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Le Perrou 2

Vue du chantier en cours de fouille.  Le mobilier est en cours de prélèvement.  Le Perrou 2, Maillé (Indre-et-Loire), 2012.  © Jean-François Chopin, Inrap
Vue du chantier en cours de fouille.
Le mobilier est en cours de prélèvement.
Le Perrou 2, Maillé (Indre-et-Loire), 2012.
© Jean-François Chopin, Inrap

Description

La fouille du Perrou 2, à Maillé, a permis de mettre en évidence, sur une surface de 1 500 m², une occupation qui s'étend du Néolithique moyen au Moyen Âge. Dans cet espace, peu de structures ont toutefois été relevées. Antiques ou médiévales, elles ne forment pas d'ensembles cohérents. L'essentiel des découvertes effectuées au Perrou 2 est donc constitué de mobiliers.

Résultats

Les occupations du Néolithique

La période du Néolithique est surtout représentée par des vestiges mobiliers lithiques et céramiques. Ces objets lithiques correspondent à plusieurs lames, des grattoirs, des armatures, des scies à encoches, des haches polies, associés à un grand nombre d'éclats. Ils ont été presque uniquement façonnés à partir de silex provenant d'ateliers de la région du Grand-Pressigny. Le mobilier céramique, très fragmenté, correspond à des récipients liés à des usages culinaires ou de cuisson.

L'ensemble du mobilier témoigne d'occupations à caractère domestique datées du Néolithique moyen au Néolithique final, mais une seule fosse et trois petites zones où sont concentrés les mobiliers sont les seuls vestiges de l'installation de ces habitats.

Épée et céramiques de l'âge du Bronze


Dans la partie ouest de la fouille, un objet en bronze a été découvert lors du décapage, pointe vers le haut. Il s'agit d'une pointe d'épée, ou de poignard, de l'âge du Bronze moyen, dont la lame est décorée de fins filets incisés. La position de la pointe suggère que l'objet a été volontairement déposé, après avoir été brisé intentionnellement.

La période la mieux représentée sur la fouille du Perrou 2 est sans conteste la fin de l'âge du Bronze, fin XIe – courant IXe siècle avant notre ère. Mais les phases précédentes de l'âge du Bronze sont également attestées par la présence de mobiliers plus ou moins abondants et qui témoignent que le site a été occupé, ou fréquenté, presque en continu depuis le Néolithique. Ces indices, très ponctuels, sont à rattacher à des occupations qui dépassent largement le cadre de l'emprise de la fouille. Car, en réalité, c'est toute la plaine, presque jusqu'aux rives de la Vienne, qui est occupée depuis le Néolithique jusqu'à l'âge du Fer, voire aux périodes postérieures.

Des vestiges historiques


Ces occupations historiques concernent diverses périodes, allant de l'Antiquité à l'Époque moderne. Elles sont représentées par quelques trous de poteau, des fosses et des fossés dont la répartition spatiale ne permet pas de restituer des plans d'occupations cohérents. Aucun plan de bâtiment, ni aucune structuration de l'espace n'a pu être restitué. Les mobiliers recueillis sont rares pour ces périodes, mais ils peuvent être rattachés à des contextes d'occupations domestiques dont la rusticité est à souligner (absence totale de décors notamment). Il est possible que ces aménagements, en particulier ceux du haut Moyen Âge, soient liés à une occupation domestique rurale plus conséquente qui serait située à proximité de l'emprise de la fouille. En effet, s'il est peu probable que les vestiges mobiliers historiques mis au jour représentent les témoins d'habitats implantés dans les limites mêmes de l'emprise, la présence de vestiges structurés suggère toutefois la proximité de ces habitats.

Des résultats modestes mais non négligeables


Les résultats de la fouille offrent des éléments trop fragmentaires pour permettre une compréhension objective des phases d'occupation. Malgré tout, ils constituent des données nouvelles dans ce secteur de la vallée de la Vienne. En dépit de leurs faibles caractérisations, ces données témoignent de la présence d'occupations humaines particulièrement récurrentes, vraisemblablement en annexe d'installations proches, du moins pour les périodes historiques. Enfin, il faut surtout souligner que les vestiges mobiliers céramiques et surtout lithiques du Néolithique constituent des séries indéniablement exceptionnelles.