Localisation des sites sur le territoire de Rennes

Parc des Tanneurs

Récipients en céramique découverts dans les sépultures. Différents types de récipients en céramique étaient placés dans certaines sépultures pour accompagner le défunt dans l'au-delà. Les vases 1111 et 1410 ont en revanche été utilisés comme urne funéraire.  Parc des Tanneurs, Rennes (Ille-et-Vilaine), 2017/2018  © Françoise Labaune-Jean, Inrap
Récipients en céramique découverts dans les sépultures. Différents types de récipients en céramique étaient placés dans certaines sépultures pour accompagner le défunt dans l'au-delà. Les vases 1111 et 1410 ont en revanche été utilisés comme urne funéraire.
Parc des Tanneurs, Rennes (Ille-et-Vilaine), 2017/2018
© Françoise Labaune-Jean, Inrap

Description

La fouille programmée du parc des Tanneurs a été menée par l'Inrap de 2017 à 2018, à la demande de la Ville de Rennes et de la DRAC Bretagne. L'objectif était de récolter des informations permettant la création du jardin archéologique aménagé sur ce terrain, où des vestiges d'une domus et d'une nécropole antique avaient été reconnus lors d'un diagnostic réalisé en 2001. Cet espace en limite nord de la ville antique n'a pas été intégralement fouillé. Seuls les vestiges du dernier état d'évolution du bâti, datables du IIIe siècle, ont été étudiés afin d'être restaurés pour la mise en valeur du site. Pour autant, ponctuellement, des sondages ont permis de s'apercevoir que le quartier fut urbanisé dès le Ier siècle. Vers la fin du IIIe siècle, le bâti est abandonné et démantelé puis les lieux sont occupés par une nécropole à inhumation qui s'étend bien au-delà de ce terrain.

Résultats

Une vaste domus en limite de la ville antique

Cette maison urbaine s'étendait vers le nord et l'est, en dehors de l'emprise du parc des Tanneurs actuel. Seule une partie de celle-ci a pu être étudiée. Six phases d'aménagement, entre le IIe et la seconde moitié du IIIe siècle après Jésus-Christ, ont abouti à la demeure dont les vestiges sont aujourd'hui mis en valeur. Dans son état final, la domus du parc des Tanneurs est une grande construction maçonnée de plan carré. Elle comporte une cour intérieure entourée d'un portique couvert. L'entrée principale est un porche situé à l'ouest, qui ouvre sur l'une des rues nord-sud de la ville, appelée cardo. La présence d'une cage d'escalier identifiée lors de la fouille implique l'existence d'un étage. Les restes d'un hypocauste (système de chauffage par le sol), desservant une grande pièce de l'aile sud de la maison, traduisent l'aisance des propriétaires des lieux. La domus est bordée au sud par deux autres bâtiments. L'un des deux est une vaste construction solidement maçonnée de plan rectangulaire, correspondant peut-être à un espace de stockage. Elle s'élève au niveau du carrefour qui jouxte le site au sud-ouest et fait sans doute partie de la même propriété.

La transformation du site en nécropole

À la fin du IIIe siècle après Jésus-Christ, le quartier de l'actuel parc des Tanneurs et de l'Hôtel-Dieu est progressivement abandonné. Les bâtiments sont partiellement démantelés et épierrés puis le site est transformé en la plus vaste nécropole de l'Antiquité tardive actuellement connue pour la Bretagne. Le secteur du parc des Tanneurs correspond à la partie nord-ouest de cette nécropole. Sa fouille a livré 74 tombes à inhumation et deux tombes à incinération datant de la fin du IIIe au Ve siècle. Les Romains avaient l'habitude d'enterrer leurs défunts avec du mobilier : ainsi, de nombreux objets ont été retrouvés en dépôt. 35 sépultures comportent du mobilier déposé : certains objets usuels sont enterrés avec la personne défunte pour l'accompagner dans l'au-delà ; d'autres sont des bijoux ou des éléments de vêtement. Il a été retrouvé 27 chaussures, 18 récipients en verre, six récipients en céramique, quatre monnaies, deux dés, un pion de jeu, un fusaïole, un canif et 10 éléments de parure tels que des pendentifs, des bracelets, des bagues ou encore une fibule (broche).

L'évocation de la domus

Les fouilles de 2017/2018 ont dégagé l'angle sud-ouest de la domus telle qu'elle était dans la seconde moitié du IIIe siècle. Le soin apporté à la construction est probablement le signe que l'édifice a été conçu par un architecte romain. Dès lors, il respecte des règles architecturales strictes observables dans tout l'Empire romain. Ainsi, il est possible de restituer hypothétiquement le plan d'ensemble et d'évoquer son aspect général grâce à des reconstitutions en 3D élaborées par un étudiant en master d'archéologie à l'université de Rennes II.