
Lampe à huile fabriquée dans les années 70/120 après J.-C. et trouvée dans un puits antique. Le médaillon est décoré d'un amour tenant une corbeille haute, le bras droit levé vers un arbre pour cueillir des fruits.
12-14 rue Léopold Morice, 24 avenue Georges Pompidou à Nîmes (Gard), 2015.
© Bertrand Houix, Inrap
12-14 rue Léopold Morice, 24 avenue Georges Pompidou à Nîmes (Gard), 2015.
© Bertrand Houix, Inrap
Description
À Nîmes, la construction d'un immeuble à l'angle de l'avenue Pompidou et de la rue Morice a permis d'explorer une surface de 500 m², dans la continuité d'une précédente fouille réalisée en 1998 (résidence le Florian). Du point de vue du cadre naturel, on se trouve en rive gauche du Cadereau d'Alès, cours d'eau temporaire dont le lit est depuis 1959 recouvert par l'avenue Pompidou. En fonction de l'évolution des limites de la ville à travers le temps, on se situe d'abord dans une zone de la proche campagne de l'agglomération gauloise, puis à l'intérieur du rempart d'époque romaine. Dès la fin de l'Antiquité, on se retrouve dans la proche campagne, la ville médiévale se situant à 700 m à l'est.Résultats
Dans l'AntiquitéAux IIe/Ier siècles avant J.-C., le secteur est occupé par un vignoble assez important dont les fouilles ont révélé les traces de plantation.
Vers 30/20 avant J.-C., un large chemin est aménagé le long du Cadereau, recouvrant en partie les cultures.
Dans les décennies suivantes, la proche campagne au sud de l'agglomération préromaine est progressivement transformée en un vaste quartier urbain, en parallèle à l'édification du rempart romain. Les vestiges révélés par les fouilles de 1998 et de 2015 peuvent être restitués au sein d'un îlot qui s'étendrait entre une portion intra muros de la voie Domitienne à l'est, deux rues dotées de collecteurs au nord et au sud et le Cadereau à l'ouest.
Dans cet îlot, les constructions mises au jour, séparées par d'étroits passages d'échelle et/ou par des murs de mitoyenneté, sont pour la plupart des habitations. Elles disposent de canalisations destinées à mieux réguler les eaux indésirables. Toutefois, l'un des bâtiments pourrait avoir abrité un atelier de potier ; un autre comporte sans doute une salle destinée à la vinification. Plusieurs puits antiques ont été repérés et l'un d'eux, profond de 9 m, a livré toute une série d'objets de la vie quotidienne mis au rebut (vaisselle en bronze, en terre cuite et en verre, monnaies, amphore, etc.), mais très peu de restes organiques.
Le quartier est abandonné dès la seconde moitié du IIIe siècle et devient une friche.
De la fin de l'Antiquité au XVIIe siècle
Pour cette période, on demeure à l'intérieur de l'enceinte romaine qui sert de limite fiscale à la ville jusqu'à l'époque moderne. La ville se restreint cependant à l'est dans le secteur des Arènes et de la Maison Carrée. Cela dit, la proximité d'une voie importante et d'une porte monumentale du rempart romain (la Porta Hispaniae) rendait une désertion totale peu probable même si les traces d'occupation sont pour le moins ténues. Un ensemble de silos datés de l'Antiquité tardive jusqu'aux Xe/XIe siècle suggèrent l'existence d'une aire d'ensilage située à très faible distance du Cadereau et non loin du castrum et du moulin de la Porta Hispaniae cités dans les archives du Xe siècle.
Enfin, trois inhumations sont datées des XVIe/XVIIe siècle et attribuées à des sujets de confession protestante. En effet, cette période est comprise entre la révocation de l'Édit de Nantes (1685), qui prive les protestants de tous leurs droits notamment du droit à une sépulture, et l'acquisition des parcelles pour le cimetière protestant à Nîmes, peu avant l'Édit de Tolérance (1787) et la Révolution française qui accorde à tous la liberté de conscience. L'un des corps a été recouvert d'une couche de chaux avant la fermeture de la fosse. La couche de chaux qui recouvre le squelette forme un niveau pulvérulent de couleur blanche en amas compacts. Certains conservent la trace d'une trame que semble avoir imprimé un tissu (vêtement ou linceul ?).
Témoignage discret des pratiques funéraires d'une communauté alors persécutée.

