré de sept enclos quadrangulaires, de 30 à 69 m² chacun. Tous sont orientés nord-sud et s'organisent autour d'un axe directeur parallèle à un probable chemin qui bordait la nécropole à l'est.
Fait remarquable et inédit, ces enclos sont délimités par des murs en terre massive parfois renforcés par des poteaux de bois. Le plus souvent, une ouverture permet d'accéder dans l'enclos où se trouvent la sépulture. Les restes osseux sont déposés soit dans un vase ossuaire, soit dans la fosse sépulcrale et dans ce cas de figure, ils sont mêlés à d'autres produits de la crémation. Le dépôt des os dans l'ossuaire est complété par une panoplie d'objets métalliques constituée systématiquement par une fibule en bronze et par un couteau en fer.
Les quatre individus identifiés sont des adultes. Trois sont des hommes, le dernier est de sexe indéterminé. En l'absence de femmes et d'enfants, l'hypothèse d'un groupe familial reste incertaine.
Les pratiques funéraires ne manifestent ici aucune ostentation. Le mort est brûlé sans atours et on ne mobilise au cours des funérailles aucun objet de prestige ou de matière précieuse. Autrement dit, l'aspect minimaliste et très sobre de la cérémonie funéraire suppose que ces défunts relèvent d'une catégorie sociale modeste, alors même que ce pôle funéraire s'installe à proximité de l'agglomération gauloise.
Les champs gaulois et romains
Entre la fin du IVe s. et la première moitié du IIIe siècle avant J.-C., les espaces jusqu'alors dédiés aux morts sont probablement dévolus à l'agriculture, comme le laissent supposer les vestiges d'un puits à balancier.
Puis, au cours de la seconde moitié du IIIᵉ siècle, des vignes y sont plantées. Celles-ci sont remplacées par un verger dans le courant du Ier siècle après J.-C. Un chemin est aménagé à la fin du Ier siècle. Il se situe hors les murs, à une centaine de mètres des remparts de la ville antique et de l'une de ses portes, dite « Porte sud du Cadereau », qui est traversée par la Via Domitia. Cet axe de circulation secondaire, situé à proximité et en parallèle de la voie Domitienne, pourrait être lié aux activités agricoles mises en évidence et servir de chemin d'exploitation, et/ou constituer une contre‑allée de la voie principale.
Du Moyen-âge à nos jours
Quelques rares structures et une portion de voirie indiquent une fréquentation des lieux au cours des XIIIe et XIVe siècles et suggèrent fortement une exploitation agricole périurbaine. Trois sépultures à inhumation de l'époque moderne sont ici situées hors d'un cimetière consacré, ce qui amène à penser qu'il pourrait s'agir de tombes de protestants.
Enfin, de nombreux murs correspondent aux fondations de l'aile sud-est des égorgeoirs publics de Nîmes construits entre 1749 et 1753 et rasés en 1960, préalablement à la construction d'un bâtiment occupé par la Poste.



