Nouvelle Major

Ces fragments correspondent à la bordure de la mosaïque paléochrétienne matérialisant la limite des niches d'angle.  Extrait de La Major et le premier baptistère de Marseille, F. Roustan, 1905. © DR
Ces fragments correspondent à la bordure de la mosaïque paléochrétienne matérialisant la limite des niches d'angle.
Extrait de La Major et le premier baptistère de Marseille, F. Roustan, 1905. © DR

Description

Au nord-ouest de la ville antique, en lisière du rempart, à l’emplacement de la cathédrale de la Nouvelle Major et de l'ancienne Vieille Major romane, des traces de constructions romaines et des vestiges se rattachant au groupe épiscopal paléochrétien de Marseille ont été mis au jour. L’ensemble de ces données a été publié en 1905 par l’architecte des monuments historiques du Var François Roustan. Dans son ouvrage intitulé La Major et le premier baptistère de Marseille, il réunit l’ensemble des informations recueillies depuis le XVIIe siècle en les complétant par ses observations personnelles. Des fouilles récentes ont également contribué à une meilleure connaissance du site.

Résultats


Historique des découvertes
Dès le XVIIe siècle, des vestiges sont signalés dans le jardin de la maison du Prévot. Un historien marseillais pense alors qu’il s’agit des restes d’un temple de Diane ; au XVIIIe siècle, un autre estime à juste titre que ce sont ceux d’un baptistère. Encore visibles dans la cour de la Prévôté au milieu du XIXe siècle, ces vestiges sont détruits – en même temps que deux travées de la cathédrale romane et des bâtiments annexes – lors de la construction de la nouvelle cathédrale de la Major, entre les années 1852 et 1855.

Avant que ces travaux ne soient entrepris, un sondage a dévoile l’angle nord-est du baptistère, la piscine et un reste de pavement en opus sectile (sol formé à partir d’un assemblage de plaquettes). En 1854, les fouilles reprennent sous la direction de l’architecte Léon Vaudoyer, chargé de réaliser la nouvelle cathédrale, alors que la destruction des bâtiments annexes avait déjà commencé (au moins à partir de 1852). Vaudoyer fait complètement dégager le baptistère avec ses mosaïques et les vestiges de bâtiments voisins. Des relevés minutieux sont effectués (ils seront complétés en 1905). Puis l’essentiel du baptistère disparaît sous la nouvelle cathédrale, livrée au culte en 1893.

De nouvelles observations interviennent, des années 1990 jusqu’en 2008, grâce à des fouilles de sauvetages réalisées à l’intérieur ou à l’extérieur de la Vieille Major, notamment lors du creusement du tunnel de la Major.

Les vestiges de la période romaine
De nombreux éléments architecturaux romains, utilisés en remploi dans le baptistère et découverts aux alentours (bases ou fûts de colonnes, chapiteaux, fragments sculptés, murs, mosaïques…) soulignent la présence d’un monument romain proche, dont on ignore la localisation et la destination exacte.

À environ 15 m au nord-est du baptistère paléochrétien, des mosaïques romaines entourées « de vestiges de murs, reste de constructions annexes » ont été mises au jour en 1854. Elles sont constituées de tesselles noires et blanches de 1 cm de côté, formant des motifs géométriques, et ont été attribuées au IIe ou du début du IIIe siècle. À noter que, parmi les nombreux fragments lapidaires retrouvés, des morceaux de chapiteau ont été datés de la même époque.

Le baptistère Saint-Jean
Avant sa destruction et son enfouissement sous la nouvelle cathédrale, le baptistère avait été entièrement dégagé au milieu du XIXe siècle. Il s’agit de l’un des plus grands baptistères que l’on connaisse dans le monde chrétien. De plan carré (25 m de côté à l’extérieur), cet édifice exceptionnel occupait une surface au sol de plus de 600 m2.

Les éléments objectifs pour sa datation précise font défaut, mais il remonte sans doute au Ve siècle. Cette datation semble confirmée par la fouille menée en 2008 sur l’esplanade de la Major, qui a livré un sol mosaïqué daté de la première moitié du Ve siècle, similaire à celui du groupe épiscopal voisin.

La cathédrale primitive
Des vestiges attribuables à l’ecclesia (église en latin) primitive ont été mis au jour sous la prévôté (fouille de 1854) et sous la cathédrale romane (fouille de la Vieille Major en 1994). Les deux opérations ont révélé de nombreux fragments de mosaïques au répertoire chromatique varié appartenant à un même ensemble.

Sépultures à inhumation
Le groupe épiscopal de Marseille a accueilli des sépultures à inhumations. Sur les dessins de F. Roustan, quinze tombes en pierre du cap Couronne figurent à une dizaine de mètres au droit de l’angle sud-ouest de la Vieille Major (donc de l’emprise de l’ecclesia).

Les traces d’un édifice antérieur à la cathédrale du XIIe siècle ?
Au milieu du XIXe siècle, de nombreux fragments sculptés ont été découverts aux alentours du baptistère. Certains d’entre eux sont datés du haut Moyen Âge, plus précisément de l’époque carolingienne (VIIIe-Xe siècles). Il s’agit là de précieux indices attestant que le décor du groupe épiscopal a connu d’incessants remaniements, voire même que l’église primitive et ses annexes ont partiellement ou totalement été reconstruites avant l’époque romane (XIIe siècle).