Rue de la Cathédrale, îlot 55 N

Vestige de la domus urbaine. Elle se situe de façon certaine dans un cadre résidentiel, mais, le plan des bâtiments étant très incomplet, il est difficile de définir la vocation des pièces. © M. Moliner, SAM
Vestige de la domus urbaine. Elle se situe de façon certaine dans un cadre résidentiel, mais, le plan des bâtiments étant très incomplet, il est difficile de définir la vocation des pièces. © M. Moliner, SAM

Description

Le site se trouve à proximité immédiate de la place de Lenche dans le quartier du Panier, dans la partie septentrionale de la butte Saint-Laurent. La fouille a concerné une surface de 370 m2 sur une épaisseur comprise entre 0,80 m et 1,50 m. Elle a mis en évidence l’évolution de la zone depuis le tout début du VIe siècle avant notre ère jusqu’à la destruction de l’îlot en 1986.

Résultats


L’Antiquité grecque (VIe-IIe siècles avant notre ère)
Entre 600 et 580 avant notre ère, la première occupation du site se matérialise par la présence d’un puits et d’un habitat dispersé. Celui-ci est constitué de deux constructions légères (6,70 m x 5 m) à poteaux porteurs. La présence d’un foyer d’argile rubéfié de 2 m2 et de scories métalliques pourrait indiquer l’existence d’une activité artisanale.

Pour la période 580-560 avant notre ère, des constructions quadrangulaires en pierre ont été identifiées, ainsi qu’un bâtiment comprenant deux pièces au centre de la fouille. L’ensemble, un rectangle de 10,25 m de long sur 6,75 m de large, correspond peut-être à l’aménagement d’une salle de banquet.

Vers -540, l’espace est totalement restructuré. On observe la construction de deux murs de terrasses. Larges de 0,80 m à 1,50 m, ils sont distants de 7 m environ l’un de l’autre.

Entre -510 et -480, trois petites pièces sont construites le long des murs de terrasses. L’une d’elles abritait un foyer aménagé à l’aide de briques crues.

Entre 400 et 350, une nouvelle construction voit le jour au sud-ouest de la fouille. Aux alentours de 175-140, la présence de murs et de sols de mortier (opus signinum) témoignent de l’installation d’un bâtiment (maison ?) dans la partie inférieure du chantier.

L’Antiquité romaine (du Ier siècle avant notre ère à la fin du IVe siècle de notre ère)
Les archéologues ont découvert des chenaux et des fosses datés de la période s’étendant d’Auguste à Tibère (soit de 14 avant notre ère à 37 de notre ère).

Une maison urbaine (domus) est construite dans la partie basse du site durant la seconde moitié du Ier siècle de notre ère. Les traces d’au moins deux pièces sont conservées avec un sol en béton et une petite cuve (1,65 x 2,20 m), pourvue d’un dispositif d’étanchéité (solin) et d’un déversoir.

L’Antiquité tardive (de la fin du IVe siècle au VIIe siècle)
L’occupation du site se poursuit entre la fin du IVe et la première moitié du Ve siècle. La domus est réutilisée, le puits grec est rénové.

À partir de 450, le puits est comblé et la maison abandonnée. L’habitat est restructuré. De nouveaux espaces, attestés par des murs nouvellement batis, sont créés entre le VIe et le VIIe siècle.

La période médiévale (XIIe-XIVe siècles)
Le Moyen Âge se distingue des autres périodes par l’absence de vestiges immobiliers. Les archéologues ont cependant observé le comblement d’un puits, qui a livré un abondant matériel daté de la seconde moitié du XIIIe siècle. De grandes fosses imbriquées les unes dans les autres prouvent qu’une opération d’arasement a eu lieu et que des matériaux ont été récupérés.

L’époque moderne et contemporaine (XVe-XXe siècles)
Entre le XVIe et le XVIIe siècle, le quartier moderne se met en place : création de nouveaux murs, aménagement ou comblement de caves, creusement de puits… Autant d’éléments qui témoignent de la vitalité de l’urbanisme ancien à Marseille.