Les Hespérides

Sol de terre battue et plaques d'argile ayant servi de foyers, mis au jour au bas des murs d'époque romaine.  Les Hespérides, Nîmes (Gard), 1986  © Hervé Pomarèdes, Inrap
Sol de terre battue et plaques d'argile ayant servi de foyers, mis au jour au bas des murs d'époque romaine.
Les Hespérides, Nîmes (Gard), 1986
© Hervé Pomarèdes, Inrap

Description

En 1986, la construction d'un immeuble au nord de la rue des Bénédictins a entraîné une fouille sur 400 m², menée dans un délai très court qui n'a pas permis d'explorer l'ensemble de l'emprise du projet (1 100 m²).

Résultats

Les premières traces d'occupation

La parcelle fouillée est située à 300 m à l'est de la source de la Fontaine et sur les pentes du Mont Cavalier, où se dresse la Tour magne. Le site se situe dans l'un des vallons qui drainent la colline, utilisé comme axe de circulation avant l'époque romaine.
Le secteur est habité dès la fin du VIe siècle ou la première moitié du Ve siècle avant J.-C., comme en témoignent un sol de terre battue, trois plaques quadrangulaires en argile ayant servi de foyers et décorées d'incisions. 

Rues et maisons du Ier siècle après J.-C.

D'autres vestiges ont été rattachés aux IIe et Ier siècle avant J.-C., mais la plupart datent du Ier siècle après J.-C. et s'organisent de part et d'autre de deux tronçons de rues qui préexistent. La principale a une largeur de 4,50 à 5,10 m et suit l'axe du vallon. Elles sont pavées de moellons quadrangulaires, soigneusement disposés de manière à former une chaussée très stable ; plusieurs traces d'ornières bien visibles témoignent du passage des charrois. Vers le haut, la chaussée est accostée de deux trottoirs.

Des caniveaux viennent se déverser dans ces rues qui servent ainsi à collecter les eaux indésirables provenant des bâtiments riverains. Ces derniers, d'apparence modeste, sont qualifiés de « maisons-blocs ». Contrastant avec les maisons "à la romaine”, ces édifices présentent des plans simples et utilitaires, couvrant moins de 250 m², avec des sols en terre ou en béton de cailloutis calcaires et de mortier de chaux ; certaines cloisons en terre portent néanmoins des peintures murales. En raison de la pente, le terrain a été structuré en terrasse et certaines habitations disposaient de toits terrasses ou de pièces à l'étage accessibles par des escaliers à échelle de meunier. Les fouilleurs ont supposé qu'il s'agissait d'habitations d'une frange modeste de la population et qui ont été occupées jusqu'au IIe siècle après J.-C. 

Au-delà du IIe siècle

Le secteur, dévolu au pacage et aux cultures, accueille à l'époque moderne, une quinzaine de tombes disséminées. Les défunts, adultes et enfants, dont on ignore s'ils appartenaient à une même famille, ont été inhumés sur le dos, parfois dans des linceuls (attestés par des épingles en bronze), et dans des cercueils de bois dont subsistent clous et restes de planches. Ils ont sans doute été enterrés clandestinement après la révocation de l'édit de Nantes, en 1685, qui privait les Protestants du droit d'avoir leurs propres cimetières.