Cathédrale Notre Dame et Saint Castor – nef et déambulatoire

Vue générale de la façade de la cathédrale Notre-Dame-et-saint-Castor.  Cathédrale Notre Dame et Saint Castor, Nîmes (Gard), 2017/2018   © Marie Rochette, Inrap
Vue générale de la façade de la cathédrale Notre-Dame-et-saint-Castor.
Cathédrale Notre Dame et Saint Castor, Nîmes (Gard), 2017/2018 
© Marie Rochette, Inrap

Description

La cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Castor se situe au cœur du centre-ville médiéval de Nîmes, ceinturé par la ligne de boulevards aménagés sur les fossés de l'ancienne enceinte urbaine. La cathédrale primitive reste mal connue, bien que la communauté chrétienne nîmoise soit attestée dès la seconde moitié du IVᵉ s. L'édifice conservé aujourd'hui est en partie celui du XIᵉ–XIIᵉ siècle, reconstruit à l'initiative de l'évêque Pierre Ermengaud. Il a cependant fait l'objet de nombreuses réfections et reconstructions dès la fin du Moyen Âge, puis au cours des périodes moderne et contemporaine.

Les travaux d'installation d'un système de chauffage et d'un nouveau dallage, menés en 2017-2018, ont permis aux archéologues de l'Inrap de suivre le décapage de la nef, d'une partie des déambulatoires ainsi que d'une bande de terrain située sur le parvis. Le mode opératoire reposait sur l'enregistrement progressif de toutes les observations archéologiques à mesure de l'avancement du chantier. Cinq sondages ont également été réalisés. Bien que contrainte et limitée, la fouille a livré des éléments nouveaux sur l'histoire et l'évolution de la cathédrale, édifice majeur de la ville.

Résultats

Des vestiges antérieurs à la reconstruction romane

Le sondage le plus profond, situé au sud de la nef, a permis d'atteindre le sommet d'une couche de terre charbonneuse contenant de nombreux restes de démolition et de petits objets. La datation du mobilier céramique indique une formation à la fin de l'Antiquité, vraisemblablement au cours des IVᵉ et Vᵉ siècle Un bloc de corniche monumental y a été découvert. Partiellement dégagé, il n'a livré que des dimensions incomplètes, ainsi que l'observation du lit d'attente et de la face de parement, dont la mouluration complexe est conservée. Cette corniche pourrait avoir été réalisée à l'époque médio-augustéenne pour orner un scaenae frons.

L'occupation du quartier dans l'Antiquité tardive, déjà attestée lors des fouilles de la place aux Herbes et de la place du Chapitre, est confirmée ici par plusieurs sols successifs. L'un d'eux, constitué d'un dallage de calcaire très usé, ne permet pas, en raison de la surface réduite observée, de déterminer s'il appartenait à un espace extérieur ou à l'intérieur d'un bâtiment. Un second dallage pourrait être attribué, au vu des indices stratigraphiques, à l'époque carolingienne ; il témoignerait alors d'une campagne de travaux menée sur l'édifice à cette période.

La nef romane

Pour la période romane, l'ensemble des sondages permet d'affiner le plan de la cathédrale après sa reconstruction vers la fin du XIᵉ siècle. Jusqu'ici, seuls la façade occidentale et le clocher nord-ouest étaient bien connus. Les nouvelles observations précisent désormais l'organisation de la nef : longue d'au moins 37 m, elle était composée de trois vaisseaux. Le vaisseau central, large de 8 m, était flanqué au nord et au sud de bas-côtés deux fois moins larges (4,50 m). La séparation entre les vaisseaux devait être assurée par des piliers ou des colonnes, peut-être comparables aux colonnes engagées conservées dans la première travée occidentale. En sous-sol, ces supports reposaient sur des fondations filantes en grands blocs, dont certains manifestement en remploi.

Des indices de travaux d'embellissement à la fin du Moyen Âge

Les travaux ayant pu modifier l'édifice à la fin du Moyen Âge demeurent mal connus. La fouille n'a livré que quelques indices ténus signalant des chantiers d'embellissement, notamment trois fragments de réseaux de remplage gothique découverts en position secondaire dans des maçonneries ou remblais des périodes moderne ou contemporaine.

Les chantiers modernes et contemporains

Le début de l'époque moderne, autour du XVIIᵉ s., est marqué par deux reconstructions successives. L'édifice est connu grâce à des relevés et au récit de l'évêque Esprit Fléchier. In situ, il est identifié par d'épaises couches de destruction puis de reconstruction, observées dans toute la nef, ainsi que par la réfection du mur gouttereau sud. À cette époque, un jubé semble également avoir été aménagé entre le chœur et la nef.

Au XVIIIᵉ siècle, de nouveaux travaux concernent le chœur et l'extérieur du bâtiment au sud-ouest. Sur le parvis, deux murs témoignent de l'aménagement d'une cour d'honneur, accessible depuis la place aux Herbes et délimitée à l'est par la chapelle de l'évêque récemment édifiée et au sud par le palais épiscopal.

Au XIXᵉ siècle, d'importants travaux sont de nouveau entrepris : ils conduisent à la reconstruction du chœur et au rhabillage de la nef dans un style néo-roman. Les supports des échafaudages, masqués jusque-là par le dallage retiré lors des travaux récents, en sont les témoins directs.