Localisation des sites sur le territoire de Rennes

Hôtel-Dieu

La partie nord du site en cours de fouille  Hôtel-Dieu, Rennes (Ille-et-Vilaine), 2022, 2024  © Inrap
La partie nord du site en cours de fouille
Hôtel-Dieu, Rennes (Ille-et-Vilaine), 2022, 2024
© Inrap

Description

Un projet immobilier destiné à réhabiliter et restructurer le site de l'ancien Hôtel-Dieu est à l'origine de cette fouille portant sur une surface totale de 5 600 m2.

Avant la requalification du site de l'ancien hôpital de l'Hôtel-Dieu par Linkcity, développeur immobilier de Bouygues Construction, une importante fouille préventive a été menée en deux temps. Son intérêt réside dans le fait qu'il s'agit du prolongement du quartier fouillé à l'est en 2016-2017. Elle complète également les données acquises lors de la fouille programmée du parc des Tanneurs, située au nord.

Une première phase s'est déroulée en 2022 au sud, le long de la rue de l'Hôtel-Dieu sur environ 1 000 m2. La seconde, concernant un peu plus de 4 500 m2, a eu lieu dans la partie nord des terrains en 2024. L'essentiel des découvertes concerne la période romaine.

Résultats

Les vestiges de la partie sud

Les vestiges antiques découverts en 2022 le long de la rue de l'Hôtel-Dieu confirment les hypothèses de restitution de la trame de rue dans ce secteur de la ville. Le prolongement occidental de la rue est-ouest (decumanus), déjà reconnue en 2016-2017, a été retrouvé. En bordure de celle-ci, d'importantes maçonneries appartenant au grand sanctuaire s'élevant dans ce quartier de la ville antique ont été mises en évidence. Au IIIe siècle, une partie de cette rue est englobée dans l'enceinte de ce vaste complexe religieux.

Les vestiges de la partie nord 

Dans ce secteur étudié en 2024, les premières traces de chaussée apparaissent dès la fondation de la ville, après des travaux de défrichement et de terrassement de grande ampleur. Les traces d'un premier sanctuaire, remontant au début de notre ère, ont été retrouvées. Ce monument était construit en bois, tout comme le bâti domestique environnant. Seules les empreintes des poteaux et des parois de ce premier édifice ont été retrouvées. À la fin du Ier siècle, grâce à la généralisation de l'utilisation de la maçonnerie, la physionomie du quartier change radicalement. Un grand sanctuaire, comprenant une cour dédiée à l'accueil des fidèles, est édifié. Les vestiges découverts en limite occidentale de la fouille de 2016-2017, ainsi que ceux mis en évidence dans la partie sud de ce site en font partie. Le mur nord clôturant la cour du sanctuaire (area sacra), mis au jour sur cette fouille, montre que cette cour était longue de plus de 100 mètres. Elle accueillait au moins un temple dans sa partie nord. La taille du monument, plusieurs milliers de mètres carrés, unique à l'échelle de Condate, laisse penser qu'il pourrait s'agir du sanctuaire civique de la cité des Riédons, connu seulement par les inscriptions découvertes en réemploi dans les fondations de la muraille du IIIe siècle.

Au même moment, des entrepôts, des boutiques et des résidences en pierre apparaissent dans les environs. Les voiries initiales sont refaites, intégrant pleinement le quartier à la ville, alors en plein essor.

Au IIIe siècle, un sanctuaire et un secteur résidentiel

À cette période, en dehors du sanctuaire évoqué précédemment, le quartier compte plusieurs grandes résidences privées (domus). L'une d'elles comporte une vaste salle de réception de 55 m2, pourvue d'une exèdre (espace où siégeait le propriétaire lorsqu'il recevait ses clients ou ses hôtes) chauffée par le sol grâce à un hypocauste. À l'intérieur, les murs sont couverts de peintures et de stucs (enduit en relief imitant la sculpture) dont de nombreux fragments ont été retrouvés. L'un des décors, exceptionnel, est un personnage haut d'environ 1,60 m. Il est en cours d'étude.

Le site à l'époque antique tardive

La fin du IIIe siècle marque le déclin du quartier. Le sanctuaire public est démantelé et les pierres du mur de clôture sont récupérées, peut-être au moment de la construction du castrum vers 270-280. Au nord-ouest de la fouille, à la même période, une domus est entièrement démontée lors de l'ouverture d'une carrière destinée à l'extraction de sables alluviaux. Pour autant, certaines résidences restent occupées au IVe siècle.

Petit à petit, un espace funéraire s'installe dans les ruines, qui s'étendent de plus en plus. Le cimetière, utilisé jusqu'au VIIIe siècle, compte plus de 600 tombes (une cinquantaine dans l'espace de fouille) et se développe au nord jusqu'au parc des Tanneurs. À l'ouest, le cimetière est bordé par un cardo (rue principale) et au sud, par l'ancien sanctuaire (Lien vers Parc des Tanneurs).