Localisation des sites sur le territoire de Rennes

Place de la Mairie

Blocs d'architecture en granit, probablement du XVe siècle d'après leur forme, découverts réutilisés dans les fondations d'un bâtiment disparu au cours du grand incendie de 1720  Place de la Mairie, Rennes (Ille-et-Vilaine), 2022  © Dominique Pouille, Inrap 
Blocs d'architecture en granit, probablement du XVe siècle d'après leur forme, découverts réutilisés dans les fondations d'un bâtiment disparu au cours du grand incendie de 1720
Place de la Mairie, Rennes (Ille-et-Vilaine), 2022
© Dominique Pouille, Inrap 

Description

Avant la plantation d'arbres place de la Mairie, un diagnostic archéologique a été mené. Le projet se situe dans l'emprise de la ville antique de Condate, à proximité de l'ancienne église Saint-Pierre-du-Marché et de son cimetière. Les aménagements anciens de la place, notamment la construction du théâtre (l'actuel opéra) au XIXe siècle, avaient donné lieu à des découvertes archéologiques, dont des sarcophages datant du haut Moyen Âge.

Résultats

Un secteur en dehors de la ville du Haut-Empire

Au nord-est de la place, où l'on s'attendait à retrouver l'une des rues nord-sud de la ville (cardo), une chaussée a été mise en évidence. Elle n'était constituée que d'une seule couche d'empierrement, recouverte par un épais niveau d'abandon, ce qui semble induire une durée d'utilisation très limitée. L'absence totale de vestiges et matériaux antiques dans les tranchées semble indiquer que ce secteur de Condate n'a pas été loti après la mise en place de cette voirie, sans doute au tout début de l'époque romaine. Cette découverte suggère que la ville s'étendait moins vers le sud-est qu'on le supposait.

Les sépultures de la nécropole de Saint-Pierre-du-Marché

Dans l'angle nord-est de la place, des vestiges de la nécropole attribuée à l'église Saint-Pierre du Marché ont été observés assez près de la surface du sol actuel. Huit sépultures très dégradées ont été recensées. L'une d'elles a été datée du VIIe-VIIIe siècle par la méthode du carbone 14. Dans l'angle opposé de la place, d'autres tombes ont été retrouvées, plus profondément enfouies. Elles sont installées dans des remblais comblant une vaste excavation qui pourrait correspondre à un fossé longeant la fortification de la vieille ville ou à une carrière d'extraction de matériaux de la fin de l'époque romaine ou du début du Moyen Âge. L'une de ces sépultures a pu être datée du Xe-XIe siècle grâce à la même méthode. Aux XVe-XVIe siècle, celles-ci étaient oubliées depuis longtemps. En effet, des maisons et échoppes d'artisans leur succèdent. L'un d'eux était un bronzier dont l'atelier se situait dans l'angle sud-est de la place, au-dessus de ces tombes. Des déchets et gouttelettes de bronze produits par son activité ont été retrouvés.

Des traces du grand incendie de 1720

Dans l'angle nord-est de la place, des vestiges de l'ancien hôtel de Brissac, connu pour avoir hébergé des parlementaires au XVIIe siècle, ont été retrouvés. Ce dernier marque la limite d'extension vers l'est du grand incendie de 1720 dont quelques traces ont été observées dans les tranchées, surtout des remblais contenant des matériaux rougis par le feu (tomettes, briquettes et ardoises de toiture) ainsi que des traces de charbon. Les vestiges de cet épisode tragique de Rennes ne sont pas nombreux. En effet, les archives indiquent que dans les semaines qui suivirent la catastrophe, les décombres furent évacués afin de permettre la reconstruction de la zone sinistrée.