Place du Refuge

Vestiges hellénistiques et romains. © Ville de Marseille, SAM
Vestiges hellénistiques et romains. © Ville de Marseille, SAM

Description

La fouille est intervenue dans le quartier du Panier, à l’emplacement de l’actuelle place du Refuge, entre la traverse Baussenque, les rues des Repenties, du Refuge, et l’ancien îlot 9.

Le site est implanté sur le versant occidental de la butte des Moulins, sur un terrain en forte déclivité vers le nord et vers l’ouest.

La zone fouillée avait une surface de 570 m2 et l’épaisseur de dépôt archéologique était comprise entre 0,30 m et 1,40 m.

L’opération a mis en évidence l’évolution continue du bâti entre 600-550 avant notre ère et la démolition de l’ancien couvent de l’Entrepôt, en juillet 1976.

Résultats


L’Antiquité grecque (VIe-IIe siècles avant notre ère)
L’occupation la plus ancienne commence vers 600-550 avant notre ère. Elle est notamment marquée par des trous de poteaux, une cloison en brique crue, un sol en argile jaune, des fosses et une plaque de foyer. Ces structures indiquent l’ancienne présence d’un habitat léger et peu dense, qui a disparu.

La découverte d’un mur en pierre, d’une rigole et de remblais homogènes, datés entre 525 et 480 avant notre ère, prouve que l’occupation du secteur s’est poursuivie au cours de cette période.

Des remblais homogènes, aménagés vers 450-400 avant notre ère et conservés dans la partie septentrionale du chantier, correspondent peut-être à un abandon temporaire du site à cette époque.

Des murs et des sols en béton d’opus signinum (mortier à base de poudre de tuile), étagés sur les pentes du versant, sont édifiés vers 200-150 avant notre ère. Ils témoignent de l’installation d’un bâti orthogonal orienté nord-sud dans la partie supérieure du chantier.

Dans la partie inférieure, un angle de murs en calcaire blanc et un caniveau en pierre correspondent peut-être à l’angle d’un bassin situé dans la cour (?) d’une maison privée.

L’Antiquité romaine (Ier siècle avant notre ère - début du IIIe siècle de notre ère)
Trois phases correspondant à la période romaine ont pu être observées sur le site.

La première phase correspond à la période augustéenne (de 14 avant notre ère à 27 de notre ère). Elle est matérialisée, dans la partie supérieure du site, par la destruction de l’ancien bâti d’époque grecque hellénistique. Dans la partie inférieure, des murs et des caniveaux bétonnés témoignent d’une reconstruction de ce bâti.

Au cours de la seconde phase, c’est-à-dire de la période des empereurs flaviens (69-96 de notre ère), l’ancienne maison privée (domus) est restructurée. Au moins deux pièces à étages orientées sud-nord sont partiellement conservées (murs, sols en béton d’opus signinum et caniveau dallé).

La dernière phase commence vers 150-200 de notre ère. La domus est alors abandonnée. Les murs sont arasés et les matériaux récupérés au début du IIIe siècle.

L’Antiquité tardive (VIe-VIIe siècles de notre ère)
Des remblais, du mobilier et une tranchée comblée à l’aide de rejets cendreux, provenant d’un habitat proche, prouvent qu’une occupation se prolonge, durant l’Antiquité tardive, dans la partie supérieure du chantier.

La période médiévale (XIIe-XIVe siècles)
Entre la fin du XIIe et le XIIIe siècle, un bâtiment (maison ?) est construit à l’angle des rues du Refuge et des Repenties (partie supérieure du chantier). Comprenant au moins deux pièces, il indique une reprise de l’urbanisation du secteur, situé en contrebas de la falaise des Moulins. Des foyers d’argile rouge, observés dans l’un des espaces, qui pourrait être une cour, témoignent de l’existence d’une activité domestique.

Au début du XIVe siècle, le bâtiment semble s’étendre vers le nord.

La période moderne (XVIIe-XVIIIe siècles)
L'îlot moderne se met en place entre 1600 et 1650. Dans la seconde moitié du XVIIe siècle (1688), l’« œuvre » de l’Entrepôt, établissement religieux appartenant à l’ordre de Saint-Joseph, est construit devant le couvent du Refuge et contre celui des Repenties, à l’ouest. De nouveaux espaces sont alors créés.

La mise en place d’un réseau hydraulique (aqueduc, bassins et conduites) marque une importante fréquentation des bâtiments, dont l’utilisation se prolonge au XVIIIe siècle. Un caveau funéraire et deux sépultures en pleine terre ont été découverts dans la partie méridionale de la fouille ; ils étaient situés dans la première église, construite en 1647, du couvent du Refuge.