Localisation des sites sur le territoire de Rennes

2-4 rue Pont-aux-Foulons

Vue de la base de la tour conservée dans les soubassements de l'immeuble. On reconnaît, à gauche, le glacis (talus en pente) et le bandeau mouluré qui le surmonte. Les trois assises de maçonnerie régulière visibles au-dessus du bandeau appartiennent à la tour. Les autres constructions sont postérieures. On remarque, au premier plan, le creusement de la maçonnerie correspondant à l'aménagement des caves.  2-4 rue Pont-aux-Foulons, Rennes (Ille-et-Vilaine), 2010.  © Laurent Beuchet, Inrap
Vue de la base de la tour conservée dans les soubassements de l'immeuble. On reconnaît, à gauche, le glacis (talus en pente) et le bandeau mouluré qui le surmonte. Les trois assises de maçonnerie régulière visibles au-dessus du bandeau appartiennent à la tour. Les autres constructions sont postérieures. On remarque, au premier plan, le creusement de la maçonnerie correspondant à l'aménagement des caves.
2-4 rue Pont-aux-Foulons, Rennes (Ille-et-Vilaine), 2010.
© Laurent Beuchet, Inrap

Description

Dans le cadre de la réhabilitation d’un immeuble dans le centre-ville de Rennes, les services du ministère de la Culture ont été alertés par l’emplacement de celui-ci au-dessus d’une ancienne porte de la ville. Un diagnostic a été réalisé pour reconnaître d’éventuels vestiges conservés dans les soubassements de la construction.

Résultats

L’analyse archéologique du bâti, réalisée sur les caves et le rez-de chaussée de l’immeuble, a confirmé qu’une portion de la tour-porte de la seconde enceinte de Rennes édifiée à la fin du Moyen Âge était conservée dans un mur au centre de la cave.

Les vestiges d’une tour

L’ancienne construction est très dégradée, en grande partie creusée pour l’aménagement des caves, tandis que le reste a été intégré dans les soubassements de l’immeuble. On reconnaît toutefois le talus incliné à la base de la tour, couronné par un bandeau mouluré semblable à ceux conservés sur d’autres organes de l’enceinte (la tour Duchesne, notamment). Ces éléments prouvent sans ambiguïté l’appartenance des vestiges à l’enceinte construite au milieu du XVe siècle.  

Par ailleurs, un fragment de compte conservé aux archives municipales relate qu’une délégation de bourgeois est envoyée en juin 1438 pour observer la tour-porte du château de Blain (actuellement en Loire-Atlantique), qui doit servir de modèle au « portal de la rue es Foullons » de Rennes. Le projet que décrit le même document concerne un édifice de 60 pieds de haut (environ 20 m) et 50 pieds de diamètre (environ 17 m), dont le plan n’est pas strictement circulaire, mais tronqué à l’intérieur de la ville.  

Un boulevard d’artillerie
 

L’étude des caves attenantes a mis en évidence la conservation d’une portion de mur appartenant au « boulevard d’artillerie » construit en avant de la porte sous le duc François II entre 1464 et 1468. Ces vestiges, aujourd’hui disparus, étaient encore visibles au début du XVIIIe siècle. Ils apparaissent dans le plan dressé après l’incendie de 1720 par François Forestier de Villeneuve (ingénieur et architecte) et conservé aux archives municipales, sur lequel on reconnaît la tour et son boulevard qui la protège. Un second plan, dressé en 1785 pour un projet de salle de spectacle, également conservé aux archives de la ville, montre que la tour est alors détruite ; en revanche, le boulevard et le mur d’enceinte sont encore au moins partiellement conservés. Ce projet ne sera pas retenu et l’ensemble des fortifications disparaîtra pour faire place à de nouveaux immeubles de logement.