Pavillon Daviel

La façade nord du pavillon Daviel. © Revue Marseille
La façade nord du pavillon Daviel. © Revue Marseille

Description


Du palais communal médiéval…
Dès 1225, la commune de Marseille se dote, à l’emplacement de l’actuel pavillon Daviel, d’un palais communal, lieu de réunion et de représentation du nouveau pouvoir. En cela, elle imite les cités italiennes dont sont originaires les podestats (magistrats qui détiennent les pouvoirs exécutifs et judiciaires). Le palais passe ensuite sous le contrôle de Charles Ier d’Anjou en 1257. Aux XIVe et XVe siècles, le bâtiment abrite la prison, puis le tribunal.

On sait peu de choses sur ce premier palais, modeste au regard de ce que l’on pouvait attendre du siège d’un tribunal. À tel point qu’en 1545, le lieutenant sénéchal, qui exerce la justice royale, condamne la ville à construire un autre bâtiment à ses frais. Ce nouveau palais devait avoir une architecture originale puisqu’en 1649, un voyageur étranger le décrit comme l’un des édifices les plus importants et les plus curieux de Marseille. Il est toutefois détruit après moins de deux siècles d’existence, jugé à son tour trop petit pour loger l’administration judiciaire. La municipalité acquiert un terrain mitoyen afin de pouvoir en doubler la surface.

… au tribunal du siècle des Lumières
Entre 1743 et 1747 est alors édifié le nouveau palais de justice, dont les travaux sont confiés à deux architectes marseillais, les frères Gérard. Construite en pierre de la Couronne, un village des Bouches-du-Rhône, la façade est ornée de pilastres à chapiteaux doriques. L’avant-corps possède un large balcon de ferronnerie aux motifs dits « à la marguerite » ; il est couronné d’un fronton dû au sculpteur marseillais Jean-Michel Verdiguier et décoré d’une allégorie en haut-relief.

L’édifice actuel porte le nom de Jacques Daviel, chirurgien venu à Marseille lors de la peste de 1720 et premier médecin à avoir réussi une opération de la cataracte. Il a été affecté pendant cent trente ans aux tribunaux marseillais (notamment le tribunal révolutionnaire en 1793-1794), jusqu’à la construction du nouveau palais de justice, cours Pierre Puget. Il a ensuite hébergé des activités très diverses : l’école de médecine (de 1875 à 1893), la recette municipale… Il est actuellement relié par le sous-sol aux pavillons Bargemon et à l’espace Bargemon, et abrite des bureaux de la Ville de Marseille.