
« Fontaine des Bénédictins », mosaïque de Léda séduite par Jupiter métamorphosé en cygne, collection Musée de la Romanité.
Fontaine des Bénédictins, Nîmes (Gard), 1982
© Bertrand Houix, Inrap
Fontaine des Bénédictins, Nîmes (Gard), 1982
© Bertrand Houix, Inrap
Description
Le projet immobilier « Fontaine des Bénédictins », à l'angle des rues des Bénédictins et Pasteur, a été précédé d'une fouille de « sauvetage programmé » réalisée durant l'été 1982 sous la responsabilité de Pierre Garmy qui dirigeait alors le Musée archéologique de Nîmes. L'immeuble neuf étant fondé sur un niveau de garages souterrains, cette dernière partie de l'opération entraînait un terrassement profond jusqu'au substrat géologique sur une surface approximative de 550 m². Les deux tiers de cette zone étant détruits par des excavations récentes, la fouille n'a concerné en définitive qu'environ 180 m².Résultats
Surmontant des traces de fréquentation préhistorique du site, au contact du substrat géologique, des vestiges d'une phase d'occupation protohistorique, marquée par la présence de quelques structures construites et divers niveaux, ont été individualisés.De nombreux fragments de céramique de la fin du VIᵉ et du début du IVᵉ siècle avant J.-C., recueillis au niveau du sol naturel, attestent d'une occupation agraire dotée d'un bâti léger et peu dense, probablement sous forme de champs aménagés en terrasses à l'intérieur de l'enceinte préromaine.
Au cours des IIe/Ier siècle av. J.-C., quatre tronçons de murs, des vestiges de sols en terre battue et de sols en dalles ainsi que des mobiliers, traduisent le développement de l'habitat, au détriment de zones anciennement cultivées. On ne peut cependant définir exactement la densité et la nature de cette première occupation bâtie, qui est détruite au plus tard entre 30 et 70 après J.-C. lorsqu'une maison est édifiée.
Cette domus, qui occupait une surface estimée à près de 600 m², semble caractéristique d'une classe moyenne de citoyen nîmois et adopte par son architecture et son décor les modèles diffusés par Rome. Les pièces d'habitation étaient réparties sur les côtés nord et ouest d'une cour à péristyle et bassin fontaine.
La domus a été abandonnée dans son ordonnance originelle dès la fin du IIIe siècle, mais a pu être encore occupée au IVe siècle. Par la suite, de nombreuses fosses qui ont fortement détérioré les vestiges de la domus, ont servi de silos et sont datées du haut Moyen Âge.


