Localisation des sites de la ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux

La Genestière

Vue d'un bâtiment antique lors de sa découverte.  La Genestière, Colombiers (Vienne), 2013.   © Inrap
Vue d'un bâtiment antique lors de sa découverte.
La Genestière, Colombiers (Vienne), 2013. 
© Inrap

Description

Découvert depuis 1991 par des prospections aériennes, le site de la Genestière, à Colombiers, est composé de plusieurs bâtiments quadrangulaires intégrés dans un système plus vaste d'enclos ou de parcellaire. Les diagnostics réalisés en 2011 et en 2013 sur la ligne à grande vitesse ou sur des zones annexes ont permis de confirmer la richesse du site, d'estimer son étendue et de proposer une caractérisation chronologique et fonctionnelle.

Résultats

L'occupation du Second âge du Fer

Découverte dans le cadre du diagnostic réalisé en 2013, une vaste occupation de la fin du Second âge du Fer s'étire sur plusieurs centaines de mètres, sur la frange est de l'emprise des travaux. Au sud, les fossés mis au jour dessinent un probable enclos quadrangulaire, dont on ne connait que l'angle sud-ouest. De part et d'autre de l'enclos, dont ils sont distants de 80 m, deux fossés ont été identifiés dans plusieurs tranchées. Le mobilier recueilli, tant dans ces fossés que dans l'enclos, est homogène et peut être daté de la fin du Second âge du Fer, entre la seconde moitié du IIe et la première moitié du Ier siècle avant notre ère.

Environ 150 m plus au nord, un petit enclos carré de 12 m de côté est bordé par de nouveaux fossés. Bien que ténus, quelques éléments céramiques permettent également de rattacher l'ensemble à la fin du Second âge du Fer. Enfin, quelques indices, présents sous les vestiges antiques au nord, témoignent de l'étendue de l'occupation gauloise, sur un peu plus de 400 m.

Les bâtiments antiques

Les photographies aériennes et les tranchées de diagnostics réalisées en 2011 et en 2013 ont permis d'identifier de nombreux bâtiments de plans rectangulaires, intégrés dans un parcellaire, sur une surface de plus de 5 hectares. Les bâtiments semblent avoir fonctionné dans le courant des Ier et IIe siècles de notre ère, et quelques indices témoignent d'une occupation antérieure. Le mobilier est présent, mais peu abondant. Malgré un faible recouvrement des vestiges et une activité agricole soutenue, quelques niveaux d'occupation associés aux bâtiments sont conservés. Une épaisse couche de démolition témoigne de la présence d'un hypocauste. Même s'il n'a pas été mis au jour de balnéaire in situ, la présence d'éléments provenant d'une pièce aux parois chauffées et de fragments de tuileaux atteste en effet l'existence, à proximité immédiate, d'une pièce chauffée.

Situé 1 km au nord de la Genestière, le domaine rural des Champs de la Grenouille, qui prend naissance dans le courant du Ier siècle de notre ère, semble désaffecté au IIe siècle, au moment même où l'établissement de la Genestière est occupé. Les Champs de la Grenouille sont ensuite réinvestis à partir de la fin du IIIe siècle, par la construction de plusieurs bâtiments, dont un petit balnéaire. Or, à ce moment, le site de la Genestière ne semble plus fréquenté.